mardi, 03 novembre 2009
La révolte des zozos
Je l’avoue, on a tendance à charger le mulet sur Sarkozy. Ce dont il se fiche éperdument, vu que c‘est lui qui est du bon côté du manche. Reste qu’on se fait quand même un devoir de dire du bien de lui quand les mesures qu’il prend sont judicieuses. On n’est pas sectaire.
Donc, on est d’accord avec lui sur la suppression de la taxe professionnelle et sur la réforme territoriale.
Le père Raffarin ne manque pas de culot avec son équipe de bras cassés sénatoriaux de vouloir laver plus blanc que blanc comme disait Coluche. Cela fait des décennies que de tous les côtés, élus inclus, tous réclament la suppression de la taxe professionnelle comme un impôt injuste sur les sociétés. Sarko a le mérite de le faire.
Depuis qu’il n’a pas obtenu le Sénat, Raffarin trimbale sa rancœur. Que les maires fassent un peu la gueule, on peut le comprendre. Rappelons quand même que cet impôt – car c’en est un – qui alimente les caisses des communes est ponctionné sur la masse salariale des entreprises. Il est question de la remplacer par un impôt foncier qui va nécessité une réforme du cadastre. On comprend les maires qui ont peur de perdre des revenus tant leurs administrés sont demandeurs de biens collectifs (stade, crèches, services sociaux, etc.) Mais, à l’Etat de faire le ménage dans le lot des subventions inutiles ou encore des comptes sociaux, sans parler du fric viré à perte pour tout ce qui touche de près ou de loin à l’immigration (globalement 250 milliards). Mesure salutaire pour les entreprises donc.
La réforme territoriale est une autre excellente mesure. De quoi s’agit-il ? De réunir en un seul et même corps les conseillers généraux et régionaux. Donc de diviser par deux la masse des élus et des fonctionnaires territoriaux. Il faut savoir que la plupart des conseillers régionaux ne servent à rien et que les conseillers généraux sont surtout connus de leur concierge. Sarko a raison de mettre de l’ordre dans ce foutoir et de redéfinir les territoires. Cela n’empêchera en rien les départements d’exister, sauf qu’ils n’auront comme interlocuteur que les préfets. C’est amplement suffisant. Et, le futur élu aura un vrai boulot et ne passera pas son temps à courir les coquetèles, à draguer les nanas (ou les mecs) et à faire des notes de frais. Tout ça avec notre pognon. Car, ici comme ailleurs, ce sont les hauts fonctionnaires qui font le boulot. Les élus, pour la plupart, ne comprennent rien. Je comprends en revanche qu’un grand nombre de feignasses de cet acabit ruent dans les brancards. Mais la réalité d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui.
Si Sarko était logique, il pousserait le bouchon plus loin et supprimerait également le Sénat. Ce machin, dénommé la caisse de retraite et qui engraisse des notables fait doublon avec l’Assemblée nationale qui a toujours le dernier mot. Ils étaient jadis le reflet d’un monde rural vivant qui a malheureusement disparu depuis belle lurette. Sur les députés, il y aurait aussi pas mal à dire, mais ils maintiennent l’illusion qu’on est en démocratie. Laissons faire. Ca amuse les gosses : « Il fait quoi, ton papa ? – Il fait député ! (long silence consterné). Par les temps qui courent, c'est mieux que chômeur, il est vrai.
PS/ Les Goncourt ont donné leur prix à une franco-sénégalaise. L'année dernière, c'était à un Algérien. Le politiquement correct a encore frappé. Quant au Renaudot, il va à Beigbeder qui est tout, sauf un écrivain, tant sa prose (grand nom pour une si petite chose) est indigeste. La langue française vient d'en prendre encore un grand coup. A vos Lagarde et Michard !
00:39 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, territoire, elus, senat
dimanche, 01 novembre 2009
Suicides et profits
Autant il nous importe peu que Jacques Chirac aille au trou, ce qui ne risque pas d’arriver, autant l’histoire de cet homme qui a flingué son patron et le fils d’icelui nous touche. Elle est en quelque sorte exemplaire même si sur le principe, on ne peut que condamner un tel acte. Depuis que le Grec Solon (640 avant JC) a érigé la loi comme règle absolue entre les hommes, il faut s’y soumettre car elle est le garant de la paix sociale. Enfin, en principe. Se faire justice soi-même dans une société qui retourne tout droit à la barbarie risque, malheureusement, de devenir monnaie courante. C’est la raison pour laquelle un tel acte pose un vrai problème sur lequel nos autorités auraient tort de passer.
Rappelons les faits. Un homme, ancien petit patron d’une entreprise de transport, redevenu chauffeur, payé à la course (60 à 100 colis par jour), avait trouvé un emploi plus calme de chauffeur de bus à la communauté urbaine de Toulouse. Pour se faire, il devait quitter son emploi sur le champ et donc négocier son départ. Ce que son patron lui a refusé, exigeant qu’il exécute son préavis. L’homme a pété les plombs et a réglé le problème à coups de fusil.
Cet apparent fait divers n’en est pas un. Il vient s’ajouter à la longue liste qui a rempli ces temps derniers la page des faits divers: 25 suicidés à France Telecom, séquestration de patrons, ouvriers menaçant de faire sauter leur usine. En un mot comme en deux, on appelle ça du désespoir social. Il y a quelque chose qui ne tourne plus rond dans le monde salarial français.
Faut-il mettre cela sur le dos de cette bonne vieille lutte des classes que l’on avait un peu oubliée ? Il s’agit, à mon avis, d’un mal nettement plus profond qui met en cause le système lui même, c’est-à-dire le libéralisme boursier. C’est le système tout entier qui est en train de déraper où l’homme n’est plus au centre de nos préoccupations mais la marchandise elle-même (merci Baudrillard et Debord). L’homme n’est plus qu’une simple variable d’ajustement. Aujourd’hui, le roi du pétrole, c’est l’actionnaire – en général des fonds de pension – qui pour maintenir ses taux d’intérêt sacrifie les hommes sur l’autel de ses bénéfices. On imagine le stress que cela produit au sein du corps social. Mais, ce n’est pas le seul et unique dégât. On en est arrivé aujourd’hui à ce que des individus, totalement improductifs, bâtissent des fortunes par la seule spéculation quand les vrais producteurs de richesses que sont les plombiers, les chirurgiens, les artisans et la cohorte des ouvriers ayant un réel savoir-faire que l’on retrouve chez Renault, Véolia, EDF, Areva, j’en passe et des meilleurs, en sont à ramer pour boucler leur fin de mois. Une société n’est plus viable quand un abruti de footballeur gagne en une semaine ce qu’un ouvrier ne gagnera jamais en une vie de chagrin. Une société n’est plus viable quand des patrons irresponsables ou non (et aux qualités douteuses parfois, merci Bouton, Tchuruk et consorts) s’octroient des salaires mirobolants et se barrent en retraite avec la caisse.
Ce n’est pas gagner de l’argent qui est condamnable – loin s’en faut – c’est la manière dont il est acquis et le rapport qualité/prix.
D’où ma question : comment sortir de cet engrenage qui vire à la schizophrénie à l’heure même où les politiques – et l’absence de Politique – vivent sous perfusion des décideurs économiques mondiaux ? Ce qui relativise le pouvoir réel des politiques. Mais, la vraie question est ailleurs : où est la boussole capable de donner du sens au monde débridé et sans perspective dans lequel nous vivons ? De Giscard en Mitterrand, de Chirac en Sarkozy, aucun de ces messieurs n’a jamais eu l’idée de savoir où nous allions et surtout pourquoi et pourquoi faire. Le seul à l’abri de ces tourments – mais il en a d’autres, certes, - c’est Poutine. Il en a rien à foutre du libéralisme. Il est maître chez lui. Et demain, il sera l’homme fort de la planète. Cherchez l’erreur.
11:13 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social, politique, empploi, patronat
vendredi, 30 octobre 2009
La grippe, Chirac et consorts
La politique a ceci de commun avec les grands magasins : y a toujours un produit en promotion. Hier, c’était le fistonné Jean Sarkozy, aujourd’hui la grippe A et fort accessoirement le camarade Chirac.
Sur la grippe A, la communication gouvernementale, et la mère Bachelot en tête, ont été un vrai désastre médiatique. Le gouvernement, pour des raisons que j’ignore, s’est précipité sur cette cause comme la vérole sur le bas clergé breton. Il n’en a malheureusement pas fait autant pour le sida.. passons.
Souvenez-vous. En plein mois d’août, cette grippe était, aux dires de miss Bachelot, pire que la grippe espagnole qui avait décimé une partie de la population européenne. En urgence, l’Etat a donc contacté les laboratoires pharmaceutiques pour un vaccin. Inutile de vous dire que les mecs se sont frottés les mains avec le carnet de chèques. Là-dessus on apprend que cette grippe, peu dangereuse, se soigne facilement avec du Tamiflu, en vente dans toutes les bonnes pharmacies.
Subodorant l’arnaque, le député socialiste Gérard Bapt s’est pointé au ministère de la Santé et a demandé à voir les contrats passés avec les labos. Il a pris une porte dans la tronche. Sont-ce des mœurs ?
Du coup, seuls 17 % des Français sont décidés à se faire vacciner. En attendant, les contribuables ont payé la facture. On aimerait que les socialistes poussent plus loin leurs investigations, ils serviraient, pour une fois, à quelque chose au lieu de passer leur temps à mesurer l’ego des uns et des autres.
Revoici Chirac, retraité de luxe qui vit aux crochets de la famille Hariri – pour laquelle il a dû jouer les pères Noël du temps de sa splendeur – et Pinault. Il faut dire qu’avec 30 000 € de retraite par mois, c’est quasi la misère. Et comme une misère n’arrive jamais seule, voilà t’y pas qu’un juge d’instruction, Xavière Simeoni, veut le coller de nouveau au tribunal puis au trou pour une histoire d’emplois fictifs. Une vieille histoire. Au RPR, à l’époque de sa sordide grandeur, un certain nombre de personnes étaient, en neffet, rémunérées par la ville de Paris. Pas vraiment de quoi fouetter un chat. Tous les partis font la même chose à des degrés divers. Ca crée de l’emploi. Si l’on veut vraiment tacler l’homme qui dit « ça m’en fait bouger une sans toucher l’autre », il faudrait reprendre le dossier à partir d’une certaine dame Casetta, ex-trésorière du RPR et qui a droit à la paix des braves pour avoir fait le sale boulot, la cassette Méry et les 500 patates en liquide, j’en passe et des meilleurs. C’est plus des casseroles à ce niveau mais une batterie de cuisine.
Sauf que faire ce procès, c’est carrément faire celui de la République bananière et mafieuse que nous connaissons tous : celle des crânes d’œuf de Bercy qui font n’importe quoi avec notre pognon, des dépenses faites à tort et à travers dans les collectivités, des projets à la con qui n’aboutissent jamais, et de tous les lobbies qui sortent les biftons plus vite que leur ombre, etc. C’est la raison pour laquelle on suggère à ce petit juge de s’atteler à des sujets plus sérieux mais moins médiatiques, il est vrai.
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