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mercredi, 26 août 2015

l'Amérique finance l'immigration vers l'Europe

mardi, 25 août 2015

Avertissement avant fermeture

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Avertissons les clandestins : mesdames, messieurs, le pays sera bientôt à vous, mais ce paradis né de notre volonté deviendra aussi une friche.

 L’Histoire regorge de ces peuples fuyant la misère et la guerre, et poussant devant eux les peuples autochtones à fuir à leur tour. Nous pensions ne plus avoir à vivre de telles migrations. Voilà que, cette fois, notre porte est enfoncée. Et le pire, le plus désagréable, c’est que nous avons les moyens de refouler ces populations, mais que l’ennemi, le plus ardent à nous voir disparaître par la fuite, la mort ou la noyade dans le mélange avec l’envahisseur, le pire ennemi n’est pas devant nous, mais derrière, dans notre dos, dans nos médias, dans nos oreilles et nos yeux.

Ils nous donnent à voir des enfants sauvés in extremis de la mort, pour attendrir Margot, mais que ne nous donnent-ils pas à voir et entendre tout ce qui nous sépare de ces clandestins envoyés pour nous anéantir par des machiavéliques, sachant qu’ils ne gagneront pas la guerre par les armes mais par l’apitoiement et la bonne conscience, ces dévoiements de la compassion.

La lâcheté commence là où s’arrête la raison, la raison s’arrête là où commence la bonne conscience. Oui, ces humains sont en souffrance, oui, il est sans doute nécessaire de faire quelque chose, mais chez eux, pas chez nous. Que nos marchands d’armes leur vendent de quoi se défendre, que nos surplus alimentaires invendus ou à des prix tuant nos agriculteurs soient rachetés et donnés à ces populations, mais là-bas, pas ici. Et qu’enfin ces populations prennent la mesure de leur misère et, comme le firent nos ancêtres, comme le font encore nos paysans qui se révoltent contre l’injustice faite par les marchands, se révoltent à leur tour et se donnent des institutions et des hommes politiques dignes.

Je condamne à la honte nationale tous les journalistes télévisuels, tous les politiques qui participent au vol de l’âme française en voulant nous faire croire que ne pas accepter sur notre sol ces clandestins est un manque de générosité et un crime raciste. Ce qui est raciste et crime contre la générosité, c’est de ne pas voir que notre culture, nos institutions fondent devant le nombre. Nous payons des allocations parce qu’il y a encore un nombre assez important de travailleurs qui paient impôts et prélèvements sociaux. Mais bientôt, très bientôt, il n’y aura plus assez de cotisants pour payer pour tous ceux qui profitent du système. Il va s’écrouler parce que le nombre de profiteurs sera plus grand que celui des payeurs.

Alors, avertissons les clandestins : mesdames, messieurs, le pays sera bientôt à vous, mais ce paradis né de notre volonté deviendra aussi une friche.

Source : site Boulevard Voltaire

 

lundi, 24 août 2015

Réglement de comptes à Ok Le Pen !

 

le pen.jpgLa saga de la famille Le Pen s’apparente fort à une scène des Précieuses ridicules. Si Jean-Marie Le Pen avait organisé, en temps et en heure, la pérennité de son mouvement, au lieu de s’enfermer  dans un narcissique « sans moi, c’est le chaos », il n’en serait pas là aujourd’hui. Par ailleurs, afin de bien montrer que le Front national est un label familial, il a nommé sa fille comme son légitime successeur. Ce qui n‘avait pas manqué de faire grincer des dents à l’époque.  La fille n’est pas le père, Marine appartient à une autre génération et sa volonté d’accéder au pouvoir est plus réelle que celle, inexistante, de son père. On peut regretter que les valeurs fondamentales du Front national soient balayés par Marine et sa clique philipponesque, mais c’est désormais elle, et elle seule, qui incarne le Front national aux yeux de l’électorat. Dont acte.

 

vendredi, 21 août 2015

Adieu mon ami Manu

 

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La mort brutale d’Emmanuel Ratier mercredi 19 août a semé la consternation parmi ses amis proches et dans les milieux nationaux où il était non seulement très apprécié pour ses qualités humaines mais encore pour la pertinence de ses travaux d’éditeur et d’éditorialiste avec sa lettre Faits et Documents. Et ce n'est pas un euphémisme que de dire qu'il va nous manquer.

Bien évidemment nous pensons d’abord à sa femme et à ses trois filles à qui nous présentons nos plus sincères condoléances.

 Patrick Parment

 

mercredi, 19 août 2015

Michel Onfray : Notre civilisation est en train de mourir

lundi, 17 août 2015

Aide aux « migrants » : compassion ou collaboration ?

 Par Pierre-Emile Blairon*

bateau-immigres-300x224.jpgUn combat se gagne aussi avec des mots : un « migrant » n’est rien d’autre qu’un clandestin.

Un combat se gagne aussi avec des mots : un « migrant » n’est rien d’autre qu’un clandestin. L’une de ces officines venant en aide aux « migrants » édite un « annuaire des acteurs associatifs et institutionnels » de plusieurs centaines d’entrées regroupant cette nébuleuse d’organisations (dont la plupart des dirigeants sont issus de l’extrême gauche) mis à la disposition des clandestins.

On connaît l’efficacité de ce réseau, d’autant plus qu’il est parrainé et subventionné par nos structures étatiques « républicaines ». On peut être surpris d’y trouver les mentions d’institutions vénérables comme la Croix-Rouge française (fondée par le maréchal Pétain le 4 août 1940 sous son appellation actuelle) ou le Secours catholique (fondé par l’abbé Rodhain, ouvertement pétainiste, décoré de l’ordre de la Francisque), dont la vocation initiale était de venir en aide aux Français en difficulté. Ces associations traditionnelles n’avaient d’autre but que compassionnel. Étrange pied de nez de l’Histoire : infiltrées par la gauche, elles se retrouvent à la pointe de la lutte antifrançaise, de la préférence étrangère, donnant tous les moyens légaux et surtout illégaux à ceux qui vont remplacer nos peuples européens, avec la bénédiction de nos gouvernants. On appelait ces gens, sous l’Occupation, des « collabos ».

 Ces militants illuminés n’ont plus de repères, de sol auquel se rattacher, ni de sang auquel appartenir, et se croient investis d’une mission universaliste ; ils vont affronter la saleté, les insultes, les violences (il y a quelques jours, en Italie, trois clandestins égyptiens ont frappé le responsable d’un centre d’accueil et violé son employée), en abandonnant délibérément nos pauvres qui souffrent. En effet, selon une enquête de 2012 effectuée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 40 % des SDF « francophones » ne reçoivent aucune aide, alors que la quasi-totalité des « migrants » sont pris en charge par l’armada des associations d’accueil des étrangers.

 C’est que nos bons samaritains sont persuadés d’être en charge de toute la misère du monde. Le prix de passage clandestin à bord d’un bateau s’élève en moyenne à 3.000 euros. Ou bien ces gens ne sont pas dans la misère, ou bien leur trajet est payé par des organismes privés ou étatiques ; lesquels ? Quel Français pourrait s’offrir un tel voyage ? Il faut aussi savoir que nombre de djihadistes pourraient être présents parmi les gentils demandeurs d’asile, selon Gilles de Kerchove, le coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme.

Si le Grand Remplacement n’est pas une lubie, le Grand Suicide – l’ethnomasochisme – de nos populations européennes ne l’est pas non plus. Lorsque ces bénévoles inconscients auront parmi leurs proches une personne égorgée ou victime d’un attentat, ils ne pourront pas invoquer la clause de l’ignorance. Ils seront donc alors complices.

(*) Pierre-Emile Blairon est journaliste et écrivain

 

samedi, 15 août 2015

Périco Légasse : Notre indépenance alimentaire est menacée

 

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La crise du porc se poursuit. La cotation est suspendue après le refus de deux des principaux acheteurs, Cooperl et Bigard/Socopa de payer le prix demandé par le gouvernement. Qui sont les principaux responsable de cette crise: les éleveurs, les industriels, la grande distribution, le gouvernement?

Périco Légasse: Il faut remonter assez loin pour trouver les responsables de cette ubuesque gabegie. En tout premier lieu ceux qui ont expliqué, du principal syndicat agricole jusqu'aux pouvoirs publics, et ils furent nombreux, que surproduire dans l'intensif au détriment de la qualité, pour rester le plus compétitif, serait toujours payant. Le mensonge, en ce sens que tout le monde savait qu'il conduisait droit dans le mur, a entrainé l'agriculture française vers l'impasse. S'il est un coupable à désigner en premier, c'est bien la Fnsea, surtout celle dirigée par Luc Guyau, un monsieur qui a fait beaucoup de mal à la France, je dis bien à la France, avec la complicité active de Jacques Chirac, à tous les échelons de ses mandats politiques, en expliquant aux éleveurs que plus ils entreraient dans une logique de production industrielle, plus ils s'enrichiraient. S'il est un deuxième coupable, c'est la grande distribution, qui s'est évertuée à expliquer à ses fournisseurs que, s'ils souhaitaient conserver le référencement de leur marque, il fallait du bas de gamme pour proposer le prix le plus bas à la clientèle. On a fait passé à l'époque ces deux entités qui se tapaient sur l'épaule pour de grands stratèges et l'agriculture française a cru à ce mensonge. Bien entendu je ne dédouane pas François Guillaume, ancien président de la Fnsea devenu ministre de l'Agriculture (un pléonasme puisque ce syndicat cogère ce ministère depuis 1964), ni ses successeurs, tous partis confondus, Pierre Méhaignerie, Edith Cresson, Henri Nallet, Jean-Pierre Soisson, Jean Puech, Dominique Bussereau ou Bruno Lemaire, fossoyeurs irresponsables et inconscients, parmi d'autres gouvernants, de notre patrimoine agricole. Et pour bien montrer que je ne jette pas l'anathème sur la classe politique dans son ensemble, je rends hommages, même s'ils ont aussi une part de responsabilité, à Michel Rocard, à Philippe Vasseur, à Jean Glavany, à Hervé Gaymard et à Michel Barnier pour certaines dispositions qu'ils ont eu la clairvoyance et le courage de prendre. Je pense qu'il serait légitime aujourd'hui que ces messieurs rendent des comptes sur leur action publique pour savoir qui a fait quoi et en tirer les conséquences.

Les groupes de grande distribution se disent déterminés à maintenir le cours du porc autour de 1,40 euro. Peut-on parler d'hypocrisie de leur part?

Peut être, mais pas forcément. Ils n'ont en réalité pas le choix car, même si ce ne sont pas eux qui ont fixé ce tarif, ce sont eux qui ont institutionnalisé la philosophie du prix le plus bas au détriment de la qualité. Le grand serpent distributeur est obligé de se mordre la queue. S'ils ne font pas au moins l'effort de maintenir le cours à 1,40€ et que la tragédie vire au drame, c'est eux qui porteront le chapeau car ils ont tellement tiré la ficelle ailleurs qu'elle leur pétera au nez. En tout cas il faut les soutenir dans cet engagement, ainsi que les industriels qui s'imposent pour l'heure cette stratégie patriotique. Mais combien de temps tiendront ils? Reste le bras de fer avec Cooperl et Bigard-Socopa, confrontés à une situation qu'ils n'ont pas voulue. Je ne doute pas qu'ils préféreraient acheter français à 1,25€ mais ce n'est pas le cas. Dans ce cas précis, même s'il y a des solutions française autres que la mise sous perfusion d'une filière ravagée, le problème est bien européen. Et il l'est de façon calamiteuse car c'est notre principale partenaire qui nous attaque sur un terrain dont elle n'a pas besoin pour consolider son commerce extérieur mais qui est vital pour nous.

À 1,40 euro, il est supérieur de 28 centimes au cours du porc allemand, et de 38 centimes à celui du porc néerlandais. Comment expliquez un te décalage dans les prix?

En terme de vision globale du projet européen, c'est un véritable coup de poignard dans les valeurs et l'esprit du Traité de Rome. Sans doute, en profondeur et sur les fondements, la première manifestation par l'absurde, de la perversité d'un système dont on s'obstine à nous certifier depuis 2005 qu'il est sain, tout juste un peu déréglé, mais sain. L'explication est dans la méthode. L'Allemagne et les Pays-Bas, mais aussi le Danemark, où l'on produit du porc à 1,23€ du kilo, ne sont pas dans une logique agricole. C'est essentiel pour comprendre les enjeux de cette crise, mais dans une logique industrielle au sens le plus stricte du terme. Ils ne font pas de l'élevage de porc mais des usines à porc, avec toutes les technologies et logistiques disponibles dans une procédure économique et sociale sans scrupule. A leur échelle, Pays Bas et Danemark sont un peu à part, mais l'Allemagne est dans une logique de productivisme où la concentration animale peut atteindre 60.000 animaux par unité de production. Notre ferme des 1000 vaches, pour effrayante qu'elle soit, joue dans la cour des amateurs en comparaison. Ajouter à cela le demi esclavage salarial issu de l'élargissement de l'Union à 28 pour motif idéologique, sans aucune étude réelle de marché (sauf pour les Allemands qui savaient ce qu'ils faisaient), et la boucle est bouclée. A ce rythme là le «porc Bolkenstein» n'est qu'un début. Toutes les filières de l'agriculture industrialisables y passeront et la France verra son patrimoine agricole se désagréger sous ses yeux si elle ne sort pas de la logique instaurée par la Fnsea. Parlons clair, l'Allemagne savait qu'en développant cette forme de production, sur un terrain dont elle n'ignore pas qu'il est vital pour tout un pan de l'agriculture et de l'agro industrie françaises, elle allait provoquer un déséquilibre commercial calamiteux au sein d'un système qui, en principe, est là pour réguler les disparités nocives et favoriser les équilibres profitables. Liberté des marchés et des échanges, bien sûr, mais au prix de la ruine du partenaire? Au prix d'une écologie foulée aux pieds? De tragédies sociales annoncées et d'un emploi bradé? D'une éthique alimentaire galvaudée? C'est ça «L'Union européenne»? On dirait vraiment une offensive extérieure à l'Union, mais pas du tout, c'est l'Allemagne! Les pays balkaniques se respectent mieux les uns les autres.

S'agit-il d'un problème de prix ou de surproduction européenne?

C'est un problème de déloyauté communautaire et de mode de consommation à la fois. Mais c'est surtout un problème de stratégie agricole et de vision politique pour l'alimentation de demain. Reprenons le problème à sa genèse. Cela fait quarante ans que l'on explique aux éleveurs de porc (et de poulet) Bretons que, sur ce terrain là (celui du bas de gamme intensif polluant), ils resteront imbattables, que personne ne pourra faire mieux, et que si ça devait être le cas, cela proviendrait de si loin que des mesures protectrices seraient prises aussitôt au niveau communautaire pour protéger le marché. Ces grands stratèges n'avaient évidemment pas prévu que le problème viendrait du voisin de palier. Que doit faire le boulanger quand son cousin germain installe un stand devant sa boutique en vendant la baguette de pain 20 centimes moins cher que lui avec le même papier d'emballage?

Peut-il se régler à l'échelle nationale?

Unilatéralement, non, sauf à prendre des décisions politiques lourdes de conséquences. Je crois me souvenir que Messieurs Sarkozy et Hollande avaient fait comprendre qu'ils allaient expliquer son fait à Madame Merkel à propos du pacte de stabilité, qu'elle allait les entendre et voir «qui c'est Raoul». Passons. Il peut en revanche y avoir une redéfinition nationale, dans le cadre d'Etats généraux de l'agriculture et de l'alimentation, du type de production et du type de marché, que l'on veut pour la France. C'est très grave. Si rien ne se passe, c'est, à moyen terme, notre indépendance alimentaire qui est menacée. A moins que ce ne soit pas une menace et que l'on puisse un jour trouver normal que 75% du contenu de nos assiettes proviennent d'au delà de nos frontières. A vendre peu à peu le pays à la découpe, nos industries les plus florissantes, nos technologies les plus performantes, nos brevets, nos voitures, nos vins, pourquoi pas notre garde manger? Messieurs Minc, Attali et Macron nous expliquent que c'est le prix à payer pour une mondialisation heureuse, alors allons y gaiement.

La France paie-t-elle aujourd'hui le choix d'une agriculture productiviste totalement hors-sol?

Il est toujours difficile de répondre de façon tranchée à ce genre de question. Sur le principe, et avec du recul, oui, la France paie très cher, bien trop cher même, cette orientation politique. Mais comme je vous l'ai dit au début de cet entretien, les problèmes sont anciens, et les choix stratégiques décidés dans les années 1960 ont conditionné l'avenir de notre agriculture. Il s'agissait à l'époque, sous l'égide d'Edgar Pisani, de transformer notre gigantesque potentiel agricole, qui se présentait comme un boulet, en atout de performance. C'est là que la Ve République a «merdé», passez moi l'expression, car ce calcul était faux. Après consultation des experts de l'époque et des gourous de l'INRA, il fut décidé que si l'Allemagne «réarmait» ce qu'elle avait de plus probant, son industrie de pointe, et elle en avait les moyens puisque dispensée de budget militaire, la France devait métamorphoser son trésor agricole sur la même logique. Lancé en 1963, le grand programme de modernisation de l'agriculture française consistait, à travers le remembrement territorial et le regroupement des activités, à «germaniser», c'est-à-dire, pour le concept de l'époque, à délivrer cette vieille nation paysanne de ses archaïsmes. Cela fut fait en toute bonne foi.

Le raisonnement était simple: transformer peu à peu les campagnes en usines afin d'entrer dans une logique de production industrielle avec le double calcul de l'enrichissement économique et de l'émancipation sociale. Si on se la jouait sur un discours actuel, nous dirions travailler moins, grâce à la chimie et à la technique, pour gagner plus, grâce à de meilleurs rendements. Prenant modèle sur les Etats-Unis, là où l'on obtenait 5 tonnes avec 10 ha il fallait désormais obtenir 10 tonnes avec 5 ha, donc changer la terre en machine. En gros: les Allemands allaient cartonner avec des rivets? Eh bien nous allions cartonner avec du poulet. Les Allemands allaient booster avec du boulon? Nous allions booster avec du cochon. Ils avaient Siemens, nous avions Doux. Ils avaient Miele, nous avions Olida. Toutes les filières, du producteur au distributeur, en passant par l'abatteur, le transformateur et le transporteur, se mirent à fonctionner sur ce schéma théoriquement magnifique. Fini le paysan en culotte de velours avec son béret, vive l'ouvrier agricole en combinaison de combat avec sa casquette de base-ball. Comble du paradoxe, c'est le contribuable allemand qui a payé l'essentiel de la PAC, cette politique agricole commune destinée à soutenir les exploitations privilégiant la modernité, l'efficacité et la rentabilité, dont le mode d'emploi a été fixé à Bonn puis à Berlin avant d'être dicté à Bruxelles. De Rome à Maastricht, les traités avaient promis l'opulence et pas un gouvernant français n'a ménagé ses engagements et ses promesses en expliquant que cette Europe là était la meilleure formule et la seule voie du salut. Résultat, Siemens et Miele sont ultra florissants alors que nos usines à poulets et à cochon déposent le bilan, que nos élevages sont lessivés, que nos filières sont en ruine et que nos paysans se suicident. On a beau le prendre dans tous les sens: quelqu'un a menti quelque part.

Peut-on sortir de ce modèle? Comment?

Le problème n'est pas de savoir si l'on peut sortir de ce modèle, mais d'en sortir de toute urgence. Réponse par une phrase toute faite: en s'émancipant des systèmes qui nous trompent et nous étranglent. Réponse plus concrète: en retrouvant tout simplement un marché dont l'offre corresponde à une demande correspondant elle même à un besoin réel. Surproduire pour surconsommer en faisant baisser les prix conduit, à tous les points de vue, économique, social, environnemental et sanitaire, à la catastrophe. Nous avons touché le fond du système. Puisque nos filières ne sont plus compétitives dans le bas de gamme sur le marché international, la priorité passe par le renforcement du marché intérieur en redéfinissant l'équation du rapport qualité prix. Les producteurs de porc, comme ceux de viande bovine ou ceux de fruits et légumes, ne demandent rien d'autre que de vivre de leur travail. Il leur faut pour cela être rétribués au juste prix par le transformateur qui doit revendre au juste prix au distributeur qui doit revendre au juste prix au consommateur. Ce en quoi Stéphane Le Foll a raison, la solution sera collective. Reste à savoir de quels moyens ont dispose pour envisager la chose. Cela passe, à un moment donné, par une rupture, ou tout du moins une césure, avec quelque chose.

1 - Cela a été dit cent fois: Obtenir de la Commission européenne que la traçabilité sur les viandes entrant dans la composition de produits transformés soit obligatoire. Aujourd'hui il n'existe que le label facultatif Viande de France, en l'occurrence «Porc français», à discrétion du fabricant. Si le consommateur avait systématiquement l'information sur l'étiquette il pourrait privilégier les produits nationaux. Pour peu qu'une campagne publique stimule ce réflexe citoyen sur une population déjà très sensibilisée à cette problématique, ou déjà mobilisée, et que le marché français promeuve sa production, tant au niveau du commerce que de la restauration collective, la situation connaîtrait une évolution certaine. Le petit salé lentille, la choucroute ou la potée avec l'estampille «porc français» ça marche.

2 - Stimuler chez le consommateur une nouvelle répartition de son budget alimentaire. Par ailleurs l'éleveur de porc doit rendre son produit attrayant. L'équation de demain sera la même partout, produire un peu moins mais de meilleure qualité pour être mieux payé. A dépense régulière égale, d'un montant de 18€, mieux vaut acheter trois fois un bon morceau de porc à 6€ euro que six fois un mauvais morceau à 3€. Si nous prenons la Bretagne en exemple, devenue bien malgré elle le symbole de la malbouffe ruinée, nous savons que ce pays de tradition porcine ancestrale a été condamné par la logique productiviste mise en place par la Fnsea et le marché, à se confiner au pire. Que l'agriculture bretonne retrouve sa dignité en revenant à des élevages porcins moins intensifs et mieux rétribués par une demande motivée. L'amélioration constante de la qualité alimentaire sur la base de besoins adaptés et l'exigence croissante du consommateur en ce sens doivent rencontrer une offre en conséquence. Si le ministère de l'Agriculture, l'INRA, le syndicalisme agricole (certains ont déjà fait du chemin), les transformateurs (Fleury-Michon l'a prouvé) et les distributeurs se concertent avec les producteurs pour établir une charte de valeurs économiques relayée par les médias, on doit y arriver. Le consommateur français n'est ni plus bête, ni plus mal embouché qu'un autre. Que seulement ceux qui le peuvent et le comprennent s'y mettent, laissons les plus défavorisés y arriver à leur tour, par une prise de conscience accompagnée de pédagogie, notamment à l'école, et les lois du marché seront bouleversées. Le modèle de l'horreur est venu de la Bretagne, eh bien le modèle du sursaut en viendra aussi.

3 - Il est doux de rêver mais l'Union Européenne, je dis bien UNION, ne va pas rester lettre morte, au risque de disparaître. Notre amie et voisine, notre partenaire et complice, notre alliée et associée la République Fédérale Allemande avec laquelle nous avons formulé puis accompagné le projet européen va-t-elle indéfiniment nous marcher sur les pieds? Ne parlons que du porc. Voici que la grande puissance industrielle est désormais devenue une grande puissance agricole. Madame Merkel peut-elle comprendre que si elle profite à outrance de son industrie agricole, à bas prix et de basse qualité, employant de la main d'œuvre roumaine ou bulgare, à bas prix et de basse qualité, pour rafler toutes les parts de marché du porc européen et mettre la filière française sur la paille, il arrivera un moment où son édifice s'écroulera, avec ses bénéfices asphyxiants pour les autres. Il ne faut pas être bien devin pour l'envisager. Jean-Marc Ayrault parle parfaitement l'allemand. Le président de la République devrait envoyer son ancien premier ministre en mission extraordinaire pour défendre le cochon tricolore et faire passer le message à la panzer chancelière: Angela arrête ton char ou je rue dans mon brancard. Il y gagnerait quelques points dans les sondages. Franchement, il n'est pas acceptable que le cochon français soit victime de la porcherie allemande.

In fine, le consommateur n'est-il pas le principal responsable? Doit-on réapprendre à bien manger?

Tout consommateur d'un pays libre et bien informé a sa part de responsabilité. Manger c'est voter. Il va falloir repenser nos modes de consommation et instaurer une éthique alimentaire qui fasse du bien à la France, à l'Europe et au Monde. La crise porcine témoigne d'une système qui se meurt et je m'en réjouis.

Propos receuillis par Alexandre Devecchio pour Le Figaro 15/08/2015

vendredi, 14 août 2015

Calais : ce que les médias cachent...

dimanche, 02 août 2015

La Grèce comme exemple

 

images.pngOn a d’abord poussé à s’endetter des gens qui n’en avaient pas les moyens. Quand la crise a éclaté, les États se sont endettés à leur tour pour sauver les banques, ce qui a transformé la dette privée en dette publique. Et comme les États ne peuvent plus emprunter aujourd’hui qu’auprès des marchés financiers, il a été aisé de leur passer l’anneau dans le nez. Ils ont besoin d’argent ? On ne leur en donnera qu’à la condition qu’ils mettent en œuvre les programmes libéraux : baisse des salaires, équarrissage des services publics et privatisations. Les peuples en souffriront ? Quelle importance ?

On a donc tout fait pour faire rentrer la Grèce dans la zone euro, où elle n’avait rien à faire. Puis on l’a laissée s’endetter, jusqu’à ce que le fruit soit mûr à cueillir. On lui a alors imposé une dette en grande partie illégitime et une politique qui ne pouvait avoir que des conséquences sociales abominables, sans pour autant obtenir les résultats économiques escomptés. 

On a fait comme si l’aide donnée à la Grèce était allée aux Grecs alors qu’elle est allée pour l’essentiel à leurs créanciers, permettant ainsi aux banques les plus exposées de se recapitaliser par le truchement de l’Etat grec. On a masqué les responsabilités des deux dynasties politiques des Karamanlis et des Papandréou, qui ont fait régner le clientélisme et la corruption pendant des décennies. On a ordonné aux Grecs de payer l’intégralité de leur dette alors qu’aucun autre pays au monde n’a les moyens ni même l’intention de payer la sienne. Bref, on a envoyé un peuple entier à la boucherie sociale à seule fin de satisfaire aux exigences de la Troïka.

 Joseph Stiglitz et Paul Krugman, toux deux Prix Nobel d’économie, l’ont dit avec netteté : l’économie grecque s’est effondrée, non pas en dépit, mais à cause des mesures d’austérité qu’on lui a imposées de manière aussi absurde que criminelle. 

La question qui se pose maintenant est de savoir si, pour sauver l’euro « à tout prix », la Nouvelle Classe acceptera de trouver un accommodement avec les Grecs.

Son objectif, en tout cas, reste parfaitement clair : tout faire pour abattre le seul gouvernement européen qui ait osé contester la politique d’austérité menée par les étrangleurs de la Troïka, tout faire pour empêcher que l’on puisse seulement imaginer qu’une autre voie économique est possible, tout faire pour démontrer qu’il n’y a pas d’existence vivable en dehors des règles d’un capitalisme libéral qui se pose plus que jamais en horizon indépassable.

En dernière analyse, le problème n’est pas économique, mais politique. La prétendue rationalité économique dissimule une simple logique de domination.

Edito du dernier numéro d’Eléments

 

mercredi, 29 juillet 2015

Le mal français

baguette.jpgSi l’on voulait synthétiser d’un mot, on dirait que la France est victime d’un jacobinisme excessif grisé de stalinisme libéral.L’Etat surveille tout, encadre tout et impose à tout va. L’Etat tue l’initiative et étouffe une société française qui a besoin de s’ouvrir et de respirer. Notre modèle sociétal,  qui hier encore, passait pour un atout est aujourd’hui un sérieux handicap, d’autant qu’il faut désormais y ajouter les réglementations souvent absurdes de Bruxelles. L’Europe, depuis son ouverture à l’Est, joue contre les Européens et l’Etat français contre une France qui pourrait afficher de biens meilleurs résultats si on « n’emmerdait pas autant » les Français comme le suggérait le président Pompidou, unique grand homme de cette mafieuse 5ème république.

Les éléments les plus criants sont, d’une part, une administration totalitaire, peu rationnelle et quasi autonome, d’autre part, un système fiscal foncièrement injuste et inégalitaire mais qu’aucun gouvernement ne se risque à réformer. En corollaire, viennent s’ajouter une inflation de lois de circonstance, la plupart du temps inutiles, et un excès de réglementations et de normes qui bloquent les initiatives, notamment dans le bâtiment et l’industrie. Ce qui a aussi pour conséquence de figer les entreprises artisanales – premier employeur national – qui ont de plus en plus de mal à assurer la relève de leurs métiers. A cela une raison majeure : un système éducatif lui aussi obsolète et une baisse dramatique du niveau des élèves.

Comme si cela ne suffisait pas, la France, agricole par excellence, est en crise : les prix à la production ne permettent plus aux agriculteurs et aux éleveurs de vivre décemment du fruit de leur labeur. Principal responsable, comme le note fort justement Périco Légasse dans Le Figaro (22/07), la grande distribution, autrement dit les Leclerc, Auchan, Casino et consorts, surfant sur la vague d’une Europe désaccordée. Ce qui était au départ une bonne idée, permettre à chacun de se nourrir à des prix raisonnables, s’est muée en une machine à faire du fric, à engraisser les actionnaires et à soudoyer les politiques. L’Europe qui avait réussi à réguler son marché pour éviter les famines quand elle était à Six, s’est mise une balle dans le pied en grossissant à 27 ou 28 mais surtout en permettant à une Europe de l’Est de mettre sur le marché un lumpenprolétariat largement sous-payé.

Du déséquilibre européen naît en partie le désordre français et un Stéphane Le Foll, soi-disant ministre de l’Agriculture – et qui bien son nom – est littéralement dépassé par les événements.

Si l’on ajoute le coût de l’immigration que taisent nos droits de lhommistes gouvernementaux, il est incontestable que nos gouvernants, de droite comme de gauche, appauvrissent la France d’année en année via l’incompétence de ses énarques qui règnent sur l’administration depuis des décennies et l’irresponsabilité de ces élus qui détruisent notre avenir. Comme le disait cet imbécile de Lénine : que faire ? La réponse est : devinez !