jeudi, 21 août 2014

Le sacrifice de James Foley, un crime à deux lames

Par Slobodan Despot.

La mise en scène est minutieuse, pour ne pas dire esthétique, épurée à la japonaise. Un homme en orange agenouillé aux pieds d’un homme en noir; derrière eux, les dunes du désert à perte de vue.

L'homme en orange c'est Wright Foley, photoreporter américain, disparu en Syrie depuis 2012 et qui va être décapité devant la caméra après avoir lancé un dernier appel. L’homme en noir, sans visage, est son bourreau islamiste. Il va le saigner comme un animal et lui ôter la tête.

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Les trois couleurs du tableau sont des messages qui parlent à l’oeil occidental.

Le noir: deuil et mort. Pour nous, pas pour eux.

L’orange: couleur des détenus de Guantanamo.

Le jaune sable: désolation à perte de vue. Le résumé du programme de l’EIIL. Pour qui tout acquis de civilisation, qu’il soit chrétien, bouddhiste ou même musulman, est une idole à abattre.

Nous avons affaire ici à une vraie composition de cinéaste, un rituel satanique filmé par Pasolini. On a même pris la peine de munir le condamné d’un micro-cravate. L’a-t-on retiré avant ou après sa décapitation? Je n’ai pas vu ni voulu voir la fin de la séquence.

Révélations

La tragique réapparition de ce malheureux enlevé depuis deux ans clarifie bien des choses.

1. Elle illustre les mécanismes de désinformation occidentaux.

 Les médias mainstream avaient d’autorité attribué cet enlèvement à Bachar el-Assad. Jusqu’au dernier moment (et aujourd’hui encore) ils ont veillé à préserver la pureté de ceux qui le combattaient

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Sur un autre terrain de guerre, en Ukraine, ils font de même. Ils ont fait de même en Yougoslavie, en Irak, en Libye. A chaque fois, les illusions qu’ils répandent «font le boulot» du moment. Instaurer des sanctions. Justifier une agression. Noircir des adversaires au point de rendre tout dialogue avec eux moralement impossible. Et, du coup, sanctifier le recours aux armes; disculper la torture, le blocus, la famine.

Les démentis, les mises au point, même rapides, n’arrivent jamais à compenser l’impact de ces images frappantes, simples à diffusion rapide et massive. Mais la répétition crée l’usure. A la longue, même les moineaux finissent par comprendre le procédé. Tant de conclusions hâtives, de contrevérités, d’amalgames finissent par ne plus ressembler à de l’information, mais à un théâtre de Guignol.

Les organes de presse ferment les uns après les autres, victimes de la désaffection qu’ils ont eux-mêmes créée en prenant leurs consommateurs pour des idiots. Sur le web, les commentaires manifestent souvent plus d’ouverture d’esprit, de curiosité et de sagacité que les articles qu’ils commentent, rédigés par des professionnels formés et payés, soi-disant, pour rechercher l’objectivité et la vérité.

Nul n’est heureux du discrédit des médias de masse. C’est pourtant un dégât collatéral inévitable du mécanisme mis en place en Occident, où «la presse» est devenue l’alliée et la porte-parole du pouvoir au moment même où ce pouvoir devenait de plus en plus abusif et de plus en plus débridé.

Il lui est certes encore permis – et encouragé! – d’attaquer les politiques dans leurs turpitudes et leur corruption, car dans un système totalitaire les individus sont interchangeables. Mais il n’est pas question d’attaquer dans ses fondementsla politique. Nul ne songe à boycotter le gouvernement américain pour son Guantanamo ou ses assassinats ciblés aux quatre coins du monde, même si chacun voit qu’il il s’agit bien du principal «Etat voyou» (rogue state) du dernier quart de siècle. Nul ne songe à établir le lien de cause à effet entre l’immigration de masse ici et la dévastation de masse là-bas, là d’où viennent ces pauvres gens.

2. Elle prouve la continuité entre l’opposition syrienne armée et l’EIIL.

 Nous faisons mine de dénoncer, aujourd’hui, ceux-là mêmes que nous avons légitimés et armés hier, en les glissant dans le panier bariolé de l’«opposition démocratique» à Bashar al-Assad.

Une alliance perverse qu’on n’évoquait que sous le sceau du «conspirationnisme» éclate aujourd’hui de plus en plus clairement. Il n’est plus besoin de «fuites», de «whistle blowers» et de témoignages de coulisses: la quantité de mensonges et de compromissions consentie par les médias de masse pour l’occulter illustre assez l’enjeu. Qui veut le détail peut toujours consulter les bons livres. Une documentation impressionnante et incontestée est disponible pour quiconque sait lire.

Nous sommes les initiateurs de la violence et de l’iniquité absolues dont nous prétendons par ailleurs vous protéger par des lois liberticides et par un flicage croissant des populations.

Après avoir créé le Califat, on le bombarde sur les marges, comme les chiens mordillent les brebis détachées du troupeau pour le faire tenir ensemble. Sa mission est de faire éclater l’aire irakienne et de détruire les shiites. Il est trop stupide pour comprendre son rôle de marionnette, mais suffisamment énergique pour tirer sur les ficelles, voire pour les casser. De temps à autre, une fessée s’impose.

Les malheureux comme Daniel Pearl et Foley ne sont, encore une fois, que les dégâts collatéraux d’une expérience frankensteinienne qui se déroule sous nos yeux depuis plusieurs décennies déjà. Leur sacrifice ne fait qu’ajouter au camouflage.

3. Elle nous annonce notre avenir.

Le bourreau au visage masqué s’adresse à la caméra avec un net accent britannique. A travers ce détail, la mise en scène nous adresse une mise en garde supplémentaire. Les serpents ne nichent pas seulement dans les dunes du Moyen-Orient. Ils sont chez vous, dans vos banlieues, dans vos centres de requérants d’asile, dans vos universités sans doute.

Aux temps lointains de l’invasion afghane par l’URSS, un slogan circulait: « Aujourd’hui en Afghanistan, demain dans votre appartement ». On parlait des tapis, bien entendu. Désormais, tous les « -stans » de l’islam fondamentaliste ont des connexions avec votre appartement. L’aisance avec laquelle les rituels les plus sanglants entrent dans votre maison via le net n’en est qu’un avant-goût.

 Jeu de miroirs

L’extraordinaire court métrage de l’EIIL est un miroir tendu à l’Occident.

Ce que nous faisons à cet homme, nous dit-il, c’est ce que vous nous faites. Et ce n’est qu’un avant-goût de la vengeance que nous vous préparons. Vous nous avez humiliés par la technologie. Nous n’en avons pas besoin: nous vous saignerons au couteau. Vous avez brocardé nos croyances au nom de votre idéologie «démocratique», nous vous la renvoyons dans l’emballage orange qui la démentit. Vous nous tournez en bourriques dans vos superproductions, n’importe: nous allons vous arroser de «snuff movies» à deux balles que vous ne pourrez vous empêcher de dévorer!

Depuis la guerre d’Afghanistan – pour ne pas remonter à l’alliance séoudite de 1945, voire au «grand jeu» du temps de Kipling – les Etats-Unis et leurs satellites ont créé, équipé, entretenu l’islamisme radical comme un imbécile manipule un gaz de combat: en espérant que le vent soufflerait toujours dans le bon sens.

Mais voici que le vent tourne. Le gaz s’échappe à grosses bouffées et plus personne ne peut s’approcher des bombonnes pour fermer le robinet!

En appelant ceux qu’il aime à «se révolter contre ses véritables assassins, le gouvernement des Etats-Unis», Foley récite un slogan sous la menace du couteau. Il n’en dit pas moins une vérité. En faisant obstacle à toute modernisation du monde arabe, les Anglo-Saxons et leurs satellites y ont confié tous les pouvoirs aux brutes et aux fanatiques. La haine que ceux-ci crachaient contre nos valeurs de civilisation ne les dérangeaient pas, puisqu’ils avaient foulé aux pieds ces mêmes valeurs bien avant eux. Comme le disait si bien feu Muray dans sa lettre aux chers djihadistes: «Vous n’arriverez jamais à nous tuer, puisque nous sommes bien plus morts que vous!»

Tout juste parviendront-ils à semer la peur chez les infidèles, ce qui arrangera bien les pouvoirs en place. Ceux qui ont dressé ce miroir dans le désert de Syrie se douteront-ils un jour que leur mise en scène était encore du théâtre dans le théâtre?

 

samedi, 16 août 2014

Les États-Unis ont désigné Poutine comme leur ennemi

 Entretien avec Alain de Benoist par Nicolas Gauthier

de benoist.jpgUne certaine intelligentsia de gauche a longtemps révéré l’URSS. Mais ce n’est pas forcément pour cela qu’elle aimait la Russie. La preuve par Soljenitsyne naguère ou Poutine aujourd’hui ?

À l’époque de la guerre froide, les États-Unis s’opposaient, certes, à l’Union soviétique au nom de l’anticommunisme (ce qui leur permettait d’exercer sur leurs alliés une forme inédite de racket à la protection) mais, avertis des réalités de la géopolitique, ils s’opposaient tout autant, voire plus encore, à la Russie « éternelle ». La preuve en est que l’écroulement du système soviétique n’a pas modifié leur attitude en profondeur. La Russie est toujours, pour eux, une puissance à « contenir » par tous les moyens, toute leur politique étrangère visant à l’encercler, à pousser l’OTAN jusqu’à ses frontières et à empêcher les Européens de s’allier aux Russes, comme il serait tout naturel qu’ils le fassent s’ils avaient conscience de la nécessité de penser en termes continentaux. La guerre froide a donc maintenant repris ses droits. Cela va peser sur toute la politique mondiale pour les vingt ans qui viennent.

En politique, on devient un ennemi dès lors que l’on est désigné comme tel. Les États-Unis ont aujourd’hui désigné Poutine comme leur ennemi. C’est un fait capital. Dans l’affaire ukrainienne, profitant du conditionnement médiatique qui joue en leur faveur, ils sont parvenus à ce résultat prodigieux de faire adopter par l’Union européenne une politique allant directement à l’encontre des intérêts européens. Je fais évidemment allusion ici aux lamentables et très contre-productives sanctions antirusses (mais évidemment pas anti-israéliennes !) que les Européens ont accepté de soutenir – gouvernement français en tête – alors que les inévitables représailles qui s’ensuivront vont leur coûter extrêmement cher. Lorsque ces sanctions ont été annoncées, le ministère russe des Affaires étrangères a simplement déclaré : « Nous avons honte pour l’Union européenne qui, après avoir longuement cherché sa propre voie, a adopté celle de Washington, rejetant ainsi les valeurs européennes fondamentales. » C’est très exactement cela, hélas ! L’Union européenne s’est alignée sur l’Amérique parce qu’elles partagent l’une et l’autre la même idéologie libérale. Le drame est que tout cela se déroule dans l’indifférence générale, alors qu’il s’agit d’un événement de première grandeur.

A contrario, la classe politique française n’en finit plus d’être fascinée par le « modèle américain ». Jean Lecanuet se présentait comme le JFK français, et même Jean-Marie Le Pen se voulait l’équivalent hexagonal de Ronald Reagan…

L’UMP ressemble aujourd’hui de plus en plus à l’ancien MRP, et le PS de plus en plus à l’ancienne SFIO. Ces deux partis de la IVe République, l’un de droite et l’autre de gauche, communiaient dans la même soumission aux Américains. Seule l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle a permis, à partir de 1958 (et surtout de 1966), d’imposer une politique d’indépendance nationale qui n’est plus aujourd’hui qu’un souvenir. Nicolas Sarkozy, qui a fait revenir la France dans la structure intégrée de l’OTAN, était en adoration hystérique devant le modèle américain. François Hollande et Laurent Fabius renouent, pour leur part, avec l’atlantisme inconditionnel d’un Guy Mollet. D’où l’inertie que l’on constate de la part du Quai d’Orsay, tant à propos de l’Ukraine que de la Palestine, de l’Irak ou de la Syrie. Aujourd’hui, la France n’a tout simplement plus de politique étrangère autonome. Elle se contente de relayer les consignes d’Obama.

Les États-Unis ont, par ailleurs, toujours été très attentifs à placer sous influence la classe politique française. Le programme phare de la French-American Foundation, créée en 1976 et qui rassemble aujourd’hui plus de 400 dirigeants issus du monde de l’entreprise, de la haute administration et des médias, consiste à sélectionner chaque année un certain nombre de Français âgés de 30 à 40 ans jugés outre-Atlantique particulièrement « prometteurs ». Parmi ces « Young Leaders » dont on attend à Washington qu’ils s’emploient à « renforcer les liens entre la France et les États-Unis », on trouve aussi bien François Hollande (promotion 1996) qu’Alain Juppé (promotion 1981), mais aussi Jean-Marie Colombani, Laurent Joffrin, Guy Sorman, Jacques Toubon, Najat Vallaud-Belkacem, Christine Ockrent, Alain Minc, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, François Léotard, Marisol Touraine, Anne Lauvergeon, Jean-Noël Jeanneney, Bruno Le Roux, Valérie Pecresse, Fleur Pellerin, sans oublier Yves de Kerdrel (promotion 2005), qui vient de saborder le mensuel Le Spectacle du monde pour mieux mettre l’hebdomadaire Valeurs actuelles au service exclusif de Nicolas Sarkozy.

Paradoxe français, nous vantons notre exception nationale, mais n’en finissons pas non plus de nous référer à des modèles étrangers, qu’ils soient allemands, suisses ou anglo-saxons…

L’herbe du voisin paraît toujours plus verte, c’est bien connu. Les Français, qui sont très xénophobes, mais pas du tout racistes, aiment bien en effet se référer à des modèles venus d’ailleurs. Pourquoi ne le feraient-ils pas lorsque cela est justifié ? Ce qui est dommage, c’est que les modèles français, qui existent aussi, semblent désormais appartenir au passé. À moins, bien sûr, qu’on ne prenne en compte aussi les modèles négatifs ; auquel cas, la France actuelle serait incontestablement en tête de classement !

(source : bdvoltaire.fr)

jeudi, 14 août 2014

Enfin un député lucide

08:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 09 août 2014

Le bras d’honneur du camarade Poutine

1602-vladimir-poutine-russie.jpgIl ne fallait pas s’attendre à ce que Vladimir Poutine reste de marbre face aux sanctions décidées par Washington et suivies de près par les Toutous européens que nous sommes. Le ministère des Affaires étrangères russe a raison de déclarer que les Européens ne pèsent désormais plus rien sur l’échiquier international. 

Le problème est que cet embargo sur les denrées alimentaires, décidé par Poutine, pénalise les Européens et fort peu les Américains. L’Europe est en effet l’un des premiers fournisseurs de la Russie en matière d’agroalimentaire. Ce qui risque, à court terme, de déstabiliser tout le marché intérieur européen. Ce dont, soi dit en passant, se fout complètement Barack Banania.

Quant aux Russes, ce ne sont pas les restrictions qui vont leur faire peur. Au contraire. Plus Poutine se montre intransigeant avec « l’Occident décadent » plus sa cote grimpe auprès des Russes. Voici de quoi faire avaler leur chapeau à tous les sociologues du ruisseau qui bavassent dans Libération ou Le Monde.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la décision de Vladimir Poutine est d’ordre politique et qu’il en assumera les conséquences, s’apprêtant même à aller plus loin, si nécessaire. Par ce biais, Poutine met aussi en lumière l’état de dépendance dans lequel se trouvent les Européens vis-à-vis des Américains. Et il les invite à se réveiller, d’être enfin eux-mêmes. Ce langage-là, tous les Européens l’ont compris, sauf ceux qui nous gouvernent. Et c’est bien là le problème. Car toutes ces couilles molles qui nous gouvernent n’auront pas raison face à Poutine. Soixante-dix ans de communisme ont formé les Russes à tous les goulags. Le peuple russe n’est pas encore avachi par la société de consommation comme le sont les Américains et les Européens, vautrés dans leur confort anesthésiant. Et c’est bien là leur force. Ils sont encore un peuple avec une conscience nationale et le sentiment de partager le même destin. 

Les Européens se casseront les dents au petit jeu des embargos. Ca commence déjà. La presse nous entretient de la dérégulation du marché de l’agroalimentaire. Voici qui va venir s’ajouter à l’état catastrophique dans lequel se trouve notre pays.  Sarkozy avait déjà appuyé sur la pédale du déclin. François Hollande n’a plus de pédale du tout, il est le déclin à lui seul. La rentrée sera chaude, Camarades !

samedi, 02 août 2014

L’Europe marche sur la tête... une fois de plus

« La politique de l’Union européenne ne se fonde plus aujourd’hui sur des faits vérifiés, mais elle est dictée par Washington (…) Ces sanctions antirusses témoignent de l’incapacité de l’Union européenne à jouer un rôle autonome dans les affaires mondiales ». Voici ce que pense en substance le ministère russe des Affaires étrangères.

Et l’on ne peut que lui donner raison. L’Europe est à la botte de Washington qui est aux ordres de l’AIPC (American Israel Public Affairs Commettee) le plus puissant des lobbies juifs américains. Barack Obama a beau s’en défendre, l’Amérique a rallumé la guerre froide contre la Russie de Vladimir Poutine pour la bonne raison que celui-ci n’a nullement l’intention de se conformer aux règles du jeu du capitalisme anglo-saxon.

Sauf que dans ce bras de fer, l’Europe a nettement plus à perdre que les Américains. Et ce, en raison des liens économiques et géographiques qui nous lient à notre puissant voisin. Et ce ne sont pas les mesures de rétorsion envisagées par les Américains - et leurs vassaux européens - qui effraieront les Russes. En revanche, les Européens risquent fort d’y laisser des plumes : augmentation du prix du gaz, révision des contrats passés avec les entreprises russes, sans oublier tout le secteur agroalimentaire où ils figurent parmi nos clients privilégiés.

Car, il faut être conscient que les Russes n’ont pas d’état d’âme et qu’ils ne vivent pas comme nous depuis des décennies dans une société de surconsommation. Ils vivent dans une société frugale malgré les quelques milliardaires qui font la Une de nos journaux pipoles.

Si d’aventure on réalisait un sondage pour savoir ce que pensent les Européens, il y a fort à parier qu’ils seraient massivement contre les sanctions et plus encore pour la mise au pas de ce capitalisme financier qui est en train de nous ruiner.

D’ailleurs, de quelle Europe parle-t-on quand l’Allemagne nous pousse à abandonner nos contrats d’armement – la fourniture de navires type Mistral par exemple -  quand de son côté, la mère Merkel négocie directement avec Moscou ses besoins en matière première et fournit à Israël des sous-marins furtifs de dernière génération. Sans parler du patronat allemand qui, réaliste, est hostile à toute sanction à l’égard de Moscou.

On le constate chaque jour, l’Europe est un concept de fonctionnaires bruxellois. Mais, elle existe sur un point : l’allégeance de ses capitales à Washington et à Tel-Aviv.

Pour nous Français, le drame est que nous n’avons rien à attendre de bon de la part de ce gouvernement socialiste dont le président est incapable de la moindre décision et un gouvernement constitué d’incapables qui naviguent à vue et dont le Premier ministre est obsédé par les fascistes et les antisémites qui peuplent ce pays. Et, à droite, le paysage est de la même eau. Bonsoir Madame, bonsoir Mademoiselle, bonsoir Monsieur. 

lundi, 21 juillet 2014

L’Europe et le barbare américain

Les Américains ne reculent devant rien pour affaiblir la Russie de Vladimir Poutine. Tous les coups sont permis comme on a pu le constater depuis l’inique bombardement de la Serbie, leurs magouilles en Georgie et leur implication dans le désordre pour ne pas dire le chaos ukrainien. L’institution européenne totalement gangrenée et vassalisée par le couple israéloricain a tout à perdre d’un durcissement des sanctions économiques à l’encontre de la Russie. Comme le montre ce correspondant à Moscou pour les Echos. L’avenir de l’Europe est à l’Est plus sûrement qu’outre-atlantique. La grandeur du politique, c’est de savoir choisir ses ennemis.

 « Le scénario catastrophe serait absurde. Mais on ne peut pas exclure le pire... » Alors que la pression monte sur le Kremlin après le drame du Boeing malaisien, Emmanuel Quidet, président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR), ne cache pas son inquiétude.

[…] « Cela serait perdant pour tout le monde. Surtout pour les Français car, pour nos entreprises, la Russie est un fort relais de croissance », prévient Emmanuel Quidet.

[…] Les enjeux sont de taille, bien au-delà du cas des navires de guerre Mistral que la France doit livrer à Moscou. L’essentiel des quelque 1.200 sociétés françaises présentes (et des 6.000 entreprises au total travaillant avec la Russie) couvre des activités d’import-export.

[…] Toute mesure limitant le commerce affecterait leurs carnets de commandes et donc l’emploi. La France étant, selon la CCIFR, le deuxième investisseur étranger en Russie derrière l’Allemagne, certains projets pourraient être mis en cause. De nombreux groupes français ont, en échange de l’ouverture des prometteurs marchés russes, accepté d’investir et de produire localement. Renault est devenu l’actionnaire majoritaire d’AvtoVAZ, le producteur de la Lada.

[…] Alstom est entré au capital, à hauteur de 25 %, de TMH, principal producteur russe de matériels roulants ferroviaires. Total et Novatek se sont associés dans l’immense projet d’usine onshore de liquéfaction de gaz naturel dans l’Arctique russe. La Société Générale a fusionné avec Rosbank. Exemples parmi d’autres.

 (les Echos, 21/7/14)

 

dimanche, 20 juillet 2014

Moscou, coupable idéal

Russian-missiles-1024x687.jpgA l’heure même où les Israéliens mènent une énième opération militaire contre les Palestiniens à Gaza, on apprend qu’un avion de la Malaysia Airlines était abattu au-dessus du territoire ukrainien. Aussitôt la presse « occidentale » a accusé la Russie, et donc Vladimir Poutine, d’en être indirectement responsable en raison de son soutien à la résistance prorusse qui sévit dans l’Est de l’Ukraine.

Voici qui ne manque pas de nous laisser perplexe. Pour la bonne raison que l’on ne voit guère l’intérêt de Poutine dans cette affaire, pas plus d’ailleurs que celui des prorusses ukrainiens.

En revanche, plusieurs arguments militent en faveur d’une provocation « occidentale. D’autant que le régime du plus que douteux Piotr Porochenko est entièrement à la botte de toute la clique occidentale et à son désir d’amarrer l’Ukraine à l’Europe comme le souhaitent aussi les Américains. Ce qui est un mauvais calcul et dénote du peu de discernement du pouvoir ukrainien. Passons.

On rappellera également qu’Israël a envoyé des « observateurs » à Kiev au tout début des événements qui ont entraîné la chute de Viktor Ianoukovitch et que ceux-ci ne semblent pas avoir déserté le terrain. D’autant que les Israéliens ont tout lieu d’être actif dans une guerre larvée contre la Russie en raison de son soutien à l’Iran.

Pour les Américains, ce n’est pas leur coup d’essai dans cette région du monde où leurs « services » sont très actifs. Affaiblir la Russie, déstabiliser ses « marches » parce qu’elle n’entend nullement se soumettre à la dollarisation outrancière du monde, telle est la ligne géopolitique américaine.

Hasard du calendrier, Vladimir Poutine était de retour d’une réunion des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à Fortaleza au Brésil où ces pays ont décidé de se doter d’une banque à hauteur de 100 milliards de dollars (voire plus) afin de se mettre à l’abri des crises du marché financier. En un mot, se protéger des aléas du dollar. Ce qui n’est pas fait pour plaire à Barack Obama, on s’en doute.

Enfin, il y a l’argument technique. Pour atteindre un avion à 10 000 mètres d’altitude, il faut un missile sol-air plutôt sophistiqué. On a cité un missile du type « Buck ». Or, ce genre d’engin nécessite la participation d’une soixantaine de personnes avant de pouvoir appuyer sur le bouton meurtrier. Il ne semble pas que la résistance prorusse soit en mesure d’aligner de tels techniciens. Il semble bien que nous soyons face, une fois de plus, à une provocation « occidentale » afin de discréditer Moscou. Et pour Israël de faire diversion et de minimiser l’opération de nettoyage dans les territoires palestiniens. 

 

dimanche, 13 juillet 2014

Quelle langue parle-t-on ?

Par Hannibal

J’en ai assez qu’on parle de la langue française. Exigeons qu’on dise le langue français. Le douceur. Le vérité. Le grâce. Le liberté. L’égalité sans e. La fascisme dominante depuis des siècles impose des structures, des habitudes, des façons de penser qui maintiennent la pouvoir des femmes par l’intermédiaire du langue français. Il faut libérer le langue français. Instituons les sages hommes et les messieurs pipi.

D’autant qu’on vient de nous pondre une nouvelle sac de nœuds. C’est assez complexe à exposer, et, pour expliquer, je vais renoncer provisoirement à mes revendications et utiliser les genres selon l’habitude que nous a imposée la fascisme féminine. Donc, on s’habituait tout doucement à saluer Madame la ministre et à priser les écrivaines de gauche, quand elles nous sortent des procureures et des auteures. Ne nous demandons pas où l’inventeuse (pardon, l’inventeure) de ces perles a été les dénicher, l’essentiel est de les examiner avec soin. De deux manières. La première est le point de vue de la logique et de la grammaire. Elle est un peu rébarbative mais porte un témoignage honnête sur les siècles d’obscurité. Le voici donc, sous la forme que lui donne le grammairien latin Charisius : « Nemo enim aut secundam heredem dicit aut bonam pa- rentem aut mala hominem, sed masculine, tametsi de femina habeatur : personne en effet ne dit la deuxième héritier, la bonne parent, ou la mauvaise homme, mais use du masculin, même s’il s’agit d’une femme ». Quel que soit le sexe de la chose, le genre du mot demeure masculin.

 Plus personne n’écoute aujourd’hui ce pauvre Charisius, qui donnerait du Madame le président du FMI à Christine Lagarde. Reste le point de vue de l’étonnement. Pourquoi dire procureure et auteure quand on dit depuis des siècles tueuse, bêcheuse, râleuse, chanteuse ou cantatrice ? Tout pécheur a sa pécheresse, et il y a de très bonnes pêcheuses à côté des pêcheurs, plus pêchues que les plus pêchus. Pourquoi ce blocage sur les auteures et les procureures ? Craindrait-on de dire procuratrice, de peur qu’on ne la confonde avec la femme du procurateur, comme on confondait naguère la vache avec la femme du taureau ? Ou serait-ce que le prétoire et la plume sont deux des “lieux” les plus représentatifs, du pouvoir ? Mais alors, prendre un suffixe aussi manifestement caractéristique du masculin que le “eur” (encore que la rumeur et la tumeur s’inscrivent en faux), et lui ajouter un simple “e”, n’est-ce pas une aliénation terrible, paradoxale chez des féministes ? Alors ? Alors on se perd en conjectures. Sans pouvoir éliminer l’hypothèse qu’on ait affaire à des imposteures. Ou bien que le ventre toujours fécond d’Eve n’ait engendré une nouvelle espèce, à côté des emmerdeuses et des emmerderesses, celle des emmerdeures.

(source : Rivarol)

 

samedi, 12 juillet 2014

La France vers une révolution d’un nouveau genre !

Par Michel Lhomme

mondial_haut_risque_banlieues_afp_1.jpgLe fait-divers est plus grave qu'il n'y paraît et il marque un tournant dans le problème immigré français. Suite aux débordements des matchs algériens, une bagarre avait éclaté un vendredi, place Davilla, à Carcassonne, entre soixante-dix supporters et des paras du 3e RIMA. Comme dans de nombreuses villes françaises, sitôt la qualification de l'Algérie acquise pour les 8ème de finale de la Coupe du monde de football au Brésil, après son match nul (1-1) face à la Russie, les supporters des Fennecs avaient manifesté bruyamment leur joie en défilant dans les rues de Carcassonne, klaxons tonitruants et drapeaux algériens déployés dans des cortèges de voitures. Place Carnot, pas moins de 130 véhicules brulés avaient été comptabilisés par les forces de l'ordre. C'est alors que la joie avait viré au pugilat entre une douzaine de jeunes parachutistes du 3ème RIMA qui passaient une soirée avec leurs compagnes au restaurant L'Art de Vivre et près d'une centaine de supporters de l'Algérie. Vers 1 h 15, les heurts ont débuté. Tout s'est ensuite passé très vite, un militaire ayant été fauché par un véhicule. Six soldats ont été plus ou moins légèrement blessés (arcade, nez, pommette) et transportés aux urgences, d'où ils ont pu sortir depuis.

En fait, ce qui est ici manifeste en cette année 2014, ce sont les cibles choisies. Il faudrait être aveugle pour ne pas percevoir cet indicible changement. Les exactions ne visent plus systématiquement les magasins. Elles sont manifestement de plus en plus politisées. Une wantoutrisation comme le souligne notre collègue Chems Eddine Chitour mais une wantoutrisation politique, orientée et tout de même peu fraternelle à l'égard du pays d'accueil.

Nonobstant, ce réflexe identitaire algérien nous conforte sur nos positions : l'importance des peuples, l'âme identitaire contre le tout marché, l'illusion multiculturaliste ! On sent bien que dans la sempiternelle question de l'immigration, la donne liée au nombre est en train maintenant de tout modifier, de tout renverser. Les rapports de force ne sont plus les mêmes. Les rapports entre les « communautés » sont devenus polémogènes et il y a, depuis peu, une politisation sournoise de la joie et de la colère, du ressentiment anti-français.

 Un rapport interne de sécurité sur Toulouse vient de lever un autre lièvre. Il remarque qu'il peut, par occasion, y avoir un rapport entre la guerre civile en Syrie et l’attaque d’un fast-food dans la banlieue toulousaine. Entre le jihad et un trafic de voitures ou un gros deal de haschich, il y a de plus en plus de connivences. Ces derniers mois, l’arrière-plan des enquêtes menées à Toulouse montre d’inquiétantes coïncidences entre des actes de délinquance de droit commun et des convergences politiques avec un engagement islamique. Des réseaux, mais on l'avait déjà pressenti cela avec l'affaire Mohamed Merah, qu’on croyait parallèles, finissent parfois par se croiser et, en particulier en prison. Selon les enquêteurs et les magistrats toulousains, ce serait de plus en plus troublant. Une fois de plus, le rapport est clair, précis concis mais le sujet restera tabou dans la grande presse. Un Christophe Barbier vient même de saluer « la beauté de la jeunesse algérienne » ! Or, la motivation islamiste n'est pas un engagement religieux. Il est avant tout politique et conteste violemment les valeurs du pays d'accueil. Une partie de la jeunesse maghrébine ne se contente donc plus du rap, ne veut plus d'ailleurs écouter du rap dont on sait pour avoir lu « L'effroyable imposture du rap » de Mathias Cardet (Blanche & Kronte-Kulture,2013) qu'il est complètement récupéré. L'engagement des maghrébins de France est bien devenu théologico-politique. Cela changera forcément la nature à venir des faits-divers. Cela devrait aussi changer l'attitude de la police et de la justice à leur égard !

 Quoique certains en rêvent, le Front national ne gagnera pas les élections de 2017. La contestation et le renversement du régime risque de venir d'ailleurs. Il peut venir, oui, des Maghrébins de France ! Si l'immigration se politise dans le rejet ethnique du blanc, il y aura une guerre civile larvée qui paralysera toute la société, le vivre ensemble comme ils disent. La diversité verdira sérieusement. Alors la France peut-elle être au bord d'une révolution politique d'un nouveau genre, faite par des métèques, au sens grec du terme ? Un fait historique ne trompe pas. Il n'y a jamais eu de mouvement révolutionnaire ( 1789, 1917 ) dans un pays sans l'œuvre secrète de déstabilisation politique réfléchie de services secrets étrangers. En France, on sait bien que depuis quelques mois, de tels services secrets n'ont jamais été aussi actifs. C'est encore un autre mauvais signe.

Source :  http://metamag.fr/

Journal du chaos 28

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