lundi, 22 septembre 2014

L’avenir de l’homme, c’est l’artisan

 

horloger.jpgLe gouvernement vient de faire un petit pas en avant sur l’apprentissage après avoir fait deux pas en arrière au début de l’année en coupant pour 550 millions € d’aides aux entreprises. Résultat des courses, les entrées en apprentissage ont chuté de 12 % après avoir déjà baissé de 8 % en 2013. Or, l’apprentissage cela concerne pour beaucoup un secteur essentiel à la vie économique de ce pays : les artisans. Artisanat et apprentissage marchent de concert. De surcroît, les artisans ne sont pas affiliés au Medef mais ne disposent pas d’un syndicat efficace à l’image de la Fnsea pour les agriculteurs. A cela, une raison majeure : le gouvernement ne veut pas avoir sur le dos la « première entreprise de France ». Il y a bien l’UPA (Union professionnelle des artisans) me direz-vous, mais en dehors des petits fours et des médailles, on ne sait trop à quoi elle sert.

Or, il se trouve que les artisans constituent bel et bien le premier gisement d‘emplois en France, non reconnu, semble-t-il, par les technocrates qui nous gouvernent pour des raisons qui nous échappent mais qui tiennent vraisemblablement au caractère farouchement indépendant, voire un tantinet anarchiste, de ce petit monde.

Il n’est pas sans intérêt de rappeler quelques évidences. La stupidité d’un Jean-Pierre Chevènement qui a décidé que 80 % d’une classe d’âge obtiendrait le baccalauréat. L’éducation nationale, qui n’était déjà pas au meilleur de sa forme – et ne l’est toujours pas – a achevé de totalement déraper. Car, à nous reporter sur les décennies précédentes, on s’aperçoit que seuls 20 à 25 % d’une classe d’âge est en mesure de faire des études longues. Or, ce chiffre n’a jamais varié. Si l’éducation nationale se glorifie d’un taux élevé de réussite au bac, une forte majorité des potaches (80%) se retrouvent à l’ANPE dans les deux années qui suivent leur première année de fac. Sans aucune qualification évidemment. Ils viennent grossir le lot de ces élèves, de plus en plus nombreux, qui quittent le navire en classe de seconde.

Nos élites n’ont, semble-t-il, pas vraiment pris en compte l’ampleur de cette catastrophe. Voici trop longtemps que dans ce pays on a déprécié le travail manuel. Or, ô paradoxe, on dispose de la plus grande variété d’artisans au monde, dûment répertoriés par métier. Et les artisans sont demandeurs de main d’œuvre car soucieux de transmettre avant tout un magnifique savoir-faire. Enfin, le taux de chômage des artisans et des commerçants est de 4,1%. L'un des plus faibles.

Il faut protéger nos artisans, car ce sont eux qui ont fait la France. Que serait Versailles sans eux ? Que serait la haute couture sans ces petites mains qui s’affairent sur le tissu ? Que seraient nos architectes sans ces mains qui manient la pelle et la truelle, le compas et le marteau ? Rien ! Faut-il rappeler que si Denis Papin (1647-1712) a eu l’idée de la force motrice de la vapeur d’eau, c’est l’Anglais James Watt (1736-1819) qui nous a fait entrer dans le monde industriel avec sa machine à vapeur. Or, Watt n’était ni savant, ni érudit mais un modeste ouvrier pragmatique.

Et ce n'est pas l’informatique qui va changer les choses car on aura toujours besoin d’un plombier, d’un serrurier, d’un cuisinier, etc. Il nous faudra toujours un Compagnon du devoir pour porter l’excellence de la main au niveau de l’esprit. Car la main et l’esprit marchent de concert, là où l’énarque n’a pour unique béquille que sa mémoire. Pour son intelligence, faut voir.

Si les rapports de l’éducation nationale et le monde du travail sont à revoir, il est un obstacle à l’apprentissage : la fiscalité. Pour les petites entreprises – et pas les grandes – la fiscalité est confiscatoire et pénalisante. Sans oublier les banquiers qui refusent souvent d’aider ces galeux de PME.

Il faut ajouter aussi le poids des réglementations et des normes qui, quand elles ne sortent pas d’un ministère arrivent tout droit de Bruxelles. Ce pays souffre d’un excès de réglementations et d’un code du travail qui s’enrichit d’année en année (il fait plus de 1000 pages). Personne n’y comprend plus rien et l’artisan est pris dans cet étau de paperasses où l’Etat lui demande de faire son travail en lieu et place de ses fonctionnaires.

Enfin, défendre l’artisanat est aussi et surtout, dirai-je, un combat culturel. Tous ces savoirs viennent de la nuit des temps, ils se transmettent de génération en génération et s’enrichissent des outils de la modernité. Car l’artisan n’est pas l’ennemi de la technique quand elle le sert. Bien au contraire. L’artisanat est un corps vivant où naissent et meurent des métiers quand ceux-ci n’ont plus de débouché économique.

Enfin, aux côtés de ces artisans qui facilitent – voire rendent possible – notre vie quotidienne, se tient une autre catégorie, celle des artisans d’art. Ici, nous sommes au royaume de l’exceptionnel, de ceux qui viennent nourrir les grands du luxe (Hermès, LVMH, etc.), de la haute couture, de la haute gastronomie, de la joaillerie, etc. Certes, il y a de beaux artisans de par le monde, mais les artisans français sont les plus courus. Ils sont issus des mêmes filières, ont suivi le même cursus que leurs confrères mais, de par leur qualité, ont chois la voie de l’excellence. La liste est longue des ébénistes du Roi Soleil  aux tailleurs de pierre, aux maîtres verriers, horlogers, que sais-je encore, qui ont doté la France d’un patrimoine exceptionnel et qu’on nous envie.

Remettre la France sur pied, libérer les énergies, c’est possible. Encore faut-il savoir ce que l’on veut et faire les bons choix. Il faut une vision, non pas politique, mais culturelle de ce pays aux richesses immenses et aux ressources existantes. Il nous faut simplement une classe politique qui ne pense pas uniquement en terme de casse-croûte et à vivre peinarde à l’ombre du contribuable que l’on saigne et des lois qu'on promulguent dans la hâte.

 

samedi, 20 septembre 2014

journal du chaos 38

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vendredi, 19 septembre 2014

La démocratie des autistes idéologiques

Par Jean Ansar

images.jpgEmmanuel Macron, le rothschildien en charge de l’économie de la Hollandie n’avait pas été averti. Il est dans un pays où l’on ne peut rien dire, surtout pas des vérités en contradiction avec le politiquement et le sémantiquement correct.

Dans un pays où les voyous immigrés sont depuis 20 ans des jeunes et où il est interdit de dénoncer les terroristes d’Allah de l'Etat islamique en tant qu’islamique, il aurait du se méfier sur le poids des mots et le choc des expressions. Dans un  pays où les balayeurs sont devenus des «  techniciens de surface » parler d’illettrés, c’est une insulte.

Ce n’est certes ni adroit ni compatissant et ça fait beaucoup après les « sans dents » mais c’est surtout une insulte pour ceux qui dirigent un système d'éducation pseudo nationale obligatoire avec 80 % , et plus si besoin, de réussite au bac et qui forme des analphabètes, des incultes et des illettrés. Si la démocratie nécessite l’honnêteté et la connaissance comme l'aristocratie exigeait honneur et courage, entre les pourris et les incultes, on est mal barré. La première des formations continues, ce devrait être d'apprendre à lire et à écrire pour tout Français à l'école ou dans une entreprise.

 On  ne peut qu’approuver, une fois n’est pas coutûme, ce qu’écrit sur ce sujet «  Mediapart »: « Quoi qu’on pense du bonhomme et de son gouvernement, il est décidément des vérités qui ne sont pas bonnes à dire. Ou peut-être que certains ne veulent pas entendre, afin de protéger l’agroalimentaire breton au-delà du raisonnable. C’est ce que l’on peut penser à lire les réactions de Malgorn et Le Fur. Quant à la déléguée CFDT, elle s’enfonce dans les marécages de la mauvaise foi et du déni. Et tous, les uns autant que les autres, ne se rendent pas compte de ce qu’ils disent : pour eux, « illettrisme » est un gros mot. Ils ignorent sans doute que cette maladie prétendument honteuse affecte près de 10% des Français. C’est justement la honte, qui freine pas mal de gens, préférant se cacher que de s’inscrire dans des ateliers qui pourraient les en guérir. Pour info, l’illettrisme, terme inventé par ATD Quart Monde, caractérise des difficultés à l’égard de la lecture et de l’écriture, de la part de gens qui savent ou ont su lire et écrire, mais en ont pour la plupart perdu l’usage, souvent à cause de leur activité professionnelle. On pourrait ajouter que la France, avec son formidable arsenal éducatif, laisse sur le carreau 20% de ses jeunes à la fin de leur scolarité. Ou que 30% des CAP sont en difficulté vis à vis de la lecture. »

 7 % de la population adulte âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France est en situation d’illettrisme dont la moitié en zone rurale….. Et oui il n’y a pas que les banlieues. La moitié a plus de 45 ans et 26% vivent en zones rurales, 22,5% en zones faiblement peuplées. Un chiffre est encore plus parlant : 51% des personnes en situation d'illettrisme ont un emploi. L'illettrisme n'est pas non plus le fait exclusif des immigrés ou des étrangers vivants en France puisque 71 % des personnes en situation d'illettrisme utilisaient exclusivement le français à la maison à l'âge de 5 ans.

Le ministre a raison objectivement, de plus dans le cas précis qu’il évoque. D'après Le Monde, environ 20% des salariés de l'usine Gad seraient concernés par l'illettrisme, contre 7% de la population française. On voit tout de même se multiplier les analyses sur «comment guérir un mal qu’il est interdit de nommer ? ». Impossible en effet et bien vu chers confrères à condition de l’étendre à l'immigration, la criminalité, l'islamisme etc.…..Car il y a pire que les illettrés qui peuvent s’en sortir, il y a les autistes idéologiques, eux, perdus à jamais.

(Source : site metamag.fr)

mercredi, 17 septembre 2014

Tournez manège

sarkozy.jpgVoici un bail qu’on nous casse les pieds avec le retour de Sarkozy. Il y a de fortes chances qu’il mette la main sur une UMP qui a implosé depuis l’affaire Copé en clans divers et variés. Enfin pas si varié puisque l’on a d’un côté le clan des anciens – Fillon, Juppé, Sarko -, de l’autre celui des modernes – Bruno Le Maire, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez qui, quoiqu’il en dise, n’en peut mais.

 Il faut que la situation soit suffisamment ouverte pour qu’un Alain Juppé prenne soudain le risque d’affronter Terminator-Sarko. Il y a chez Juppé, moins « droit dans ses bottes » qu’un balai dans le cul, des ambitions refoulées depuis des lustres comme un couvercle sur une marmite en ébullition. Et puis, à quasi 70 balais, c’est aujourd’hui ou jamais. Les Dieux nous préserve de Juppé.

A l’heure où la gauche est démonétisée, ridiculisée mais surtout vide de contenu, les ténors de la droite se remettent à espérer. Sauf que cette droite-là est tout aussi démonétisée avec ses cohortes de valises vides qui tentent de faire illusion. Les Français vont de nouveau jouer au poker menteur, car qui oserait imaginer que Marine Le Pen vienne perturber ce jeu de dupes.

On semble s’acheminer doucement mais inexorablement vers des situations pré-révolutionnaires et donc imprévisibles tant nos démocraties semblent arrivées au terme d’un cycle où elles virent à l’oligarchie despotique. Il faut relire Platon et son analyse judicieuse des heurs et malheurs, de la vie et de la mort des régimes politiques.

samedi, 13 septembre 2014

Journal du Chaos - 37

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dimanche, 07 septembre 2014

Journal du Chaos 36

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mardi, 02 septembre 2014

Juppé ou le rêve du Jedi

Ectac.Caricatures-Alain-Juppe.03.jpgRevoilà Juppé. « Droit dans ses bottes » et le calcif repeint, depuis que Chirac l’a surnommé « le meilleur d’entre nous » n’en peut plus de ses ambitions sans cesse rabrouées, lui qui, toute sa vie, ne fut qu’un second couteau. Lui qui a bouffé son chapeau quand Sarko a sapé ses espoirs de rédemption élyséenne. Reste qu’il demeure vrai qu’en politique un destin n’est jamais écrit d’avance. Qui eût cru à l’élection de Chirac, lui mis à part ? 

Dans le paysage dévasté de la droite ripoublicaine, allié aux incompétences trop évidentes de la gauche et un président proche du Guignol lyonnais, tous les espoirs sont désormais permis et les vocations nombreuses, pour tous les seconds couteaux, de vouloir sauver la France. Ca ne fait jamais que cinquante ans et plus qu’on veut la sauver, cinquante et plus qu’elle plonge de jour en jour depuis cette funeste année 1945 où elle est devenue le valet de l’Amérique. De Gaulle a eu beau faire, remuer dans les brancards, rien n’y a fait, tout est rentré dans l’ordre. Tous les lobbies sont aux ordres du système libéral et de l’Amérique, puissance dominante,  qui impose sa loi au nom de ses intérêts.

Les vocations ne manquent pas à droite pour piquer un casse-croûte de cinq ans d’âge. Depuis que Jean-François Copé a explosé en vol – il s’en remettra –, le champ est libre aux François Fillon, Xavier Bertrand et autres Bruno Le Maire et Laurent Wauquiez d’affirmer leurs ambitions. Face à eux, l’inénarrable Juppé, fort d’expériences toutes plus malheureuses les unes que les autres hormis Bordeaux, imagine que les Français voient en lui un mec plus  « sage » et plus « expérimenté » que les autres. C’est une question d’appréciation.

En vérité, Alain Juppé, vraisemblablement poussé par les lobbies, a eu le mot qui sonne comme un aveu : « Je suis le meilleur rempart contre le Front national ! » Voilà. C’est son unique programme. Car ce qui réunit tout ce beau monde – outre d’assouvir des égo surdimentionnés – c’est bien l’absence de programme ou d’une certaine idée de la France. J’entends par là l’amour de la patrie qui se transcrit dans la préservation de son identité, de son histoire, de sa race, de sa culture. De tout ce qui fonde le mot France que les ploutocrates de cette putride République de 1870 ont cassé en 1914 en envoyant au casse-pipe l’humus de la race française. Qui parle de cette France là chez tous ces baltringues qui ont fait profession de politique et qui se sont concoctés un système sur mesure pour s’autoreproduire ? Alors, peinards, à l’abri d’une institution qui les sert, c’est bel et bien du côté de la Bourse et des banques que lorgne tout ce petit monde depuis que de la Banque à la Bourse, il n’y a que la rue à traverser. Alors, l’histoire, la culture… rien à cirer comme dirait l’autre. Alain Juppé, la culture, il s’en contrefout. Et, je n’affirme pas cela à la légère. Parce qu’à ses yeux, ça ne lève pas une voix ! Chirac était évidemment de la même eau. Quant à Sarko…

Alors aux Fillon, Bertrand, Le Maire, Wauquiez et consorts, ne leur demandez pas de brandir le drapeau de la révolution culturelle, ce sont des clones télévisuels. Et Juppé, malgré Normale sup et l’Ena n’est pas très loin non plus. Chirac lui avait trouvé un petit boulot : il lui faisait corriger les fautes d’orthographe et le français des textes qui sortaient au kilomètre de son usine de pondeuses frais émoulues de l’Ena. Chirac n’écrit que des lettres de remerciements.

Tous ces gens sont formatés. Inutile de leur en demander plus, cela dépasse leurs compétences. Raison pour laquelle il nous faudra attendre que tous ces baltringues vérolent définitivement le système. C’est en bonne voie, rassurez-vous.

Si la démocratie est le moins pire des régimes, encore faut-il le protéger des prédateurs et manier le bâton quand il le faut. Mais voilà. L’homme est un animal déraisonnable qui, dans sa folie, prend plaisir à anéantir ce qu’il a parfois intelligemment construit. Il a tué la monarchie qui nous a fait et la démocratie qui la remplace se charge d’anéantir ce magnifique héritage à coup de communisme, de socialisme, de libéralisme, de banquiers avides et de lobbies. Le paradoxe de cette histoire est que ceux qui furent réellement communistes sont aujourd’hui, avec Vladimir Poutine, ceux qui ont le plus d’avenir. La démocratie ?  Demandez à Platon ce qu’il en pense.

jeudi, 21 août 2014

Le sacrifice de James Foley, un crime à deux lames

Par Slobodan Despot.

La mise en scène est minutieuse, pour ne pas dire esthétique, épurée à la japonaise. Un homme en orange agenouillé aux pieds d’un homme en noir; derrière eux, les dunes du désert à perte de vue.

L'homme en orange c'est Wright Foley, photoreporter américain, disparu en Syrie depuis 2012 et qui va être décapité devant la caméra après avoir lancé un dernier appel. L’homme en noir, sans visage, est son bourreau islamiste. Il va le saigner comme un animal et lui ôter la tête.

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Les trois couleurs du tableau sont des messages qui parlent à l’oeil occidental.

Le noir: deuil et mort. Pour nous, pas pour eux.

L’orange: couleur des détenus de Guantanamo.

Le jaune sable: désolation à perte de vue. Le résumé du programme de l’EIIL. Pour qui tout acquis de civilisation, qu’il soit chrétien, bouddhiste ou même musulman, est une idole à abattre.

Nous avons affaire ici à une vraie composition de cinéaste, un rituel satanique filmé par Pasolini. On a même pris la peine de munir le condamné d’un micro-cravate. L’a-t-on retiré avant ou après sa décapitation? Je n’ai pas vu ni voulu voir la fin de la séquence.

Révélations

La tragique réapparition de ce malheureux enlevé depuis deux ans clarifie bien des choses.

1. Elle illustre les mécanismes de désinformation occidentaux.

 Les médias mainstream avaient d’autorité attribué cet enlèvement à Bachar el-Assad. Jusqu’au dernier moment (et aujourd’hui encore) ils ont veillé à préserver la pureté de ceux qui le combattaient

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Sur un autre terrain de guerre, en Ukraine, ils font de même. Ils ont fait de même en Yougoslavie, en Irak, en Libye. A chaque fois, les illusions qu’ils répandent «font le boulot» du moment. Instaurer des sanctions. Justifier une agression. Noircir des adversaires au point de rendre tout dialogue avec eux moralement impossible. Et, du coup, sanctifier le recours aux armes; disculper la torture, le blocus, la famine.

Les démentis, les mises au point, même rapides, n’arrivent jamais à compenser l’impact de ces images frappantes, simples à diffusion rapide et massive. Mais la répétition crée l’usure. A la longue, même les moineaux finissent par comprendre le procédé. Tant de conclusions hâtives, de contrevérités, d’amalgames finissent par ne plus ressembler à de l’information, mais à un théâtre de Guignol.

Les organes de presse ferment les uns après les autres, victimes de la désaffection qu’ils ont eux-mêmes créée en prenant leurs consommateurs pour des idiots. Sur le web, les commentaires manifestent souvent plus d’ouverture d’esprit, de curiosité et de sagacité que les articles qu’ils commentent, rédigés par des professionnels formés et payés, soi-disant, pour rechercher l’objectivité et la vérité.

Nul n’est heureux du discrédit des médias de masse. C’est pourtant un dégât collatéral inévitable du mécanisme mis en place en Occident, où «la presse» est devenue l’alliée et la porte-parole du pouvoir au moment même où ce pouvoir devenait de plus en plus abusif et de plus en plus débridé.

Il lui est certes encore permis – et encouragé! – d’attaquer les politiques dans leurs turpitudes et leur corruption, car dans un système totalitaire les individus sont interchangeables. Mais il n’est pas question d’attaquer dans ses fondementsla politique. Nul ne songe à boycotter le gouvernement américain pour son Guantanamo ou ses assassinats ciblés aux quatre coins du monde, même si chacun voit qu’il il s’agit bien du principal «Etat voyou» (rogue state) du dernier quart de siècle. Nul ne songe à établir le lien de cause à effet entre l’immigration de masse ici et la dévastation de masse là-bas, là d’où viennent ces pauvres gens.

2. Elle prouve la continuité entre l’opposition syrienne armée et l’EIIL.

 Nous faisons mine de dénoncer, aujourd’hui, ceux-là mêmes que nous avons légitimés et armés hier, en les glissant dans le panier bariolé de l’«opposition démocratique» à Bashar al-Assad.

Une alliance perverse qu’on n’évoquait que sous le sceau du «conspirationnisme» éclate aujourd’hui de plus en plus clairement. Il n’est plus besoin de «fuites», de «whistle blowers» et de témoignages de coulisses: la quantité de mensonges et de compromissions consentie par les médias de masse pour l’occulter illustre assez l’enjeu. Qui veut le détail peut toujours consulter les bons livres. Une documentation impressionnante et incontestée est disponible pour quiconque sait lire.

Nous sommes les initiateurs de la violence et de l’iniquité absolues dont nous prétendons par ailleurs vous protéger par des lois liberticides et par un flicage croissant des populations.

Après avoir créé le Califat, on le bombarde sur les marges, comme les chiens mordillent les brebis détachées du troupeau pour le faire tenir ensemble. Sa mission est de faire éclater l’aire irakienne et de détruire les shiites. Il est trop stupide pour comprendre son rôle de marionnette, mais suffisamment énergique pour tirer sur les ficelles, voire pour les casser. De temps à autre, une fessée s’impose.

Les malheureux comme Daniel Pearl et Foley ne sont, encore une fois, que les dégâts collatéraux d’une expérience frankensteinienne qui se déroule sous nos yeux depuis plusieurs décennies déjà. Leur sacrifice ne fait qu’ajouter au camouflage.

3. Elle nous annonce notre avenir.

Le bourreau au visage masqué s’adresse à la caméra avec un net accent britannique. A travers ce détail, la mise en scène nous adresse une mise en garde supplémentaire. Les serpents ne nichent pas seulement dans les dunes du Moyen-Orient. Ils sont chez vous, dans vos banlieues, dans vos centres de requérants d’asile, dans vos universités sans doute.

Aux temps lointains de l’invasion afghane par l’URSS, un slogan circulait: « Aujourd’hui en Afghanistan, demain dans votre appartement ». On parlait des tapis, bien entendu. Désormais, tous les « -stans » de l’islam fondamentaliste ont des connexions avec votre appartement. L’aisance avec laquelle les rituels les plus sanglants entrent dans votre maison via le net n’en est qu’un avant-goût.

 Jeu de miroirs

L’extraordinaire court métrage de l’EIIL est un miroir tendu à l’Occident.

Ce que nous faisons à cet homme, nous dit-il, c’est ce que vous nous faites. Et ce n’est qu’un avant-goût de la vengeance que nous vous préparons. Vous nous avez humiliés par la technologie. Nous n’en avons pas besoin: nous vous saignerons au couteau. Vous avez brocardé nos croyances au nom de votre idéologie «démocratique», nous vous la renvoyons dans l’emballage orange qui la démentit. Vous nous tournez en bourriques dans vos superproductions, n’importe: nous allons vous arroser de «snuff movies» à deux balles que vous ne pourrez vous empêcher de dévorer!

Depuis la guerre d’Afghanistan – pour ne pas remonter à l’alliance séoudite de 1945, voire au «grand jeu» du temps de Kipling – les Etats-Unis et leurs satellites ont créé, équipé, entretenu l’islamisme radical comme un imbécile manipule un gaz de combat: en espérant que le vent soufflerait toujours dans le bon sens.

Mais voici que le vent tourne. Le gaz s’échappe à grosses bouffées et plus personne ne peut s’approcher des bombonnes pour fermer le robinet!

En appelant ceux qu’il aime à «se révolter contre ses véritables assassins, le gouvernement des Etats-Unis», Foley récite un slogan sous la menace du couteau. Il n’en dit pas moins une vérité. En faisant obstacle à toute modernisation du monde arabe, les Anglo-Saxons et leurs satellites y ont confié tous les pouvoirs aux brutes et aux fanatiques. La haine que ceux-ci crachaient contre nos valeurs de civilisation ne les dérangeaient pas, puisqu’ils avaient foulé aux pieds ces mêmes valeurs bien avant eux. Comme le disait si bien feu Muray dans sa lettre aux chers djihadistes: «Vous n’arriverez jamais à nous tuer, puisque nous sommes bien plus morts que vous!»

Tout juste parviendront-ils à semer la peur chez les infidèles, ce qui arrangera bien les pouvoirs en place. Ceux qui ont dressé ce miroir dans le désert de Syrie se douteront-ils un jour que leur mise en scène était encore du théâtre dans le théâtre?

 

samedi, 16 août 2014

Les États-Unis ont désigné Poutine comme leur ennemi

 Entretien avec Alain de Benoist par Nicolas Gauthier

de benoist.jpgUne certaine intelligentsia de gauche a longtemps révéré l’URSS. Mais ce n’est pas forcément pour cela qu’elle aimait la Russie. La preuve par Soljenitsyne naguère ou Poutine aujourd’hui ?

À l’époque de la guerre froide, les États-Unis s’opposaient, certes, à l’Union soviétique au nom de l’anticommunisme (ce qui leur permettait d’exercer sur leurs alliés une forme inédite de racket à la protection) mais, avertis des réalités de la géopolitique, ils s’opposaient tout autant, voire plus encore, à la Russie « éternelle ». La preuve en est que l’écroulement du système soviétique n’a pas modifié leur attitude en profondeur. La Russie est toujours, pour eux, une puissance à « contenir » par tous les moyens, toute leur politique étrangère visant à l’encercler, à pousser l’OTAN jusqu’à ses frontières et à empêcher les Européens de s’allier aux Russes, comme il serait tout naturel qu’ils le fassent s’ils avaient conscience de la nécessité de penser en termes continentaux. La guerre froide a donc maintenant repris ses droits. Cela va peser sur toute la politique mondiale pour les vingt ans qui viennent.

En politique, on devient un ennemi dès lors que l’on est désigné comme tel. Les États-Unis ont aujourd’hui désigné Poutine comme leur ennemi. C’est un fait capital. Dans l’affaire ukrainienne, profitant du conditionnement médiatique qui joue en leur faveur, ils sont parvenus à ce résultat prodigieux de faire adopter par l’Union européenne une politique allant directement à l’encontre des intérêts européens. Je fais évidemment allusion ici aux lamentables et très contre-productives sanctions antirusses (mais évidemment pas anti-israéliennes !) que les Européens ont accepté de soutenir – gouvernement français en tête – alors que les inévitables représailles qui s’ensuivront vont leur coûter extrêmement cher. Lorsque ces sanctions ont été annoncées, le ministère russe des Affaires étrangères a simplement déclaré : « Nous avons honte pour l’Union européenne qui, après avoir longuement cherché sa propre voie, a adopté celle de Washington, rejetant ainsi les valeurs européennes fondamentales. » C’est très exactement cela, hélas ! L’Union européenne s’est alignée sur l’Amérique parce qu’elles partagent l’une et l’autre la même idéologie libérale. Le drame est que tout cela se déroule dans l’indifférence générale, alors qu’il s’agit d’un événement de première grandeur.

A contrario, la classe politique française n’en finit plus d’être fascinée par le « modèle américain ». Jean Lecanuet se présentait comme le JFK français, et même Jean-Marie Le Pen se voulait l’équivalent hexagonal de Ronald Reagan…

L’UMP ressemble aujourd’hui de plus en plus à l’ancien MRP, et le PS de plus en plus à l’ancienne SFIO. Ces deux partis de la IVe République, l’un de droite et l’autre de gauche, communiaient dans la même soumission aux Américains. Seule l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle a permis, à partir de 1958 (et surtout de 1966), d’imposer une politique d’indépendance nationale qui n’est plus aujourd’hui qu’un souvenir. Nicolas Sarkozy, qui a fait revenir la France dans la structure intégrée de l’OTAN, était en adoration hystérique devant le modèle américain. François Hollande et Laurent Fabius renouent, pour leur part, avec l’atlantisme inconditionnel d’un Guy Mollet. D’où l’inertie que l’on constate de la part du Quai d’Orsay, tant à propos de l’Ukraine que de la Palestine, de l’Irak ou de la Syrie. Aujourd’hui, la France n’a tout simplement plus de politique étrangère autonome. Elle se contente de relayer les consignes d’Obama.

Les États-Unis ont, par ailleurs, toujours été très attentifs à placer sous influence la classe politique française. Le programme phare de la French-American Foundation, créée en 1976 et qui rassemble aujourd’hui plus de 400 dirigeants issus du monde de l’entreprise, de la haute administration et des médias, consiste à sélectionner chaque année un certain nombre de Français âgés de 30 à 40 ans jugés outre-Atlantique particulièrement « prometteurs ». Parmi ces « Young Leaders » dont on attend à Washington qu’ils s’emploient à « renforcer les liens entre la France et les États-Unis », on trouve aussi bien François Hollande (promotion 1996) qu’Alain Juppé (promotion 1981), mais aussi Jean-Marie Colombani, Laurent Joffrin, Guy Sorman, Jacques Toubon, Najat Vallaud-Belkacem, Christine Ockrent, Alain Minc, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, François Léotard, Marisol Touraine, Anne Lauvergeon, Jean-Noël Jeanneney, Bruno Le Roux, Valérie Pecresse, Fleur Pellerin, sans oublier Yves de Kerdrel (promotion 2005), qui vient de saborder le mensuel Le Spectacle du monde pour mieux mettre l’hebdomadaire Valeurs actuelles au service exclusif de Nicolas Sarkozy.

Paradoxe français, nous vantons notre exception nationale, mais n’en finissons pas non plus de nous référer à des modèles étrangers, qu’ils soient allemands, suisses ou anglo-saxons…

L’herbe du voisin paraît toujours plus verte, c’est bien connu. Les Français, qui sont très xénophobes, mais pas du tout racistes, aiment bien en effet se référer à des modèles venus d’ailleurs. Pourquoi ne le feraient-ils pas lorsque cela est justifié ? Ce qui est dommage, c’est que les modèles français, qui existent aussi, semblent désormais appartenir au passé. À moins, bien sûr, qu’on ne prenne en compte aussi les modèles négatifs ; auquel cas, la France actuelle serait incontestablement en tête de classement !

(source : bdvoltaire.fr)

jeudi, 14 août 2014

Enfin un député lucide

08:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)