lundi, 14 mai 2012

Allons z’enfants …

55386-Eugene Delacroix-La Liberte guidant le Peuple.jpgLes raisons de la défaite de Nicolas Sarkozy sont vraisemblablement multiples mais, il en est une dont nous sommes certains : la détestation des Français pour ce président hâbleur qui a toujours fait le contraire de ce qu’il annonçait notamment en matière d’immigration, de défense non seulement  de notre identité mais encore de notre souveraineté. Sarkozy ne restera dans l’histoire de cette République que pour être l’unique président à avoir divorcé, s’être remarié et être devenu de nouveau père durant son seul et unique quinquennat. Pour le reste, à l’image d’un Chirac, il ira pourrir dans les poubelles de l’histoire.

 Bien évidemment, cette déconvenue s’accompagne de celle du parti qui l’a soutenu, l’UMP, cette auberge espagnole qui n’a de droite que le nom.

La désintégration de cette droite virtuelle où cohabitent toute la famille des caramels mous centristes (versus Méhaignerie), francs-macs humanistes (versus Raffarin) et d’un courant dit gaulliste qui s’imagine incarner des valeurs dont ils ne nous ont jamais donné de définition pour la bonne raison que celles-ci s’articulent autour du triptyque, « Travail, Famille, Patrie », est le fait majeur de cet échec.

Cette droite est abonnée aux droits de l’homme et toute la quincaillerie qui va avec, à savoir un libéralisme qui prend ses ordres à Washington et boursicote à Londres.

Par ailleurs, les Français comme les autre peuples européens ne veulent plus de cette Europe bruxelloise composée essentiellement de fonctionnaires non élus qui font la pluie et le beau temps sans jamais nous demander notre avis.

Cette droite parlementaire et casse-croûtière qui n’a aucune autonomie de pensée – et pas pensée du tout – s’est, petit à petit, coupée du peuple dont elle ne défend plus du tout les intérêts. Et la première des revendications étant de demeurer maître chez nous et de conserver la maîtrise de notre destin. Au lieu de quoi, cette droite [et cette gauche, ne soyons pas radins] nous impose, jour après jour, par médias interposés, une société multiraciale et multiculturelle qui tourne d’ailleurs au communautarisme et dont les Français de souche – encore majoritaire dans ce pays – ne veulent pas. La majorité silencieuse, c’est eux.

Pour toutes ces raisons, la droite républicaine n’a rien compris au phénomène du Front national. Et pourtant, cette réalité ne cesse de lui sauter à la figure à chaque élection depuis vingt ans. Elle n’a rien compris du pourquoi les grandes villes, les conseils généraux et l’ensemble des conseils régionaux sont passés à gauche. Et, plus récemment encore, le Sénat. Demain, ce sera l’Assemblée nationale.

Et, les Raffarin, Juppé, Copé, Fillon et consorts de continuer de nous servir la même soupe, la même bouillie plutôt, tenus qu’ils sont par l’idéologie mortifère à laquelle ils se sont enchaînés.

Certes, l’élection de François Hollande correspond aussi à une volonté de changement mais, à y regarder de plus près, la gauche n’est pas majoritaire dans ce pays et ce sont bien les voix du Front nationale qui ont porté Hollande là où il est désormais.

Aux prochaines élections législatives de juin, cette droite parlementaire va fondre comme neige au soleil, ce qui ne manquera pas de nous ravir.

Après viendra donc l’heure des comptes et des règlements de comptes. On est déjà assuré d’une chose : ce ne sont ni les Juppé, Copé, Fillon et autres Raffarin de barrière qui procèderont à une révolution des idées et vanteront haut et fort les vertus du sang national. Leurs bailleurs de fonds veillent au grain. La droite de demain se recomposera sans eux.

 

dimanche, 29 avril 2012

Eloge de la pêche

sarko:holand.jpgDifficile de dire qui de Sarkozy ou de Hollande va l’emporter dimanche prochain même si ce dernier tient la corde. Mathématiquement du moins, car Hollande semble bénéficier de meilleurs reports de voix que Sarkozy. Il est vrai que dans ce deuxième tour, c’est bien l’électorat frontiste qui fera la différence et non pas le crypto-communiste Mélenchon qui, au final, n’aura joué qu’un rôle d’épouvantail à moineaux.

Inutile de dire que quel que soit le résultat, les électeurs seront au final cocus, car du « Nain » à « Guimauve le conquérant », il y a tout juste l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette en matière de libéralisme.

 Je sais que certains invitent à voter Sarkozy, c’est leur droit. Sauf que Sarkozy nous a largement démontré qu’il avait pour principe de faire le contraire de ce qu’il avance. Et si M. Sarkozy est de droite, alors, moi, je suis la reine d’Angleterre (que je salue au passage). Revoir les tronches de ces grands patriotes que sont Juppé, Kosciusko-Morizet, Guéant, Le Maire, Baroin et autres empaffés, m’amène à préférer l’original … socialiste !

Je ne vois pas ce que la France risque à refiler le bébé de la crise au camarade Hollande qui la désire tellement. On va voir ce qu’il a dans le pantalon, car dans celui de Sarkozy, on le sait désormais.

J’entends déjà les vierges gémir : immigration ! immigration ! Mais il a fait quoi Sarko et son Doberman châtré de Guéant en la matière ? Quelques petites reconductions ici et là annoncées à grand frais ! Sarkozy et Hollande sont pris dans la nasse du politiquement correct laissant agir à leur guise tout ce qui est anti-français de SOS-Racisme à tout le lobby pro-immigrés.

Non, il est temps d’éradiquer cette droite dite républicaine constituée de fœtus trempés dans le formol des droits de l’homme. Cette droite-là, inculte, pétocharde, veule et purement « casse-croûtière » doit disparaître. Or, elle ne connaît qu’un seul langage : les élections.

Demain, on aura face à nous une gauche aseptisée, débarrassée de bien des dogmes et ne répondant qu’à des images caricaturales du mal, mais au moins, on n’aura plus à se battre sur tous les fronts.

La grande surprise de ce scrutin, c’est en effet le score du Front national. Il progresse d’un million de voix par rapport aux précédents scores du père. Et, ce vote des Français est intéressant car, à défaut de refléter ce qui est inscrit dans le programme du Parti - que la majorité d’entre eux n’a pas lu -, il montre bien, en revanche, la lucidité du peuple face à une classe politique qui ne fait que détruire, petit à petit, ce pays non seulement sur le plan économique mais aussi culturel ce qui est nettement plus grave.

Georges Pompidou, notre dernier grand chef d’Etat, avait entrepris une politique industrielle audacieuse et mis en chantier de grands travaux. Ses successeurs feront l’inverse. De Giscard à Chirac, tous ont bradé nos fleurons industriels, tous ont pris leurs ordres auprès d’un patronat irresponsable réclamant toujours plus de travailleurs immigrés pour payer moins leurs ouvriers et faire pression sur des syndicats qui ont fini par devenir complices de leurs combines afin de préserver leurs maigres privilèges. Tel est le paysage post-pompidolien.

Quant à l’éducation nationale, on ne reviendra pas sur le fiasco qui, depuis 1945 et le coup d’accélérateur de 1968, va crescendo.

C’est de tout cela dont ont parfaitement conscience les Français qui ont voté pour le Front, considéré comme le meilleur vecteur pour exprimer leur refus d’un monde façonné par une classe politique qui, de gauche comme de droite,  nous balade depuis des décennies. C’est aussi l’affirmation d’une identité, celle de vouloir demeurer Français et maître de notre destin dans la tradition de nos pères et le refus de cette France artificielle revue et corrigée à l’aune du métissage, imaginée dans les cercles germanopratins et la rue de Solférino. Une France multicuturelle est par ailleurs un non sens au regard de la tradition républicaine qui nous enseigne que la France est, par essence, une et indivisible. Cette France laïque qui autorise la construction de mosquées avec la complicité des maires de gauche comme de droite (Juppé à Bordeaux, Gaudin à Marseille). On se demande bien ce que foutent les francs-macs qui grenouillent la droite comme la gauche et si à cheval sur le principe de laïcité. Décidément, eux aussi aiment la vaseline !

La lecture des journaux ces derniers jours est édifiante et instructive. Comme la gauche et la droite ne comprennent rien au vote du Front national, ils ont tôt fait d’en faire un vote de chômeurs désoeuvrés, tarés, imbibés d’alcool sûrement,incultes et limite délinquants. Voici qui montre bien à quel degré d’incompréhension du peuple en est rendu cette classe politique... et médiatique !

Voici que la réalité, une fois de plus, n’est plus conforme à celle qu’ils imaginaient. Elle ne correspond plus à la tambouille qu’ils avaient préparée pour le peuple. Ce peuple si cher à Méchancon soudain renvoyé au peuple de fonctionnaires sur lequel il règne et dont il fait partie.

Car n’en déplaise au Landerneau politique, c’est Charles Maurras qui, une fois de plus, a raison : le pays légal n’est pas le pays réel.

Au deuxième tour, j’irai à la pêche ! Au réel, cela va sans dire.

 

dimanche, 15 avril 2012

Quand le rêve est un cauchemar

melenchon.jpegLes jeux semblent à peu près faits et François Hollande  est assuré de passer le premier tour. Ce qui reste en suspens, c’est le score des suivants. Rien n’affirme que Sarkozy passe la rampe, décapité par une conjuration Lepéno-Mélanchonesque ! Souvenez-vous de Jospin en 2002 ! Du coup Pierre Arditi était remonté dans sa Jaguar  pour entrer en résistance.

Non, le grand gag serait que Mélenchon talonne François Hollande au premier tour et que l’on assiste à un duel entre gauche libérale et extrême gauche version programme commun.

Vous imaginez le dilemme pour ce peuple de gauche perpétuellement cocu – Mitterrand était vichyssois et ils ont guillotiné Jospin.

Alors Mélenchon ! Mélenchon, à n’en pas douter, incarne une gauche de conviction et la foule qu’il draine dans ses mitinges le prouve.Il s’est même payé le luxe de réveiller les cocos qui étaient moribonds. Malheureusement ses propos justifiés contre le capitalisme et la finance apatride se heurtent à sa vision multiraciale d’une France encore franchouillarde et qui en a marre des immigrés. Ces immigrés qui sont autant de pauvres bougres exploités par le patronat et qui n’ont, dans la majorité des cas, d’autres ressources que les généreuses aides sociales. Il y a là tout un lumpenprolétariat qui devrait tout de même inquiéter les candidats à la présidentielle. Mélenchon en tête. Cet ardent défenseur des damnés de la terre.  Ben non !

L’autre pierre d’achoppement, c’est le consensus sur la réforme scolaire où l’on remplace l’instruction par le gardiennage. L'aboutissement du plan coco Langevin Wallon. Demain, tous les mômes seront amnésiques ! La France avec.

Les ânes votent, les porcs gouvernent disent les gauchistes allemands. Rien de nouveau sous le soleil.

mercredi, 11 avril 2012

Alain Finkielkraut sur l'immigration et le métissage

mardi, 03 avril 2012

L'exploitation du monde, comment ça marche ?


JOHN PERKINS Confession d'un assassin économique. par NANOUNIZ

dimanche, 01 avril 2012

Au coeur du réel


La fin du libre echangisme ? par realpolitiktv

mardi, 20 mars 2012

Des crimes odieux dans une société sans repères

Assassiner des enfants ne peut justifier aucune cause si ce n’est celle de l’odieux. Dans l’assassinat de trois militaires maghrébins et de quatre écoliers juifs, il est évident que la première raison qui vient à l’esprit est celle d’un racisme primaire autant que brutal.

Toutefois, on ne saurait se satisfaire de cette simple explication.

Pourquoi un tel acte est-il rendu possible dans une société entièrement vouée à la consécration des droits de l’homme ? Parce que malgré, cela, cette société a perdu tout sens « communautaire » (au sens de communauté de destin), toute notion de solidarité et qu’elle est minée par un individualisme dévastateur. Au nom de cet individualisme, la société a versé entièrement dans la permissivité brouillant ainsi tous les repères sociaux : Pacs, mariage homosexuel, exposition médiatique de tous les déviants au nom d’une normalité pour le moins problématique ; une Eglise, catholique et protestante, qui affirme de moins en moins sa personnalité. Et ce à l’heure même où l’Etat lui-même favorise l’érection de mosquées sur des terres de vieille tradition chrétienne, reniant par là même son propre héritage et bafouant le sacro saint principe républicain de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

L’autre facteur aggravant est celui d’une immigration incontrôlée que la classe politique a imposé aux forceps au peuple français. D’où son refus de tout référendum sur le sujet. Aux ordres du patronat, elle a toujours répondu de son désir de disposer d’une main d’œuvre bon marché afin de faire pression sur les syndicats et les travailleurs. Aujourd’hui, cette même classe politique est totalement débordée et la société, jusque dans ses institutions, est soumise à la loi des droits de l’homme. Il en résulte l’apparition d’un communautarisme où les Français de souche sont nettement moins bien traités que les communautés noire, maghrébine ou juive qui crient au racisme à la moindre occasion. Et l’appareil judiciaire, soumis à la même idéologie, notamment de la part de nombreux juges issus du Syndicat de la magistrature, participe aussi à ce brouillage des repères sociaux. Quand ce ne sont pas des organismes sans aucune légitimité comme SOS-Racisme, Observatoires bidons et autres Halde destinés à taper sur le moindre Gaulois qui passe… au nom d’une légitimité qui n’a de républicaine que le nom. 

Il n’est donc pas extravagant que des citoyens fragiles pètent les plombs et s’érigent en justiciers d’un jour.

 

vendredi, 16 mars 2012

L'inquiétant oubli du monde

Par Regis Debray

Regis-Debray-Portrait.jpg

« Agis en ton lieu, pense avec le monde », conseillait l'écrivain Edouard Glissant. Agis pour l'emploi et le pouvoir d'achat, n'oublie pas l'arène planétaire. Que le ring électoral fasse si peu cas du grand large laisse pantois. Voir, à gauche, la bourrée auvergnate remplacer L'Internationale donne à penser que la jeune garde montante ne voit rien à redire, sur le fond, à la politique étrangère du sortant.

Atlantisme, européisme, ethnicisme et urgentisme caractérisent la diplomatie de nos défuntes années, d'une désastreuse banalité. Elle semble se fondre dans l'air du temps au point d'inhiber le vieux devoir d'examen au pays même de l'esprit critique.

L'alignement sur les Etats-Unis Nous voilà donc phagocytés, via la pleine réintégration dans l'OTAN, par une Sainte-Alliance qui n'a plus d'atlantique que le nom. Son actionnaire majoritaire, seul décideur en dernière instance, tend à se substituer aux Nations unies qu'il instrumentalise ou bien marginalise en tant que de besoin.

L'abandon symbolique de notre singularité de pensée et de stratégie avait un alibi : faciliter la construction du « pilier européen de l'Alliance ». Vaste blague. Les Européens n'en veulent pas (l'Est moins que quiconque), et les Etats-Unis non plus.

Amor fati (l'amour du destin) ? Certes, « interopérabilité » oblige, et tralalas aidant, le brain-wash des Etats majors est chose acquise et, entre la DGSE et la CIA, plus une feuille de cigarette. L'imprégnation coloniale des réflexes est telle que plus personne ne s'étonne de voir Nicolas Sarkozy mettre la main sur le coeur pour écouter La Marseillaise et Alain Juppé s'exprimer en anglais à l'ONU. Soit.

Mais, quand on se résigne à un rôle de supplétif, la glissade le long du toit débouche sur des catastrophes mal déguisées quoique prévisibles. Qu'il ait fallu dix ans à nos socialistes pour prendre leurs distances envers l'occupation militaire de l'Afghanistan, où l'inepte le dispute à l'inique, n'est pas de bon augure.

La superstition européenne Passons sur le rouleau compresseur du libéralisme exaspérant de Bruxelles. Le rêve s'est évanoui et la fuite en avant dans le fédéralisme, réflexe classique en histoire lorsqu'une belle cause périclite, ne ferait que précipiter le retour au chacun pour soi. Par-delà la désuétude d'un logiciel entre démo-chrétien et social-démocrate, qui donnerait des rides précoces aux enfants de Jacques Delors, ce qui agonise, c'est la grande illusion selon laquelle il revient à l'économie de conduire la politique, et à une monnaie unique d'engendrer un peuple unique.

Comment passe-t-on d'une inscription administrative (le passeport européen) à une allégeance émotionnelle ? Pourquoi un habitant de Hambourg accepte-t-il de se serrer la ceinture pour un habitant de Dresde, mais non pour un Grec ou un Portugais ? Le cercle des économistes n'a pas ici compétence. La réponse à la question première, qu'est-ce qu'un peuple ?, relève de l'histoire, de l'anthropologie, de la géographie et de la démographie, voire des sciences religieuses, dont les adeptes, pour leur malheur et le nôtre, ne hantent pas le dîner du Siècle.

Puisqu'un concert suppose un chef d'orchestre, avec ou sans podium - la Prusse pour le Reich allemand ou le Piémont pour l'unité italienne -, il est normal, si l'époque est à l'économie, que l'Allemagne tienne la baguette. Le vrai problème pour nous, c'est l'engluement dans une géographie mentale en peau de chagrin où une mappemonde avec 195 capitales se réduit à deux clignotants, Berlin et Washington. L'alibi selon lequel la France n'est plus de taille valait-il cette autopunition masochiste : se faire couper le sifflet par un ectoplasme sans voix comme l'Europe des commissaires ? Celle-ci est grasse et grande mais sans vision ni dessein, inexistante à l'international (et notamment aux yeux des présidents américains) et sans ancrage dans les coeurs.

Qui célèbre en Europe le jour de l'Europe ? Qui entonne l'hymne européen - l'Ode à la joie n'a pas de parole ? Qui s'intéresse à son Parlement, hormis les professionnels de la profession ? Un falot pour éteindre nos Lumières ? Un comble !

Le marketing communautaire Comment un exécutif qui fait sa cour à nos diverses minorités religieuses ou ethniques pourrait-il faire prévaloir l'intérêt à long terme d'un pays et d'une vision du monde ? S'il n'y a jamais eu de mur étanche entre l'intérieur et l'extérieur, chacun sait, depuis François Ier, que c'est en isolant au mieux le géo-stratégique du domestique qu'on agit à bon escient. Ce n'est plus le premier ministre, mais le chef de l'Etat qui se rend aux convocations dînatoires du Conseil représentatif des institutions juives de France.

Notre Zorro s'empresse auprès de la communauté arménienne, soutenu par des députés qui se prennent pour des représentants de leur seule circonscription, quand ils le sont de la nation. On flatte la communauté pied-noire pour chanter le positif de la colonisation. Et qui sait si demain quelque instance arabo-musulmane ne nous enjoindra pas de rectifier la position sur Israël ?

Minable méli-mélo tiraillant à hue et à dia. Le modèle américain joue comme leurre : la mosaïque multi-minoritaire d'outre-Atlantique est transcendée par un patriotisme messianique, adossé à un Dieu confédéral, ce que ne permet pas, en France, notre assèchement mythologique.

Le diktat de l'instant Papillonnante et télécommandée, une diplomatie de postures et de « coups » (de gueule, de bluff et de menton), sous projecteurs et sans projection, sied autant à l'ère du zapping qu'à un autodidacte ayant plus de nerf que d'étoffe. Ecervelée, cette façon de coller au fait divers et à la compassion du moment met immanquablement en retard sur les tendances et flux de la mouvante histoire.

Dialoguer avec l'ANC de Mandela, dans les années 1970, vous faisait déjà passer pour un idiot utile. Prendre contact avec les Frères musulmans ou une organisation chiite vous faisait, ces dernières années, regarder de travers. Un suspect devient un interlocuteur quand il a pris le pouvoir - jamais avant. Et il faut un séisme ou un tsunami pour inscrire un pays - Haïti, Indonésie ou Japon - sur l'écran-radar, d'où il disparaîtra une semaine après.

Qu'une direction élyséenne aussi frelatée ait pu mettre à son service nombre de vedettes « socialistes » ne s'explique pas par un humain désir de gyrophares, huissiers et caméras : à ces appétits charnels s'ajoutait sans doute une communauté de vues plus spirituelle. Supériorité intrinsèque de la civilisation occidentale, seule détentrice de principes moraux universels ; fascination pour les media-events tels que ces sommets aussi rutilants qu'inutiles ; mépris des experts et des compétences géopolitiques du Quai d'Orsay, au bénéfice de BHLeries aussi frivoles que contre-productives ; culte du « réactif » (agir sans anticiper ce qui résultera de son action) et des vanités d'image, au détriment d'un sens élémentaire de l'Etat. Ces conformismes sont à haut risque. Ils se payent par l'évanescence de nos politiques spatiales, aussi bien européenne qu'arabe, latino-américaine et asiatique.

Au lieu du rebattement de cartes qui s'impose, c'est la benoîte reconduction d'un train-train provincial et crépusculaire que fait craindre le mutisme socialiste. Quitte à ripoliner sa godille avec des grands mots qui chantent plus qu'ils ne parlent : « les droits de l'homme » (couverture impeccable, comme l'Evangile sous l'Ancien Régime), « la communauté internationale » (un Directoire représentant 20 % de la population mondiale) ; « la gouvernance mondiale » (la Cité calquée sur l'entreprise) ; « la Démocratie » avec majuscule (laquelle, de Périclès à la reine Victoria, admet le massacre des âmes et des corps barbares).

Présentera-t-on ces idées faibles, quand on les regarde de près, en idées-forces pour avaliser un business as usual ? Ce serait sympa mais casse-gueule. Une politique qui prolonge le boy-scoutisme par d'autres moyens (les ONG humanitaires en bras subventionné du Bien) déguise le jeu cru des intérêts mais rend celui-ci encore plus cruel. Aristide Briand a plus de charme que Clausewitz, mais on sait sur quoi a débouché la diplomatie des lacs de l'entre-deux-guerres - juin 1940.

Rappelons-nous que les interdépendances dérivant de la mondialisation exaspèrent les identités nationales et religieuses au lieu de les éteindre. Le monde qui découvre qu'il fait un ne s'unifie pas pour autant : l'Europe compte seize Etats de plus qu'en 1988. Dire oui à la paix et non aux nations, ignorer les Etats pour défendre les individus, c'est ignorer combien il en coûte d'humilier un peuple et que, partout où la puissance publique s'efface, triomphent l'ethnie, les mafias, le FMI et les clergés. Soit la guerre de tous contre tous.

Le pire n'est pas toujours sûr. L'envisager comme possible pourrait servir de garde-fou.

 Le Monde  15.03.12

mardi, 13 mars 2012

Alea jacta est

Pour une fois Bayrou a raison  quand il déclare que le « déconomètre marche à plein tube ». D’un candidat l’autre, on est dans une sorte de surenchère qui consiste à pousser le voisin à la faute. Une vieille recette de campagne électorale, faite entièrement de promesses qui ne seront, bien évidemment, jamais tenues pour la bonne raison qu’elles sont intenables. La taxation à 75 % des revenus de plus d’un million d’euro, la sortie de l’espace Schengen ou l’arrêt de l’immigration. Qui est dupe ? C’est vraiment prendre les Français pour des cons, eux qui savent très bien qu’au lendemain même de son élection, le nouveau président verra le ciel lui tomber sur la tête.

Pourquoi des décisions, non prises hier encore, le seraient-elle davantage demain ? Il ne faut pas oublier que c’est le Système qui mène la danse. Système auquel est entièrement inféodé notre classe politique, de droite à gauche, étant entendu que les Mélenchon et consorts ne sont que des guignols qui n’ont pas voix au chapitre.

Paradoxalement, et ça risque peut-être d’en choquer certains, de Hollande en Sarkozy, ce n’est peut-être pas ce dernier qui est le plus libéral des deux. De toute manière cela ne changera pas notre destin. Notre pays se désindustrialise de manière inquiétante, notre système scolaire est devenu absurde, la classe moyenne ne cesse de s’appauvrir (l’ascenseur social ! Quel ascenseur ?) puisque c’est sur elle que l’on tape en permanence pour la bonne raison qu’elle est la plus-value constante de la société de consommation. C’est elle que l’on tape quand il faut renflouer les banques et c’est sur elle, que demain porteront les augmentations diverses et variées du genre gaz-élec, TVA, essence, etc. Mais, combien de temps encore aura-t-elle les moyens d’être la vache à lait d’une société en perdition, en faillite ?

Sur ces questions, nos candidats restent muets. Ils ont délimité une cour de récréation où ils jouent entre eux. De toute manière, les Français s’en foutent de leurs programmes qu’ils ne connaissent pas. Ca va se jouer à la gueule, à l’instinct comme d’habitude. Sarko est détesté pour ses promesses non tenues et sa gestion désordonnée du pouvoir. Autant de raisons qui font exister « Guimauve le conquérant » qui a bien compris que de ne pas faire campagne était pour lui l’unique manière d’en faire une.

 

vendredi, 09 mars 2012

Fin de partie ?

mickey.jpgNul n’est devin en matière d’élection et encore moins les sondages. Toutefois, il faut se garder de les rejeter en bloc car il existe quelques constantes que chaque élection confirme. Et dans le cas qui nous concerne, la présidentielle à venir, tout porte à croire que le candidat Sarkozy ne comblera pas son retard de trois, quatre, voire cinq points sur son adversaire. On comprend pourquoi les socialistes font bloc derrière leur candidat contrairement à ce qui s’était passé en 2002 et 2007. Les socialistes respirent enfin l’odeur du pouvoir et Martine Aubry comme Laurent Fabius - pour ne citer qu’eux - qui taclaient hier encore le « grand méchant mou » se sont ralliés à son panache rose. François Hollande qui en a bien conscience, fait donc une campagne a minima, se gardant bien de s’aventurer en terrain glissant comme celui de l’immigration. On ne connaîtra donc pas les intentions de « Guimauve le conquérant » sur le sujet, si ce n’est ce qu’il a déjà annoncé : le vote des immigrés aux élections municipales. Autre certitude, qu’il se garde bien d’avancer, c’est la régularisation de nombreux sans-papiers sous la pression des officines pro-immigrés du genre Cimade, Licra, potes divers et variés, etc. Il faut s’attendre à ce que la France s’enrichisse un peu plus de toute la misère du monde. Autre certitude, le grand pédalage en matière de sécurité tant la détestation de la police et de l’ordre en général appartiennent au code génétique des socialistes. De ce côté-là, on peut d’ores et déjà s’attendre au pire.

Reste que, immigration ou pas, passer de Nicolas Sarkozy en François Hollande ne changera rien sur le fond puisque l’un comme l’autre sont ralliés depuis toujours à la vision libérale du monde anglo-saxon (« I am  not dangerous » déclare Hollande aux financiers Anglais). Pierre Moscovici, l’un des bras gauches de Hollande, n’est-il pas le vice-président du Cercle de l’Industrie, un puissant lobby patronal. Autrement dit, les Mélenchon et consorts qui roulent pour lui, ne cessent de faire cocu ce « peuple de gauche » qui s’imagine que le « grand méchant mou » et ses thuriféraires vont mettre la finance au pas. Tous vont aller à la soupe et retrouver le confort de situations biens rémunérées… par le contribuable. Les Français vont très vite mesurer de quel bois se chauffe François Hollande et ses potes !

Au final, n’est-ce pas une aubaine pour la France ? Après avoir été plumés par la droite, les Français vont se faire ratiboiser par cette gauche égalitariste et soi-disant humaniste. La dernière version de la lutte finale en quelque sorte. Peut-être la grande aventure pourra-t-elle alors commencer quand nous serons tous dans la grande mouise et que nous n’aurons plus rien à perdre.