vendredi, 16 octobre 2009
Faut-il sauver nos agriculteurs ?
Si Charles Maurras revenait faire un tour parmi nous, il nous ferait sûrement une jaunisse. Lui qui considérait que les Français étaient un peuple de marins et de paysans serait cruellement déçu par la réalité d’aujourd’hui, étant donné que les uns comme les autres sont en train de disparaître. Pour les pêcheurs, c’est quasiment chose faite. Nos paysans résistent encore. Mais pour combien de temps ?
La France se vide de sa substance nourricière.
Les mosquées se substituent aux églises et le supermarché aux champs de blé si chers à Péguy.
Bien évidemment, il n’est pas un Français qui se réjouit de la crise du monde agricole. Pour la bonne raison que le paysan est aussi celui qui entretient les terroirs. Et, si nos paysages demeurent, c’est bien grâce à ce besogneux.
Mais, le but premier du paysan, c’est d’abord de produire afin de nourrir les populations. Bon, c’est le principe. Et la première chose qui nous vient à l’esprit, c’est bien que le paysan puisse vivre de son activité, de son labeur surtout, aussi dignement qu’un employé du gaz ou qu’un gréviste de la SNCF. Allez dire à ces deux-là que leur salaire est désormais indexé sur la météorologie financière de Bercy en période de crise, c’est la grève illimitée assurée !
Je n’ignore rien des travers du principal syndicat agricole, la FNSEA qui jouit et profite largement de sa situation de monopole ; je n’ignore pas non plus – ô paradoxe - que les aides de Bruxelles ont sauvé l’agriculture française et largement aidé les gros plus que les petits agriculteurs à survivre ; mais il est pour le moins paradoxal que ceux-ci ne puissent vivre dignement du produit de leur travail. Là, franchement, nos gouvernements successifs sont gravement responsables. Fautifs aussi d’avoir laissé se développer les supermarchés et la grande distribution (qui a largement rétribué les partis politiques). Ce type de commerce n’est pas un plus, c’est une régression qui a détruit tout un tissu social et commerçant. Ce sont ces mécréants de la grande distribution qui acculent les paysans à produire à perte sous peine de se ravitailler sur le grand marché mondial. Dans le même temps, la famille Mulliez (Auchan) expatrie son pognon en Belgique comme d’autres en Suisse.
L’autre aspect de la réalité du monde agricole réside dans le fait que l’industrie agroalimentaire est et sera pour l’Europe un atout géostratégique majeur dans les années à venir, dans ce siècle qui va tanguer dans tous les sens et qui sera tout sauf serein.
Donc, il serait grand temps, plutôt que de s’adonner aux combines bruxelloises, de considérer la ressource agricole comme une valeur stratégique. Mais, nos politiques, tout à leurs petites combines, en sont-ils encore capables ? Quand on voit un Sarkozy sombrer dans le népotisme, on peut en douter.
Quand, quelques hommes intelligents vont-ils enfin penser l’Europe en terme de puissance et non plus comme un vassal du libéralisme anglo-saxon à la botte des Américains. Et puis, quelle Europe ?
14:41 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, politique, bruxelles, parlement, europe



