samedi, 03 octobre 2009

Quand l'éducation nationale tapine en banlieue...

2072671574.jpgVendredi 2 octobre. Un titre dans Libération : "Des élèves payés pour venir au lycée." Est-ce un canular ? Non pas. Pour lutter contre l'absentéisme massif qui affecte certains établissements de la région parisienne, l'académie de Créteil expérimente une nouvelle recette tirée du sac à malices du Haut Commissariat à la Jeunesse. Les classes les plus touchées par la déscolarisation se verront attribuer une cagnotte pouvant atteindre 10 000 euros si elles parviennent à ramener dans le bercail éducatif les brebis égarées qui préfèrent la glande ou la maraude à la contrainte d'une présence régulière entre les murs du lycée. Comme dans la logique commerciale l'opération fait l'objet d'un contrat signé entre partis égaux, l'administration d'une part, les élèves d'autre part.
La récompense est indexée aux résultats obtenus par le "groupe classe". Cette prime d'assiduité ne sera évidemment pas versée individuellement aux plus méritants sujets de la classe citoyenne mais permettra de réaliser des voyages éducatifs ou des projets d'intérêt collectif. La version lycéenne du "travailler plus pour gagner plus" en quelque sorte. Il s'agit d'une expérimentation, nous rassure-t-on qui sera étendue en cas de résultats probants.


Jusqu'où va-t-on descendre ?


L'instruction est un don, coûteux et nécessaire, que la collectivité consent gratuitement à tous les jeunes qui résident sur le territoire de la République. Acquérir l'instruction que l'école délivre est pour chacun d'entre eux le gage d'une intégration sociale accomplie et d'une formation permettant une existence digne au service du bien commun. De tout cela, et pour des raisons diverses, de plus en plus de jeunes n'ont cure. Parmi eux, beaucoup sont issus de l'immigration d'origine africaine. C'est un constat que font tous les rectorats. Plus s'aggrave la déscolarisation précoce dans ces milieux et plus l'intégration républicaine acquiert les contours d'un mythe mensonger. Beaucoup le savent mais la plupart se taisent de peur de se trouver assimilés au pire. "Mal nommer les choses, disait Albert Camus, c'est ajouter au malheur du monde." L'omerta ne nous prépare pas un avenir radieux.
L'état-Providence est exsangue et endetté jusqu'au cou mais qu'à cela ne tienne, la fiction de l'harmonie diversitaire devant être maintenue coûte que coûte, l'éducation nationale choisit de rattraper par la peau des fesses les absentéistes chroniques par le seul argument qui fait sens dans le monde nihiliste que le néo-libéralisme a construit : "la gagne" ! À ce compte là, l'éducation nationale choisit d'entrer en concurrence avec ce qui mobilise concrètement les absentéistes qu'elle entend sauver à tout prix : la simple fainéantise parfois et, trop souvent, les réseaux informels de la drogue, du vol, du recel, de l'arnaque, du trafic, de la razzia, des détournements de fonds, du racket...
Ce qui demeure dans ce pays d'utopie progressiste et d'idéalisme pédagogiste ne peut se résoudre à comprendre qu'une part grandissante de la jeunesse est devenue inéducable (et par conséquent inemployable) et ceci tout particulièrement parmi ceux qui constituent les phalanges d'une diversité que la nouvelle religion du métissage interdit de définir pour ce qu'ils sont. Non pas ce qu'ils sont "par essence", mais ce qu'ils sont devenus dans un Occident qui n'a plus rien d'autre à leur enseigner que le culte de l'argent.


Coclés

jeudi, 01 octobre 2009

Qui gouverne ?

radeau-meduse-L-1.jpegA priori les déficits n’empêchent pas la France de tourner et Sarkozy de s’agiter. Je lis dans Les Echos que notre dette représente 90 % du PIB, c’est-à-dire 90 % de la richesse française produite chaque année. Comme disait ma grand-mère, femme de bon sens s’il en fut, on bosse pour le roi de Prusse.
En clair, cela n’a aucune importance et on nous bourre le mou avec ces chiffres qui n’ont d’ailleurs, pour la plupart des Français, aucune réalité. Car ça fait tout de même des décennies que ça dure. Le pouvoir, c’est d’abord un casse-croûte. Tenez, quand des ministres préfèrent leur maroquin à la présidence d’une région, c’est bien que les avantages liés à la fonction sont nettement supérieurs à celle qui consiste à défendre et développer une région. Et pourtant, le poste est éphémère. Non, ils préfèrent malgré tout se faire engueuler par l’agité du bocal élyséen qui n’a finalement guère plus de pouvoir qu’eux, sauf qu’il est le chef.  A ce propos, on a pu mesurer l’ampleur de son importance sur l’échiquier mondial à la porte dans la figure qu’il s'est prise aux Amériques de la part d’Obamama  qui n’a même pas daigné le recevoir. Et pourtant, il s’était fendu d’une déclaration contre l’Iran alors qu’on ne lui demandait rien.
D’où ma question : il représente quoi Sarko ?
On notera au passage qu’à ce G20, comme ils disent, l’Europe n’était pas représentée en tant que telle, c’est-à-dire Une et indivisible. Les principaux chefs d’Etat européens étaient là pour la photo car, sur le fond, on n’a pas, me semble-t-il, beaucoup bousculer les règles du libéralisme.
Donc, si des déficits, tout le monde s’en fout, si tout le monde vit à crédit et sur le dos du crédit (cas de nombreux pays européens), c‘est bien que l’argent n’a pas de sens. J’ose pas dire de valeur, mais presque.
Evidemment, sauf pour la ménagère et le micheton qui, jadis, allait prendre l’apéro au bistro du coin. Même là, désormais, c’est trop cher !
La réalité, il est vrai, est ailleurs.
Elle est dans la destruction lente du tissu économique de ce pays qui lamine la classe moyenne dont les fins de mois deviennent de plus en plus problématiques.
Elle est dans ces 70 000 mômes d’une classe d’âge qui sortent du système scolaire sans aucune qualification.
Elle est dans le chômage des jeunes dont beaucoup ont un diplôme et la mise au rancard des seniors.
Elle est dans la faillite d’un système scolaire qui n’a jamais été aussi inégalitaire depuis que la République existe.
Elle est dans cette immigration incessante qui plombe tous les comptes de la nation malgré cette classe politique qui se voile la face dès que l’on aborde le sujet. On va finir par demander à Jean-Pierre Pernaut : combien ça coûte ? Ce n’est pas tellement combien ça coûte qui importe que la somme des dommages collatéraux qu’elle induit en termes de sécurité, de santé et d’assistanat. Sans compter que cette immigration incessante nuit aux intérêts des immigrés eux-mêmes !
La voici la réalité qui n’est, on en conviendra, pas sarkozyste, encore moins Martine Aubuesque et autres Verts de gris.
Nous sommes bien sur ce radeau de la Méduse dénommé France.