vendredi, 21 août 2009

D’agriculture… parlons-en !

vache2.jpgDieu sait si je suis un ardent défenseur du monde paysan, non en tant qu’individu auxquels de nombreux écrivains ont tordu le cou, Jules Renard en particulier, mais en tant qu’activité humaine primordiale ayant engendré un mode de vie, des traditions et suscité des mœurs qui ont fondé à des degrés divers ce que l’on appelle l’identité et la culture françaises. Du moins ce qu’il en reste. Il y a aujourd’hui de telles inégalités dans le monde agricole, entre les gros agriculteurs qui se sont goinfrés pendant des décennies aux subventions européennes avec la complicité – heureuse certes - des gouvernements de droite comme de gauche et de la FNSEA, ce syndicat agricole si puissant qu’il s’octroie le droit de distinguer les bons des mauvais… paysans et tous ceux qui rament à l'huile de coude. Ce qui se traduit, on s’en doute, par l’obtention d’avantages plus que substantiels.  La FNSEA fait, depuis des décennies, la pluie et le beau temps dans le monde agricole puisqu’il n’est pas, petit dommage collatéral,  un seul ministre de nommé sans son accord tacite.
Bien évidemment, il en va de même chez les producteurs de fruits qui d’année en année ne cessent de gémir sur leur sort quand dans le même temps on apprend qu’ils ont profité indûment des subventions de Bruxelles avec la complicité, il est vrai, des gouvernements de droite comme de gauche et le grand silence complice de la FNSEA. Aussi, la supercherie levée, Bruxelles réclame son dû. Au gouvernement français de se débrouiller avec ça. Sauf qu'il y a fort à parier que le contribuable va, une fois encore, mettre la main à la poche. Au prix du kilo de cerises, ça me fout les boule !
Mais voilà que ces mêmes producteurs, peu disposés à rembourser quoique ce soit, se remettent à manifester sur l’ingratitude de leur condition. Moi, je veux bien mais leurs manifs, ça commence à faire beaucoup et ça devient même lassant. Parce que tout ce petit monde a pris l’habitude de carburer à la subvention. Quand ce n’est pas la grande distribution qui les étrangle, c’est le temps qui déconne. Et c’est reparti pour aller mendier des subventions auprès du gouvernement.  Bref, c’est le cercle vicieux d’une logique  dont il serait temps de sortir.
La réalité, c’est qu’il y a de moins en moins d’agriculteurs et d’éleveurs – sans compter les couches d'emmerdements que rajoute l’Union européenne – quand les besoins, dans le domaine agroalimentaire sont exponentiels.  Que l’agriculture sera, si elle ne l’est déjà, une donnée stratégique dans l’orbite géopolitique des Etats et donc de l’Europe où tout pousse en abondance. Il serait temps de revoir tous nos schémas en matière agricole à commencer par assurer notre indépendance - ne plus être à la merci de semenciers à la Mosanto, par exemple. D’où l’intérêt de poursuivre nos recherches en matière de génétique végétale, y compris les OGM qui ne sont pas systématiquement porteurs de tous les maux. Il s’agit bien de sortir de l’étroitesse d’esprit dans lequel un syndicat confine les problèmes agricoles en les réduisant à un problème de subventions pour maintenir son monopole et d’un Etat ne regardant pas au-delà de la ligne bleue des Vosges. Evidemment, il nous faudrait à Bruxelles un personnel autre que les Barnier et Cie qui sont là pour servir la soupe du libéralisme anglo-saxon et dont l’ambition se résume à une carte de visite. Côté weltanschauung, on a encore des progrès à faire dans ce pays.