lundi, 17 août 2009
Chaleurs d’été
Non, non, ne rigolez pas ! Le ralliement de l’agité du bocage, Philippe de Villiers, et des tontons flingueurs de Chasse, pêche, machin du ci-devant gladiateur Nihous met en émoi quelques factieux de l’UMP qui ont le sentiment soudain de prendre, violemment, une main au cul.
Vous vous doutez bien que ce ne sont pas les idées qui sont en jeu mais les places à prendre aux prochaines élections régionales qui devraient voir tomber le monopole socialiste sur les régions françaises (merci Chirac !)
Alors, forcément, ça attise les convoitises. Ce sont ailleurs les minoritaires de l’UMP qui crient « au loup ». Les traîtres comme Bockel ou les idiots utiles du genre Nouveau centre (des Bermudes !) sans compter l’inénarrable Borloo. Il y a franchement de quoi se marrer puisque le tandem frénétique Villiers-Nihous, a totalisé 4,8 % aux dernières élections européennes. S’ils font des petits, envoyez-les direct au musée de l’Homme.
Un mec, Villiers, qui sort de son trou tous les quatre ans pour le simple fait de crier « et moi, et moi, et moi », relève du gag politique. Et, tout ça, pour grappiller quelques sièges dans les futurs conseils. Villiers n’est et ne sera jamais qu’un excellent organisateur de spectacles (Puy du Fou). Il devrait ouvrir une agence pour politiques en mal de navigation au gré du vent.
Je trouve tout à fait extravagant la mésaventure arrivée au préfet Paul Girod de Langlade accusé, à tort semble-t-il, d’injures à caractère racial par une Martiniquaise, agent de sécurité à Orly. Le préfet a aussitôt démenti – il faut dire qu’il fait l’objet de la vindicte des organismes droit du machin – mais qu’à cela ne tienne, le ministre de l’Intérieur l’a suspendu illico.
Il est tout de même inquiétant qu’un ministre de l’Intérieur, en vacances de surcroît, s’autorise à prendre une sanction sans s’être renseigné auprès de ses services sur la véracité des faits. On comprend bien dans quel estime sont tenus les hauts fonctionnaires de la République (Blanc) dont la parole peut-être mise en cause par un simple agent de sécurité, Noir de son état, cela va sans dire. S’il s’était agi d’un Gaulois, le sieur Hortefeux n’aurait pas bougé le petit doigt.
J’ai eu l’occasion de jeter un œil sur le bazar sportif qui se déroule à Berlin dans le stade réalisé par les nazis et que les Alliés n’ont pas jugé bon de raser comme la ville de Dresde. L’histoire a de ce ces mystères ! Faites l’expérience pendant qu’il est encore temps et comparez le comportement des athlètes Blancs à celui des Noirs et interrogez-vous sur la notion de civilisation.
Je me pose également la question de savoir pourquoi le Jamaïquain Usain Bolt, nouveau gadget du capitalisme publicitaire, ne cesse de mimer avec ses mains un pistolet comme le font les enfants sur l’air de : « Pan, t’es mort ou tu joues plus ! » Sur qui s’imagine-t-il tirer ? Et, dans les gradins, les Allemands de regarder tout ce petit monde s’agiter… comme au cirque.
PS / Les athlètes français brillent, comme d’habitude, par leur absence des podiums.Heureusement le journaliste tiers-mondiste Patrick Montel est là pour justifier les branlées qu'ils se prennent.
12:50 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sport, prefet, ministre de l'interieur
vendredi, 14 août 2009
Mais qu’est-ce qu’elles ont ?
On est très heureux d’apprendre que du haut de sa Tour Prend Garde du cap Nègre, Sarko gère le dossier Clotilde Reiss (photo). Quesaco ? C’est l’histoire toute simple d’une universitaire française que les Iraniens ont embastillée pour avoir participé aux manifestations qui se sont déroulées dans le pays, et notamment à Ispahan où elle réside, suite à la réélection du président Ahmadinejad. La suite on la connaît : procès afin de donner quelque retentissement à l’affaire et plomber Paris avec sa politique étrangère par trop pro-israélienne. Qu’en est-il sur le fond exactement ? Nul ne le sait.
Cela ne vous rappelle rien ? Florence Aubenas, partie en Irak pour le compte de Libération, dont la détention autant que la libération suscitent bien des interrogations et libérée vraisemblablement contre une rançon. Les infirmières bulgares qui vont permettre à Sarko de faire le cake, de mettre son ex-femme Cécilia en valeur quand la Bulgarie paie la note : 72 millions $. Cher pour un coup de pub. L’affaire Ingrid Betancourt va mobiliser tout l’appareil d’Etat pendant des années, alors que la France n’est nullement concernée par cette affaire, sauf que l’otage a quelque chose de français. Elle sera finalement libérée et son état de fraîcheur ne manquera pas de surprendre alors qu’on la donnait mourante. Le lobby médiatico-droit du machin, s’apercevant qu’elle a rencontrée le petit Jésus en cours de route, l’a laissé tombé.
Sarko a ensuite enfourché le cheval Florence Cassez, cette jeune Française impliquée dans une affaire de grand banditisme au Mexique. Là encore, Sarko fera des siennes auprès du président mexicain à qui il rend visite. Il se fera, à l’occasion, castagner par la presse car son séjour aurait été payé par un joyeux milliardaire… et patron de la drogue dans le coin. Le président mexicain ne lâchera rien, le dossier était solide et Sarko passera à autre chose.
Et voici maintenant le dossier Clotilde Reiss. Là encore il va falloir casquer : soit en liquide, soit lâcher du lest sur notre politique iranienne, ce qui serait souhaitable mais on en doute.
Evidemment, pour la télédémocratie, c’est tout bénef. Et c’est mieux que de défendre l’abbé Roland Noel, curé de l’église Croix de Metz à Toul, dont lui et son église sont régulièrement la cible des musulmans locaux qui ont été jusqu’à lui intimer l’ordre de foutre le camp. Ce qu’il a été contraint de faire sans que le maire, Nicole Feidt, socialiste et maquée vraisemblablement avec les milieux francs-macs du coin ou le préfet ne bougent le petit doigt. A Toul, comme ailleurs, au train où vont les choses, les musulmans feront demain la loi.
Seule une bande de jeunes, soutenue par la Nouvelle droite populaire, a osé manifester et prendre la défense du curé et de s’élever contre la démission de ces couilles-molles censées représenter un Etat dont le peuple est exclu.
Une fois de plus démocratie rime avec escroquerie.
14:10 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, otage, rançon
Devoirs de vacances
Chaussé d’une paire de tongs en peau de yak et vêtu d’un pagne assorti, notre agent double Bébert s’est ingénieusement fondu parmi les 40 % de Français qui ne partent pas en vacances. Plutôt que de danser la samba sous les cocotiers, il a médité ce poème de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) : « On appelle vacances les voyages d’agrément d’au moins quatre nuits hors du domicile. »
Longtemps les deux semaines de congés payés conquises par les grévistes du Front populaire et votées le 20 juin 1936 ont épouvanté la bourgeoisie éclairée. Quoi ! Des prolétaires temporairement libérés de la machine oseraient lui disputer le monopole des vacances ? Le spectre du métallo indocile en maillot de bain hante le haut fonctionnaire socialiste François Bloch-Lainé : « Il est nécessaire, pour la sauvegarde de l’ordre public, que les masses ouvrières ne consacrent pas leurs loisirs à développer les fléaux sociaux ou à fomenter des troubles. Tout moyen qui tend à les éloigner de l’alcoolisme ou de la sédition contribue au maintien de cet ordre. L’Éducation populaire en est un : elle offre aux travailleurs des occupations saines et éclairant leur intelligence, les conduit à la modération [1]. »
Modération ? Trois semaines en 1956, quatre en 1969, cinq en 1982... les roublards séditieux en demandent toujours plus. Entre 1951 et 1989, le taux de départs en vacances des Français passe de 31 % à 60,7 % [2]. L’« occupation saine » des salariés devient une activité économique. Dans un secteur de l’hôtellerie-restauration, réputé pour ses conditions de travail idylliques, les soutiers du délassement produisent 6,5 % de la richesse nationale. En 1936, la droite avait rebaptisé « ministère de la paresse » le sous-secrétariat d’État aux Loisirs et aux Sports ; en 2006, le ministre du Tourisme nage le crawl dans les piscines d’euros qu’alimentent 1 million de serveurs et de maîtres nageurs.
Fatuité et farniente
Comme dans l’éducation, la « massification » des vacances n’a pas entraîné de nivellement des inégalités. Au contraire. Vautré devant un compendium de statistiques, Bébert, notre grand reporter, note un creusement des écarts entre les classes sociales. Depuis 1989, le taux de départ en vacances reste bloqué aux alentours de 60 %. Mais il ne s’agit que d’une moyenne. Dans le détail, le ciel de la « démocratie des loisirs » s’assombrit : « En 1999, 43 % des personnes parmi les 10 % de ménages les plus modestes ont effectué au moins un séjour, contre 86 % de celles qui appartiennent aux 10 % de ménages les plus aisés [3] ». La bourgeoisie cultivée combine fatuité et farniente : entre 1957 et 1999, le taux de départs en vacances des cadres et professions intellectuelles supérieures est passé de 82 à 86 %. Durant la même période, ce taux a, pour les ouvriers, régressé de plus de 10 points, passant de 56 à 45 % [4]. Pendant que Jean Daniel félicite BHL pour l’aménagement de son palace « incroyablement luxueux » à Marrakech, moins d’un ouvrier sur deux peut s’offrir une visite chez sa tante bretonne.
Il est en outre hors de question de mélanger les théoriciens cossus du « métissage » avec le tout-venant du salariat. Aux inégalités dans l’accès aux vacances s’ajoutent les inégalités concernant la nature de ces vacances. Quand les pauvres campent avec la marmaille qui braille, visitent les parents, voyagent en groupes ou louent les bunkers en front de mer à la Grande-Motte, les classes aisées choisissent un trekking au Sahara recommandé par Le Nouvel Observateur, un séjour individuel à vocation « culturelle », ou privilégient le tourisme « éthique », qui régénère le citadin par un contact « spirituel » avec la nature ou les autochtones. « La clientèle saharienne, explique l’Unesco, est issue d’une population de cadres moyens et cadres supérieurs, d’enseignants, de professions libérales et médicales, de dirigeants d’entreprises ; en général une population qui dispose de revenus conséquents [5]. »
Ici, la ségrégation sociale rend presque impossible la rencontre au bord d’une plage d’Arnaud Lagardère et d’une caissière de supermarché – à moins que cette dernière n’ait contracté un emploi saisonnier d’hôtesse de yacht. En vacances, la bourgeoisie cultivée n’a qu’une obsession : affirmer son goût de « l’authentique » et se tenir à l’écart des « touristes », c’est-à-dire des salariés en vacances, dont Laurent Joffrin a dressé le tableau délicat : « Beaufs suants, maillots de corps fripés et pastagas éclusés sous le soleil entre la route enfumée et la plage ruisselante d’huile de bronzage » (Libération, 2-3.8.86). Pour maintenir la distance, l’abonné au Nouvel Observateur ou le lecteur des Inrockuptibles doit rechercher des destinations toujours plus lointaines, plus rares, des prestations toujours plus individualisées. Dès 1986, Joffrin s’inquiétait de ce qu’en matière de vacances « petit à petit les moutons se changent en renards et les pauvres sont de plus en plus malins ». Vingt ans plus tard, l'encore directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, aujourd'hui patron de la rédaction de Libération, est en tournée promotionnelle pour son livre sur la gauche caviar. Amnésique, il dénonce le mépris des élites pour le peuple. Blanche-Neige porte la barbiche et marmonne : « Miroir, mon beau miroir... »
[1] François Bloch-Lainé, L’Emploi des loisirs ouvriers et l’Éducation populaire, Librairie du Recueil Sirey, Paris, 1936, p. 15.
[2] Cité par Jacques Chauvin, Le Tourisme social et associatif en France : acteur majeur de l’économie sociale, L’Harmattan, 2002, p. 37.
[3] Céline Rouquette, « Dix ans de vacances des Français », in France, portrait social 2002/2003, Insee, 2003.
[4] Enquêtes Insee sur les vacances des Français.
[5] « Le Sahara des cultures et des peuples : vers une stratégie pour un développement durable du tourisme au Sahara dans une perspective de lutte contre la pauvreté », Unesco, juillet 2003, p. 30.
Source : Le plan B
10:16 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vacances, presse, politique, economie



