mardi, 07 juillet 2009
L’emprunté du bocal!
Au fond, cet emprunt est bien à l’image d’un règne qui n’en est pas un puisqu’il est difficile de le qualifier : parlementaire, certainement pas, présidentiel, certainement, version monarchie constitutionnelle. Et ça n’étonne personne. Certes, Sarko est lui-même un emprunt, plutôt mal placé d'ailleurs, des Français. En attendant, on se bâfre les intérêts. Mais, dans un pays où personne n’est à sa place, Sarko n’est, au final, pas plus déplacé qu’un autre. Il a vu de la lumière, il est entré, s’est installé. Sa vie, d’ailleurs, semble marquée par l’emprunt. Il a emprunté la femme de Jacques Martin, Cécilia, jamais rendu. Mais, comme disait Sacha Guitry, « il n’est de pire vengeance à un homme qui vous a pris votre femme que de la lui laisser ». A peine sur le trône, et pour épater la belle qui voulait se carapater, il a emprunté, avion, bateau et même une baraque chez Disney dans un coin bien bling bling des Etats-Unis. Rien n’y a fait. La belle a malgré tout pris ses clics et ses claques.
En politique aussi, il marche à l’emprunt. Considérant que les mecs de son camp ne suffisaient pas à sa gloire, il est allé dénicher quelques tocards de gauche dans ce marigot putride politico-intellectuel, ce qui va bien ensemble d’ailleurs puisque l’essentiel de l’activité des intellos consiste à réclamer du pognon au politique. Pour le reste, l’intello de gôôche passe son temps à faire prendre des vessies pour des lanternes. Quant au politique, la traîtrise n’est qu’une question de chèque et de hochets divers et variés. Voyez Kouchner.
En politique étrangère, là encore, Sarko emprunte tout à nos faux amis anglo-saxons : Israël, Iran, Irak, Afghanistan. Tout, sauf la Turquie mais pour des raisons purement électoralistes. Il sait que pour les Français, c’est un casus belli. Ce qui le rend de plus en plus étranger aux vrais enjeux européens qui, comme chacun sait, se situent désormais à l’Est. Et pas d'Eden.
Il n’a pas eu le temps d’emprunter la crise qu’elle était déjà là. Nos imbéciles de banquier ne l’ont pas attendu pour faire du Madoff. Là, Sarko-Zorro a comblé quelques trous dans l’urgence. Mais rien réglé sur le fond puisque les banques se reconstituent un trésor de guerre au nez et à la barbe des entreprises et des citoyens.
Et puis, on a eu droit à ce grand moment versaillais dont on se demande toujours à quoi il a servi, si ce n’est à ripoliner la gloire d’un souverain qui n’en peut mais.
C’est alors qu’il nous a sorti du chapeau un comité de pilotage de l’emprunt, avec Alain Juppé et Michel Rocard. Histoire de lui faire savoir à quoi il peut servir. Quand on pense que ces deux zozos ont passé vingt ans à se taper dessus et que d’un coup de baguette magique, Sarko les marie dans la maison de retraite et avec leur consentement, on a la preuve que le discours démocratique dans son ensemble est une vaste couillonnade. Sarko a cette vertu, il met la démocratie à nu et dévoile son ridicule. Ca, au moins, il ne l’emprunte à personne.
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dimanche, 05 juillet 2009
Merde à l'écologie !
Par Antoine Senanque (*)
Jusqu'à maintenant, il faut bien le reconnaître, l'écologie, je m'en foutais complètement. La fonte des glaces, les oursons qui se noient, la couche d'ozone poinçonnée de partout, l'avenir de mes petits-enfants irradiés et la nourriture pesticidée... Sincèrement, je dormais bien avec.
J'avais bien essayé de prendre conscience de ma responsabilité d'être humain, mais en réalité, ma responsabilité d'être humain, j'avais plutôt envie de lui dire d'aller se faire fondre, comme sa soeur, la banquise.
Tout cela ne faisait de mal à personne, puis l'écologie nouvelle est arrivée, pas celle des marguerites et du foin, l'écologie majuscule, la sérieuse, la consciente de..., la responsable de..., celle qui pèse en politique, celle sans qui l'apocalypse serait pour demain matin.
Je suis resté sur mes positions, je me suis rapproché des zones industrielles, j'ai mangé du maïs muté, j'ai aérosolé ma maison, mais j'ai bien senti que je n'étais plus aussi libre de mon inconséquence, l'écologie, on avait plus le droit de s'en foutre. On a d'ailleurs plus droit de se foutre de rien.
Pourquoi ? Parce que la morale.
Pris entre les mâchoires du bien et du mal, le destin de l'inconséquent est d'être mastiqué. L'écologie l'a bien compris, la morale est une arme de construction massive. Après des années de présence virtuelle, et prenant exemple sur de glorieuses réussites antiques, elle se désigne désormais comme l'incarnation du bien commun (le bien commun se définissant comme le bien que l'individu ressent mal). Incarner le bien commun impose des concessions à la tolérance et un détour obligatoire par les chemins de la culpabilité.
Morale et culpabilité partagent siamoisement leur espace.
Le culpabilisateur laïque est la grande figure du monde contemporain. Par un étrange glissement, l'intolérance a quitté sa soutane. Après des siècles de dévalorisation orchestrée par saint Augustin et ses disciples, autour du péché originel qui fit de nous des êtres de faute, nous révélant que le geste le plus anodin, comme croquer une golden dans un jardin, pouvait entraîner une catastrophe collective éternelle, la culpabilité est sortie des églises.
Le monde laïque, qui depuis la révolution a forgé son identité dans la lutte contre le satan religieux, a récupéré son arme la plus nocive. La faute individuelle engage le reste du monde.
Observons l'évolution de la lutte antitabac. Quel a été l'argument fondamental qui a réglé le destin de nos frères fumeurs martyrisés ? Le tabagisme passif. Le fumeur tue. L'homme au clope constitue un danger pour autrui, passant passif inhalateur de volutes. C'est la révélation de la responsabilité collective du futur cancéreux qui a eu la peau de son filtre.
L'écologie applique le même système de culpabilisation de l'individu que l'on retrouve partout dans notre société, une vraie pandémie d'hyper-responsabilisation qui écrase l'homme aspirant à l'humilité de n'être toxique que pour lui-même.
On le sait, la morale est l'impôt perçu par la collectivité sur la liberté de l'individu. Lorsqu'elle nous force à respecter les Dix Commandements, ça va. Je ne suis pas pour le massacre de mon prochain et le respect du père et de la mère me paraît recevable, depuis que j'ai des enfants. Mais Dieu a-t-il écrit sur les tables de l'Arche d'alliance "Tu ne pollueras point ta planète" ? Non. Donc, pas de zèle.
La laïcité se fondamentalise, autour de thèmes qui sont devenus aussi sacrés que les reliques rapportées des croisades : la nature, la santé... Elle a ses adorateurs, elle a ses hérétiques. Son bras séculier s'abat lourdement sur le quotidien de ceux qui n'aspirent qu'à respirer un air qu'elle n'aura pas purifié. Elle a trouvé dans l'écologie son armée d'inquisiteurs, pas plus rassurants que les premiers.
Les avez-vous bien regardés, ces protecteurs de notre avenir qui prolifèrent autour de nous comme des mousses, ces flics sans uniforme qui radarisent notre liberté ?
Ils pensent que le quidam est aussi dangereux qu'une usine nucléaire. C'est sur lui que tous les efforts doivent porter par une rééducation purifiante. Ce ne sont pas seulement des soixante-huitenaires prêcheurs, mais des jeunes gens concernés, énergiques, des bons petits qui pour nous sauver sont prêts à nous pourrir la vie avec une motivation éternellement renouvelée. Ils ne font pas peur, ils sont séduisants pour la plupart, rarement gros, rarement barbus, rarement de droite. Ce sont des braves gens.
Ils ont presque toutes les qualités, il leur en manque une, toujours, l'humour. Un écologiste avec humour intégré n'en est pas un. Le sourire trahit le transfuge. L'écologiste drôle s'occupe de son propre développement durable et pas de celui de la planète. Voir les dernières élections européennes.
Moi, ils m'attristent ces concernés par le futur. Ils croient dur comme fer que la pollution est leur ennemie. Verts de trouille, les écolos, et engagés à coeur battant pour la protection de la nature. Comme si nous la menacions, la nature. J'ai lu qu'à Tchernobyl, poussaient des champignons noirs qui transformaient les radiations en substance organique, qu'une requine blanche, dans un zoo, célibataire depuis trois ans avait accouché d'un bébé requin sans père.
Un clone spontané. La faible nature. La fragile, qui nous a attendus cinq milliards d'années pour rendre son dernier soupir. Elle doit bien rire de notre minuscule toxicité, la vieille infectée, immunisée à mort, par ses anticorps anti-humains.
J'ai toujours pensé que c'était la nature qui nous polluait, pas l'inverse. Elle aura notre peau, l'ingénue. D'ailleurs, elle a commencé, la pollution la plus menaçante pour l'atmosphère terrestre est la plus naturelle de toutes, les flatulences méthanisées de nos soeurs bovines.
Voilà. En tant que citoyen irresponsable, je sais que mon avenir est sans lendemain. Coupable de sérénité. J'inhale à plein poumon les gaz de ma planète. Au bout du compte, il se pourrait que l'air pollué soit le dernier air respirable.
Le Monde 04.07.09
(*) Ecrivain, médecin spécialisé en neurologie et licencié d'histoire
12:54 Publié dans Tribune libre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecologie, politique, capitalisme
samedi, 04 juillet 2009
L'honneur retrouvé des Ch'tis !
Par Philippe Randa
Dimanche soir, les Ch’tis, si connus depuis le film à succès de Dany Boon, seront-ils toujours aussi populaires ? Le sont-ils d’ailleurs encore à l’heure actuelle ? Rien n’est moins sûr. Même si le Front républicain allant du Modem au Parti communiste, soutenu par l’UMP et même, fort élégamment, par certains dissidents du Front national, l’emporte, il y aura eu un « avant » et un « après » électoral.
Car les Ch’tis, quand ils apparaissent sur les écrans alcoolos, rigolards et n’abusant pas trop de leur intelligence, la France entière est pliée de rire. On délaisse alors Disneyland, Thoiry, Nigloland, le parc Astérix ou encore Walibi Schtroumpf pour visiter ce nouveau et si kitch parc d'attraction où l’on peut voir « en vrai » ces drôles d’indigènes qu’il suffit d’écouter parler deux secondes pour s’en payer une bonne tranche. Et les touristes de ne toujours pas en revenir : ils avaient « ça » près d’chez eux et ne le savaient pas ! C’est « cool », la France, quand même !
Seulement, patatras ! Le Ch’ti, ça ne mord pas, mais ça vote ! Le parc d’attraction s’est soudain transformé en jungle où règne une impitoyable loi électorale.
Le candidat du Front national Steeve Briois, avec 40 % de voix au premier tour de l’élection municipale d’Hénin-Beaumont, pourrait emporter la mairie dans deux jours !
Et à ses côtés, une dame blonde souvent « vue à la télé » depuis un certain soir de mai 2002 où son père, après s’être qualifié pour le second tour de la présidentielle, venait d’être largement battu par le syndic de faillite sortant de l’époque. Aucun cadre du Front national, dit-on, ne tenait à essuyer les quolibets après la sévère défaite de leur chef. Vrai ou faux. Quoi qu’il en soit, c’est la fille du chef qui a ramassé la flamme tricolore, un peu comme un soldat relève son drapeau après la bataille pour ne pas laisser à l’ennemi le plaisir de s’essuyer les pieds dessus. Il est toujours étonnant d’entendre depuis contester sa « légitimité ». Ce fameux soir de 2002, non par le sang versé, mais par le courage montré, elle a, n’en déplaise, bien mérité du Mouvement fondé par son père.
Steeve Briois et Marine Le Pen réussiront-ils à emporter la Mairie dimanche soir, c’est-à-dire, sont-ils ou non parvenus - ce vendredi, les jeux sont sans doute faits - à persuader une majorité d’électeurs que leur victoire ne déclenchera pas l’apocalypse prédite par leurs adversaires ?
Car, une fois de plus, personne ne parle beaucoup de programme politique. Côté Briois-Le Pen, on communique essentiellement sur le thème : « Ils vous ont trompé, ils vous ont volé, ils continueront » et côté anti-Briois-Le Pen, on rabâche : « Le fascisme ne passera pas ! », ce que certains esprits chagrins pourraient bêtement traduire par « le fascisme, c’est quand on ne vous ment pas et qu’on ne vous vole pas. »
Dimanche soir, quel que soit le résultat, une chose est d’ores et déjà certaine : le parc d’attraction ch’tis ne sera plus vraiment ce qu’il a été depuis février 2008, date de sortie du film de Dany Boon.
Je serais Ch’ti, je ne suis pas certain que cela serait fait pour me déplaire tant que ça !
09:03 Publié dans Tribune libre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, front national, socialiste
jeudi, 02 juillet 2009
Parlez-moi d’emprunt !
De vous à moi, j’avoue ne pas comprendre grand chose aux problèmes d’argent et encore moins à ses techniques. Faute d’en avoir, je suis soulagé du souci de le préserver. Un jour, j’ai eu l’occasion d’interroger un homme riche qui m’a avoué que ne faire que du fric n’était pas très valorisant, que c’était même un exercice très pauvre intellectuellement. Je veux bien le croire. L’argent pour l’argent, il me semble que Charles Péguy a écrit quelque chose là-dessus. Mais, du couple frénétique qui multiplie les casse-croûte genre Kouchner-Ockrent aux finances de l’Etat, il y a une marge. Je pense. Sinon y a qu’à coller Attali aux finances et roulez jeunesse ! Je n’ai plus le souvenir de ce qu’avait fait Fafa (Fabius) dans le bouclar, mais Mitterrand lui doit la reconversion-mutation du socialisme au capitalisme d’affaires. Il y a des mecs qui se sont goinfrés en Bourse. L’un d’eux m’a avoué s‘être offert sa première Ferrari (pas la speakrine).
Saharcausie n’a finalement pas de pot, il a loupé les années fric vu qu’il est passé direct aux années de plomb. Merci Madoff, un mec de la famille pourtant. Donc Saharcausie, qui n’arrive pas à s’en sortir, semble-t-il, a décidé de lancer un grand emprunt auprès des Français.
Il se fout de nous ou quoi ? D’abord, c’est qui « les Français » ?
Essentiellement la classe moyenne, celle sur laquelle on tape sans cesse. Celle qui a déjà renfloué le Crédit lyonnais, celle qui a prêté de l’argent aux banques suite à toutes leurs conneries en Bourse en achetant des Madoff pourris (je généralise), celle-là même que les banquiers – hein Bouton…de culotte – enquiquinent en permanence au moindre découvert, celle-là même encore des petits patrons à qui ces mêmes banquiers véreux refusent des crédits pour payer leurs ouvriers. Ces banquiers et ce système bancaire le plus pourri de la planète et contre lequel l’Etat français ne fait rien ! Un emprunt ? Autrement dit hypothéquer un peu plus notre avenir alors que les intérêts de notre dette, déjà faramineuse, ne cesse de grimper ? Et grâce à qui à votre avis ?
Et, si l’on faisait des économies en taillant dans le train de vie de l’Etat ? Quelques pistes. On pourrait commencer par supprimer le Sénat. On pourrait ensuite regrouper, en éliminant, les personnels des conseils généraux et régionaux. On pourrait expertiser les dépenses de santé, les comptes sociaux, notamment tout ce qui touche de près ou de loin à l’immigration, éradiquer tous les comités Théodule genre la Halde. On n’a que l’embarras du choix. Surtout, si c’est pas politiquement correcte ! Il ne manque que la volonté politique. Comme d’habitude.
Alors parlons-en de cet emprunt, car là aussi il y a de quoi se marrer franchement. Figurez-vous que Fillon, ce fou du volant, a convié ses ministres à un séminaire pour leur demander d’avoir des idées sur l’emploi de cet emprunt ! On rêve. Autrement dit ce gouvernement de baltringues ne sait pas quoi faire de cet emprunt. Sarkozy a dû balancer cette idée suite à une partie de « fumage » de moquette un soir d’ennui avec sa chanteuse. Demander à un ministre d’avoir des idées ? C’est comme demander à Yann Arhtus Bertrand d’être écolo.
On va continuer encore longtemps à prendre les Gaulois pour des imbéciles ?
09:58 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, emprunt, etat, politique interieure



