lundi, 08 juin 2009
Des européennes sans Europe !
C’est Jean-Luc Mélanchon qui a le mieux commenté les résultats de cette élection européenne : les Français ne veulent pas de cette Europe là. Cette Europe en question, c’est celle, technocratique, de Bruxelles ou de Strasbourg sur laquelle les Européens n’ont aucune prise. C’est une Europe du fric aux mains des lobbies, une Europe qui se gausse des peuples et de la personnalité de chacun d’entre eux. C’est une Europe sans conscience politique, sans vision géopolitique et sous influence. Les députés européens sont des guignols impuissants et les eurodéputés français largement débordés par les Anglais ou les Allemands qui ont formé depuis longtemps le personnel ad hoc. La France ne s’impose à Bruxelles – et encore, voir la crise du lait – qu’en situation de rupture et quand le pouvoir politique s’en mêle pour régler en général un problème de politique intérieure. De ce point de vue, nous ne sommes pas les seuls à dénoncer cette Europe-là. Ce reproche est d’ailleurs général sur le continent.
Mais, à qui la faute, quand le mandat européen sert en politique intérieure à récompenser ou recaser des élus qui n’ont aucune compétence particulière. Le cas de Rachida Dati n’est pas isolé. Et le vote des électeurs ne fait que confirmer l’absence d’intérêt pour ce « bazar ».
On notera en premier lieu le fort taux d’abstention – près de 60 %. C’est le premier démenti. Ensuite, le score de l’UMP est médiocre – autour de 28 % -, même s’il arrive en tête, dans un paysage politique dévasté par un Sarkozy qui s’ingénue à brouiller les cartes et casser tous les repères.
Les échecs successifs du Parti socialiste l’ont anéanti et il n’arrive pas à cadrer son discours dans ce contexte de crise économique majeure. Etre anti-libéral ne suffit pas. Le PS a du mal à formuler une vision politique globale et cohérente de la société française dont il est déconnecté. Sarkozy est basique et pragmatique et carbure à l’esbroufe. Il occupe tout le champ médiatique sans exprimer pour autant une vision socio-économique cohérente. Pour des raisons qui nous échappent – pas tant que ça quand même – il a décidé d’aligner sa politique étrangère sur celle des Etats-Unis. Il va avoir des surprises, Obama opérant des revirements, notamment sur le Moyen Orient, lourds de conséquences.
Et le score des Verts de terre ! 16 % à parité avec le PS. Mais c’est un score qui nie l’Europe à plein nez. Les écolos n’ont aucune substance politique, c’est un vote par défaut quand on ne veut pas se prononcer pour la droite ou la gauche. Le seul dénominateur commun à tous ces gens-là, c’est le casse-croûte. Cohn-Bendit est depuis belle lurette un suppôt du libéralisme ambiant et un parfait opportuniste. Que vient foutre la mère Eva Joly dans ce bazar ? Expliquez-moi ça. Manquent Hulot et Arthus Bertrand pour compléter le tableau, mais eux ont trouvé d’autres filières pour se faire du pognon, nettement plus lucratives. Inutile de dire qu’à l’Europe, tout ce petit monde ne pèse rien. Donc ce vote n’a, en soi, rien d’européen.
La déculottée que vient de prendre François Bayrou est intéressante car elle situe bien le personnage sur la scène politique française. Il va falloir qu’il revoie ses théories et son égo surdimensionné vient d’en prendre un coup.
Non, ces élections, d’ailleurs expédiées en deux temps trois mouvements par les partis, n’intéressent personne. Ce qui, en soi, est fort dommage. Car cette Europe est une réalité avec laquelle on doit compter chaque jour. Si nous avions une classe politique responsable, on formerait un personnel en conséquence qui pourrait alors peser sur les décisions de Bruxelles ou de Strasbourg. Je ne dis pas que l’on s’en porterait mieux, je dis simplement qu’on cesserait d’être absent d’un jeu qui se fait souvent sans nous. Ce ne sont pas les gens qui manquent, c’est la volonté politique. Retour à case départ.
10:09 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, partis, france
samedi, 06 juin 2009
6 juin et si lointain
Ca y est, les Ricains sont de retour en Normandie. Hier, Paris, c’était l’enfer. Figurez-vous que les flics, sur ordre de Zébulon je suppose, avaient interdit l’accès aux artères empruntés par le nouveau pote de Sarko. Je vous dis pas le bordel dans la capitale avec des automobilistes désemparés, hagards, déboussolés ne sachant plus à quel chemin se vouer. Tout ça pour célébrer l’invasion américaine de juin 1944. Zébulon devrait présenter l’ardoise des dégâts causés en Normandie par cette armée de truands et de mafieux qui ont dévasté sans vergogne une Normandie qui mettra 20 ans à s’en remettre.
Ces commémorations, dont notre belle jeunesse n’a rien à cirer vu que pour elle c’est le Moyen Age et pour nous un fort mauvais souvenir (on a quand même pris une branlée, merci à Léon Blum et son Front populaire), ne servent plus à grand chose et constituent une incongruité à l’heure même où, souvenez-vous, De Gaulle a scellé la réconciliation franco-allemande avec Adenauer.
Et, l’alliance avec les Allemands, malgré la mère Merkel, est autrement plus importante qu’un roulage de pelle avec le faux ami d’hier et l’ennemi d’aujourd’hui. Nos gouvernants ont oublié que le plan Marshall a signé la mise sous tutelle des Européens et sa sortie de l’histoire.
La donne a désormais changé et nos regards se tournent vers l’Est. Car à l’Ouest … rien de nouveau.
11:58 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politigue, géopolitique, amérique, sarkozy



