lundi, 01 juin 2009
Tragique accident… et alors ?
Ah, voici un sujet bien saignant : un avion franco-allemand A320 vient de se cracher dans l’Atlantique au large du Brésil. Il a , semble-t-il, explosé en plein vol. Cette info apparaît nettement plus bandante que l’Europe vu que ça mobilise toutes les téloches et les radios. On ignore tout de ce qui est arrivé, raison de plus pour en parler. Et, pour clore ce qui n’est, somme toute, qu’un regrettable et imprévisible accident – la modernité a un prix - , Sarkozy se déplace à Roissy.
Mais pour quoi foutre ?
Hors les familles - on ne peut que compatir - tout le monde s’en tape de ce zingue qui s'est cassé la gueule. Surtout les bons Gaulois qui vivent dans ces banlieues merdiques et qui sont agressés régulièrement, les pompiers qui se font caillasser ou les flics tirer dessus à la kalachnikoff. C’est là qu’on aimerait le voir le président de la république bananière. Lui, quand il se déplace, il est suivi d’un régiment de flics ou de CRS, tellement il a la trouille du bon peuple. Mais aller faire le zouave à Roissy où sont concentrées les caméras, où il ne se passe dramatiquement rien, alors là, oui, ça vaut le déplacement. Hein Marcel !
J’oubliais, on est chez Guignol. Le spectacle continue.
21:09 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : civil, aviation, accident, president
Allo la terre ? Ici Bayrou
Le sieur François Bayrou commence à poser un problème à la classe politique française dont le phénomène n’est pas inintéressant à observer depuis la planète Sirius. Bayrou qui s’était retrouvé fort marginalisé au lendemain de la présidentielle de 2007, rongeait son frein et adoptait la stratégie de rupture avec la droite, ou plutôt vis-à-vis de Sarko, personnage qu’il déteste entre tous.
On oublie toujours que Bayrou vient du CDS, les chrétiens de gauche (autrement dit « comment devenir socialiste »), une race qui vient après celle du crapaud, et qu’il penche plus naturellement à gauche qu’à droite. Sauf que, comme son MoDem l’indique, Bayrou ne chasse qu’au centre – à l’extrême centre disent certains – c’est-à-dire dans les marges de la droite et de la gauche. La définition de Jospin selon laquelle le centre c’est le triangle des Bermudes, dès qu’on est au centre on disparaît, est vrai en général mais pas du tout en particulier (rappelez-vous Giscard). Sauf que Sarrkozy a changé la donne politique française en allant chasser sur les terres de la gauche et bouffer l’oxygène d’un Hollande qui n’en peut mais, ou d’une Martine Aubry aux prises avec tout le monde et Ségolène en particulier. Sarko a obtenu l’effet qu’il recherchait : étouffer une gauche qui n’a plus aucun projet et qui est vautrée dans les querelles de personnes. Tout le monde veut exister au PS où les courants s’entrecroisent comme autant de courants d’air.
De L’Europe, personne n’a quasiment parlé, sauf de Rachida Dati pour dire qu’elle allait riper à Strasbourg et que ça la gonflait. Bref, Sarko a déblayé le terrain sur la gauche. Il ne reste plus à Bayrou que de nettoyer le terrain à droite. Pas le plus difficile avec un Sarkozy qui navigue à vue et qui commence à exaspérer tout le monde. Du coup, l’idole du Béarn remonte dans les sondages. C’est mathématique aurait dit le professeur Tournesol. Bayrou peut commencer à rêver. Reste que si l’on ne sait pas ce qu’est le sarkozysme, on en sait encore moins sur le bayrouïsme si ce n’est que ce sont deux facettes de l’opportunisme politique au service d’une ambition personnelle. Et la France dans tout ça ?
09:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, droite, gauche
jeudi, 28 mai 2009
C’est lassant de se répéter
Je ne veux pas rentrer dans le détail des quotas laitiers dont les Français veulent le maintien et les autres pas. Quotas qui, de toute manière, sont appelés à disparaître vers 2015. Le fond du problème n’est pas là. Il est dans ce scandale qui dure depuis des décennies que des agriculteurs et autres éleveurs ne vivent que chichement du produit de leur labeur. Et côté labeur, on sait tous que c’en est un. Quand la grande distribution fait la pluie et le beau temps sur les prix en général au détriment des producteurs en particulier, je dis qu’il y a un malaise parfaitement identifié. Quand la grande distribution achète des fruits et légumes à l’étranger (on en comprend bien la logique libérale pure et dure), je dis qu’il y a quelque chose qui tourne pas rond. Or, l’Etat n’intervient en général qu’en cas de crise. Si l’on rajoute à cela les règlements européens qui se barrent dans tous les sens, on donne dans la cacophonie.
Tout cela n’empêche pas Sarkozy d’aller faire le zouave dans les Emirats arabes pour y installer une base militaire française. Mais qu’est-ce qu’on va foutre dans cette galère moyenne orientale où tous ces marchands de chameaux sont aux ordres de Washington qui leur garantit la sécurité de leur magot ? Non, Sarkozy a d’abord voulu ouvrir un magasin, histoire de fourguer du matériel militaire (on leur a vendu 400 chars Leclerc qui ne doivent pas servir à grand chose !) et surtout aider Dassault à vendre ses Rafales dont personne ne veut. Non que ce zingue soit mauvais, mais les Américains verrouillent le marché. Et, demain, les Russes. Je pense qu’on veut aussi leur vendre du nucléaire et le dernier réacteur made in Areva. Mais, n’est-ce pas un peu cher payé pour installer un tel supermarché dans le désert, même si les plages sont belles et que nos militaires vont pouvoir se baigner toute l’année. Par ces temps de crise, l’addition risque de faire tiquer le contribuable. C’eût été fait dans un cadre européen, je dis pas, mais c’est pas le cas. D’ailleurs parlons-en de l’Europe. Marrant comme Sarkozy est muet sur le sujet depuis qu’il a joué les Schwarzenegger, version l’effaceur, pendant six mois. Depuis plus rien, une vraie baudruche.
Pendant tout ce temps perdu à rien, dans les banlieues les mecs sortent les Kalachnikoff et ça surine sec dans les écoles. Les têtards de 10-12 ans montent au turbin. Alors Darcos et Alliot-Marie nous sortent illico un discours sécuritaire de circonstance et auquel il n’est pas un seul Gaulois pour y croire. Car le mal est bien plus profond et nos politiques en sont les premiers responsables (on se répète depuis des lustres sur le sujet). Qu’il s’agisse de l’école ou des banlieues, si nous en sommes-là (et encore, il ne faut pas se plaindre, c’est tout de même assez calme), c’est bien parce que nos politiques ont toujours refusé d’aborder de front le problème de l’immigration. Ils ont laissé pourrir la situation. Au point qu’on est en train de tuer la démocratie (enfin ce qu’il en reste). Pour une fois Villepin Galouzeau du machin a raison : « On trie les décombres d’un monde en train de s’écrouler. »
11:41 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, militaire, europe, democratie



