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samedi, 28 juin 2008

De Charybde en Scylla

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De vous à moi, je n’aimais pas beaucoup Jacques Chirac et je savais qu’il n’y avait pas grand chose à attendre de lui. Sa taille était inversement proportionnelle à ses convictions. En fait, de convictions Chirac n’en a jamais eu. C’était un pragmatique, il n’agissait qu’en fonction des urgences de l'heure. Mais de vision géopolitique, point. Chirac, c’était un chef de bande, version château fort et spécialisé dans le détroussage de la malle poste. Il avait compris qu’il fallait beaucoup d’argent pour faire face aux élections, alors il rançonnait à tour de bras, la mère Casetta n’étant jamais que l’infime partie émergée de l’iceberg. Au fond, Chirac n’a aimé qu’une seule chose dans sa vie, se présenter aux élections quelles qu’elles soient. Après, l’homme retombait dans sa léthargie naturelle. Marie-France Garaud qui l’a cornaqué un temps se défend d’avoir eu à son égard ce mot cruel et pourtant si vrai : « Je croyais qu’il était du marbre dont on fait les statues, c’était de la porcelaine dont on fait les bidets. »
L’homme lui-même se contentait de peu, n’avait pas la folie des grandeurs en matière de résidence, peu de lubies et solitaire par nature. Aucun pote. Il avait une sorte de boulimie élective et l’amour des « sumo » japonais… allez savoir pourquoi. Jamais, je dis bien jamais, Chirac n’a eu un seul mot sur la défense et illustration de la culture française. La culture, chez lui, n'a jamais dépassé le cul des vaches !
Dans un autre genre, mais à l’identique, on trouve Nicolas Sarkozy. L’un est grand, l’autre est petit, l’un n’a rien fait pendant 12 ans, l’autre a lancé trente six chantiers en un an. L’un a laissé la France pourrir dans son jus, l’autre est en train de la  mettre à feu et à sang à tous les échelons de la société et de l’administration françaises. Chirac était immobile. Sarkozy c’est l’agité du bocal. Jamais ici, toujours là. Il est à peine parti qu’il veut déjà rentrer… pour retrouver madame devant sa cheminée. Comme tous les hommes politiques, les deux sont des sauteurs car les femmes aiment le pouvoir et y cèdent facilement. Mais rarement un président de la République n’aura transformé sa romance en un feuilleton illustré pour midinette. Il quitte Cécilia – ou plutôt elle se tire – et tombe dans les bras de Carla. C’est Bollywood ! Et pathétique !
Sauf que diriger une nation n’est pas un scénario de film, et encore moins un roman feuilleton. Un pays, ce sont d’abord des réalités qui demandent une véritable osmose avec le peuple que l’on dirige. Et là, nous sommes très loin du compte. N’est pas roi de France qui veut. Et Sarkozy ne dirige pas, il gère et va devoir gérer de plus en plus le bordel qu’il est en train de foutre : carte judiciaire, réforme des armées, retraites, idiot-visuel mais beaucoup plus grave un atlantisme plus qu’avéré à l’heure même où les regards des Européens devraient se porter sur l’Est du continent. On va prendre la présidence de l’Union européenne sur fond de renouvellement du « non » à cette Europe technocratique et déjà Sarkozy a fait savoir que les Irlandais devraient revoter « dans le bon sens ». On croit rêver. Il a déjà tout faux. L’Europe à 27 voix discordantes, c’est une Europe affaiblie et qui n’a aucun crédit. Les Russes l’on si bien compris qu’ils négocient pays par pays. Et ils sont en position de force. Il faudrait surtout en finir avec ce capitalisme anglo-saxon qui est en train de nous ruiner.
Sarkozy, combien de divisions ? Sa petite montre, son petit couteau et sa petit nana ! C’est un peu court face à Poutine. Qui seul est grand !