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lundi, 07 avril 2008
Libérez-les tous !
C’est tout à la fois lassant et comique. Ce week-end encore, les foules démocratiques éplorées, toutes ces bonnes âmes suant la compassion ont encore défilé dans un Paris frisquet et pluvieux.IL faut dire que la matière ne manque pas. Il y d’abord la mère Betancourt, elle a le mérite de l’ancienneté. Ca fait des années que de marche en marche, de foules anonymes en Sarkozy, on réclame sa libération. Les FARC a priori s’en foutent, ils sont planqués dans la forêt où il est quasi impossible de les déloger. Et puis, il y a en arrière plan la drogue qui sert autant les intérêts des guerilleros, du gouvernement colombien que de la CIA très bien implantée. Tout le monde se sert dans cette tambouille. Alors la mère Betancourt, tout le monde s’en fout.
On a défilé aussi, ou on s’apprête à le faire, contre la Chine pour les horreurs qu’elle perpétue au Tibet. On veut embêter les Chinois et on profite des Jeux olympiques.
Je l'avoue, la cause est grave, car voici des lustres que les Chinois éradiquent la culture tibétaine, déportent et importent des populations. On nage en plein foutoir. Et ça ne date pas d’aujourd’hui. Un de mes amis me faisait la remarque suivante : y-a-t-il encore un Tibétain au Tibet ? Bonne question. C’est bien de gueuler, de défiler – ça fait une sortie avec les gosses le dimanche quand on ne sait pas quoi foutre – mais comme dirait Chirac : « Ca m’en touche une sans faire bouger l’autre. » Hein, monsieur Ménard, l’ayatollah de Reporters sans frontières. Il a eu son quart d’heure de célébrité à la téloche le Ménard comme dirait le cousin Andy Warhol !
Voici belle lurette que les Européens ne pratiquent plus la politique de la canonnière pour la bonne raison qu’ils ne font plus de politique du tout. On est à la traîne et à la remorque d’on ne sait quel fantôme quand celui-ci ne s’appelle pas l’Amérique. L’Amérique ? Parlons-en. Elle n’a jamais pris l’exacte mesure de ce qu’est la puissance et de surcroît, les Américains sont de piètres guerriers. Depuis la fin de la dernière guerre, ils ne font que des bourdes géopolitiques dont nous payons en retour la note.
Certes, me direz-vous, la logique d’une puissance maritime n’est jamais celle d’une puissance continentale. Nous sommes bien d’accord. C’est la raison pour laquelle, le mur de Berlin tombé, nous aurions dû prendre nos distances avec et l’Angleterre et l’Amérique. Ce qui ne veut pas dire qu’il fallait couper les ponts. Non, il aurait fallu initier d’autres rapports.
D’avoir laissé, sans moufter, bombarder la Serbie par des avions américains donne l’exacte mesure de ce qu’est cette Europe gouvernée par des eunuques.
Le seul qui regarde d’un air goguenard toute cette agitation, c’est Vladimir Poutine. Il se demande à quelle sauce il va manger tout cela. Peut-on lui donner tort ?
10:40 Publié dans Humeur vagabonde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poliique, litterature, culture, idées, france, paris, droite
mardi, 01 avril 2008
Digression sur une banderole
Lors des faits, le président de la République et sa suite ont d’ailleurs superbement ignoré l’incident et les banderoles ont été retirées. On aurait dû en rester là et ne donner aucune publicité à cette affaire.
Soyons sérieux, car de quel poids est cette banderole face au suicide de cette mère de famille de deux enfants, secrétaire depuis vingt ans chez Peugeot et que l’on a poussé vers la sortie sous couvert de départ volontaire ? C'est ni plus ni moins du harcèlement psychologique comme l’affirme l’avocat de la famille.
Et les 1 090 ouvriers, toujours de chez Peugeot, qui vont bientôt prendre le même chemin ! Imagine-t-on un seul instant la casse sociale et le désarroi dans lequel on va plonger toutes ces familles, quand dans le même temps, sur les plateaux de télé, la « bien-pensance » est à l’œuvre et s’interroge sur le sort à réserver aux zozos qui ont osé dauber sur le film de Dany Boon (qui vient de se mettre plus de 3 millions d’euros dans les fouilles en reconnaissance d’un juste talent).
Que dire encore des 600 ouvriers de l’usine de Gandrange, eux aussi immolés sur l’autel du capitalisme financier. Qu’avait besoin Arcelor, aciérie européenne, franco-luxembourgeoise exactement, d’aller se fondre dans un conglomérat mondialisé. Le sieur Mittal, patron de ce bouclar raisonne en financier du grand capital : on ferme ici, on vend là et on ramasse les bénéfices. Où est la vision géopolitique dans cette affaire ? Nulle part.
Qu’en pense la bien-pensance de toutes ces familles qui vont se retrouver dans le besoin ? Qu’en pense monsieur Xavier Bertrand, ministre du Travail justement et l’homme fort du gouvernement paraît-il ? Qu’en pense notre président qui avait dit « l’Etat prêt à investir sur le site avec ou sans Mittal » ?
Alors, à tous ces idiotsvisuels qui nous emmerdent avec leur histoire de banderole, on leur fait un bras d’honneur.
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