Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Retour de manivelle

    Personne ne semble avoir remarqué la chose suivante : il y a presque vingt ans maintenant l’URSS sombrait dans le chaos pour accoucher d’une nouvelle Russie. Le capitalisme triomphant n’avait plus d’ennemis et désormais le rêve américain d’un monde globalisé – consistant essentiellement à vendre leurs merdes aux quatre coins de la planète – pouvait enfin se réaliser. C’est alors que les financiers s’en donnèrent à cœur joie. L’homme de culture s’est trouvé d’un coup totalement dépossédé de ce qui donnait du sens à sa vie : une culture propre, le maniement des idées, une certaine idée du monde d’où découlait un ordre moral qui régulait les rapports entre les êtres, des peuples avec des identités que le comte de Keyserling avait consigné dans Analyse spectrale de l’Europe.
    D’un coup, tout ce monde-là s’est trouvé balayé et c’est soudain la loi du marché qui s’est imposé à tous, un marché sans foi ni loi, n’obéissant qu’aux sacro-saints actionnaires. Faire de plus en plus de bénéfices. A ce petit jeu, le capitalisme triomphant au travers d’escrocs patentés de la finance –  et que les plus hautes instances américaines laissèrent croître et prospérer comme Alan Greenspan - , se livrèrent à une sorte de pillage dont les classes moyennes ne pouvaient à terme que faire les frais. La suite vous la connaissez.

    Il ne vous a pas frappé – quelle belle coïncidence –  qu’à l’heure même où une certaine phase du capitalisme se casse complètement la gueule pour un coût dont nous ne connaissons pas encore le prix, voici qu’émerge de nouveau sur la scène politique et géopolitique la Russie. La Russie, qui n’obéit qu’à certaines règles du capitalisme et certainement pas à celles des anglo-saxons (dont nous sommes les victimes). Elle est désormais une puissance incontournable. Et ce à plusieurs titres.
    D’une part, grâce à Vladimir Poutine, la Russie a renoué avec son histoire impériale et retrouvé son identité culturelle que le communisme n’avait d’ailleurs pas gommée. La Russie, qui possède à elle seule une large part des ressources énergétiques mondiales devient, ispo facto, la première puissance continentale malgré la présence de la Chine et de l’Inde. Incontournable enfin, parce que à la différence d’une Europe en plein désarroi et d’une Amérique affaiblie par son obsession de l’argent comme seul et unique horizon historique, Poutine a une vraie vision du monde même si nous ne pouvons, à ce jour, en décrypter tous les véritables desseins.
    Incontournable enfin, parce que nous allons assister à une confrontation bien réelle celle-là entre puissance maritime et puissance continentale. L’Amérique désormais ne peut plus considérer la terre entière comme son terrain de jeu. D’autant que sa puissante armée est un leurre, car elle repose entièrement sur du matériel, de la technologie et pas sur les hommes. Le soldat américain n’est pas un guerrier (c’est avant tout un consommateur) et tous les engagements Américains depuis 1945 nous en ont apporté la preuve (Corée, Vietnam, Afghanistan, Irak).
    Vingt ans après la victoire du libéralisme sur le communisme, le libéralisme est en crise et se heurte désormais à une Russie qui entend bien assumer son destin impérial. Ca va saigner.
    Nous, évidemment, on a déjà fait nos choix.

  • UN CAMELOT À L'ÉLYSÉE

    Mon ami Philippe Randa, qui commet chaque semaine un édito de grande tenue, nous livre cette semaine une analyse des plus pertinentes de Nicolas Sarkozy à laquelle nous ne trouvons pas l’ombre d’une virgule à retirer. Aussi a-t-on a décidé, en notre âme et conscience, de vous faire partager le plaisir qu’on a pris à le lire.

    Nicolas Sarkozy continue de se présenter en homme nouveau, prêt à toutes les actions et les réformes possibles, imaginables, nécessaires, urgentes, innovantes, jeunes, modernes, dynamiques, on en passe et on en oublie sûrement… et personne ne vient lui rappeler que si rien n’a été fait à temps pour prévenir les difficultés du présent sans compter celles à venir, il n’y est tout de même pas totalement étranger : ancien ministre et même ministre d’État, outre ses nombreuses responsabilités communales, départementales ou régionales, qu’a-t-il jamais fait de concret en près d’un quart de siècle au service de l’État ?
    Rares sont désormais les médias assez libres pour dénoncer l’imposture du personnage.
    Certes, le spectacle de Nicolas Sarkozy est le seul à l’affiche, l’opposition politique est inexistante. Aussi, aurait-il bien tord de se gêner à occuper le terrain social par de fracassantes déclarations, de celles, de préférences, qu’on n’attendait pas dans sa bouche. Par exemple, hier à Toulon, devant 4000 de ses partisans, il a savamment discouru une heure durant pour expliquer comment va le Monde… ou plutôt comment il ne va pas, car nous avons frôlé le précipice et l’avons échappé belle quand le boulet de la catastrophe économique nous a frôlé. Et « la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d’achat… ». S’il le dit ! Rien n’est terminé et pour beaucoup le pire est à venir car tout est encore à faire, mais il est là pour cela, n’est-ce pas et on va voir ce qu’on va voir. Pourquoi pas ! Mieux vaut tard que jamais…
    Cette crise venue d’outre-Atlantique, c’est tout bénéfice pour l’actuel hôte de l’Élysée qui peut continuer à arborer le costume de l’homme providentiel. Pour cela, il martèle quelques vérités et sonne le tocsin. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir prévenu les Français. Pour cela, il souhaite leur « dire la vérité ». Ce qui semble être la moindre chose de la part du Premier d’entre eux.
    Mais c’est aussi la fausse note qui fait craquer le vernis et rompt l’enchantement !
    Car en répétant une fois de plus qu’il dit la vérité aux Français, comme si cela ne coulait pas de source, Nicolas Sarkozy est semblable à ces personnages qui se croient obligés de clamer leur honnêteté. Ces individus qui jurent qu’ils ne vous trahiront jamais. Ces êtres qui vous martèlent qu’ils sont vos amis. Ces interlocuteurs qui promettent de ne jamais vous mentir… Toutes choses dont l’évidence devrait se suffire à elle-même pour qu’il soit aussi outrageant de les mettre en doute qu’inquiétant de s’en vanter !
    C’est pour cela sans doute que le long discours du Chef de l’État sur la politique économique, souvent frappé au coin du bon sens, des bonnes intentions, des promesses merveilleuses et des engagements de bon aloi, laisse quelque peu dubitatif.
    On l’écoute parce que le numéro est bien fait, bien huilé, que l’artiste a du rythme et du métier. Un peu comme ces camelots dans les foires qui vous vantent à merveille le dernier robot multifonctions dont vous ne pouviez déjà pas vous passer avant même qu’il n’ait été imaginé.
    C’est presque automatiquement, quasi-inconsciemment, que vous vous apprêtez à l’acheter, quand brusquement retentit en vous un petite sonnette d’alarme…
    C’est que vous en avez déjà acheté tant et tant, de ces merveilleuses machines qui finalement se ressemblent toutes… et que vous avez soigneusement rangées au fond d’un placard, faute d’avoir jamais trouvé l’occasion de les utiliser.
    Un discours de Nicolas Sarkozy, c’est un peu la même chose : c’est merveilleux, c’est excitant, c’est tentant, mais c’est finalement bien inutile !
    Et puis, à force, on n’a plus vraiment beaucoup de place dans les placards !

    Philippe Randa
    www.philipperanda.com.

  • Va-t-on solder le capitalisme ?

    Ca a tangué fort ces derniers temps et le capitalisme en a pris un grand coup dans la figure. Cela dit, rassurez-vous – non vous êtes comme moi, vous en avez rien à foutre – le capitalisme ne se cassera pas la gueule parce qu’à la différence du marxisme – une doctrine qu’on a quand même aussi un peu rigidifiée – il n’a pas de dogme. Le capitalisme a mille visages et c’est même le seul et unique modèle économique. Tout dépend de ce que l’on en fait. Le capitalisme, c’est simple : une matière première, la main de l’homme pour la transformation, la vente avec une plus-value correspondant à la sueur du gazier et le tour est joué. Avec le bénéfice, on créé de l’échange c’est-à-dire du commerce. Point barre. Je suis simpliste ? Un pauvre nœud-nœud ? Ben voyons. Sauf que cette crise du capitalisme repose en grande partie sur l’effondrement de l’argent virtuel avec lequel les mecs faisaient mumuse à Wall Street et ailleurs. Le capitalisme financier était devenu tellement tordu que les mecs spéculaient sur de l’argent qui n’existait pas dans la réalité. Ils en avaient plus rien à foutre du prolétaire les traders de mes deux, sapés comme des Milords et roulant en Ferrari. Ce n’était plus de la finance qu’ils faisaient, ils jouaient au loto les mecs ! En revanche, ils encaissaient bel et bien les mises.
    Donc, retour au réel. Et c’est ce qu’a laissé faire Alan Greenspan, l’ancien patron  de la FED (Federal Reserve Board) américaine, tant ses petits copains se faisaient de pognon. Et ce mec passait pour un gourou de la finance. Un escroc, oui. Et maintenant, il chiale sur le mur de ses lamentations ! Même un mec dangereux comme Georges Soros, un pur spéculateur qui a fait beaucoup de dégâts en Europe, le considère comme responsable de la situation actuelle. C’est dire.
    Retour à la case départ. C’est-à-dire sur les grandes banques qui travaillent à ciel ouvert et dont le boulot n’est pas d’arnaquer le client (enfin pas trop). Il est sûr qu’un grand coup de balai va être donné. Mais, pour déboucher sur quoi ? On n’en sait rien. On sait qu’une seule chose, c’est encore le contribuable avec ses petits bras, ses petits salaires, ses petites retraites, qui va éponger la dette de mecs qu’on devrait foutre en taule.
    Alors, du capitalisme oui ! Mais encadré, créant des entreprises et donnant du travail aux hommes. Je connais bien la France et ses artisans qui ont un savoir unique, qui ne manquent pas d’imagination. C’est eux qu’il faut aider. Mais aussi la PMI-PME industriel ou non. Il faut promouvoir tous les secteurs où c’est la matière grise qui crée de la richesse. Faudrait, y a qu’à ! je sais. Faudrait des responsables politiques européens moins cons et vraiment européens.
    Une bagarre de lilliputiens trisomiques se déroule au Sénat pour savoir qui de Larcher, de Raffarin ou de Marini va l’emporter ! Sauf que cette institution qui ne sert à rien et nous coûte du pognon devrait être supprimée. Ce n’est pas un hasard si on appelle le Sénat, la maison de retraite.
    Y a du ménage à faire dans ce pays figé, coincé dans ses conservatismes, ses 35 heures, ses syndicats à la con, ses politicards qui ont la trouille de tout. Dans ce pays qui vit encore à l’heure de 1945 où les jeunes n’ont pas de boulot et où l’on fout les cinquantenaires au rancard, quelle gueule il a l’avenir ?
    Et  c’est ainsi que Poutine est grand !

  • Bis repetita placent

    La crise financière du capitalisme connaît un répit car, ô paradoxe, au royaume du libéralisme, l’Etat injecte de l’argent pour sauver les banques et autres institutions financières. Chez nous, on appelle ça nationaliser ! L’amère vérité, c’est que ce sont les contribuables qui vont payer la note, comme les Français l’ont fait pour le Crédit lyonnais, pour le camarade Bernard Tapie, sans compter toutes les entreprises soutenues ici et là avec la même source de financement. Les riches boivent, le peuple trinque... toujours.
    Le scenar est toujours le même. Quelques margoulins finissent toujours par se barrer avec la caisse. Tenez, Serge Tchuruk, vous savez, le connard qui a sinistré Alcatel avec l’autre conne, américaine, de Lucent, la mère Russo, et bien ils se tirent avec je ne sais combien de millions d’euros.
    Je suis désolé d’avoir à le dire – non je suis pas désolé du tout d’ailleurs –, mais sous la monarchie, le roi était nettement plus respectueux des deniers publics, n’en déplaisent à tous ces imbéciles d’historiens qui rêvent en bonnet phrygien.
    Alors cette crise ? Et ben, qu’elle continue, que l’immobilier s’effondre et qu’on entre enfin dans l'ère du chaos. La réalité est qu’il faut bel et bien revoir notre modèle économique. Mais, la grande leçon de cette crise qui finira on ne sait trop comment, c’est que le politique doit prendre le pas sur l’économique. Il faut une ligne de conduite et pour se faire il faut avoir une vision du monde. Ce dont est bien incapable notre classe politique abonnée à ses prébendes et autres magouilles minables.
    Cela m’amène à vous parler d’un sujet concomitant : l’autorité à l’école. Là aussi, il y a de quoi franchement se marrer. Dans une société qui fait la part belle aux délinquants, aux origines ethniques les plus diverses, il est inutile de parler de morale sociale. On ne peut pas parler de morale non plus quand dans les banlieues on laisse faire les dealers pour avoir la paix et éviter des révoltes de crèves la faim. On ne peut pas parler de morale quand c’est l’Etat qui organise la venue d’immigrés afin de fournir de la main d’œuvre bon marché aux grosses entreprises. Quand ce même Etat déculture de pauvres bougres qui ne savent plus à quoi se raccrocher pour savoir qui ils sont encore et qui choisissent tout naturellement l’islam parce qu’il correspond le mieux à leurs attentes et que cela participe aussi de leur culture.
    On ne peut demander à des populations qui vivent dans les marges de la société de respecter intégralement nos règles du jeu et d’adopter notre morale sociale. Cela dit, mis à part quelques ghettos qui bougent de temps en temps, le climat social est plutôt calme.  Et je me demande où sont ces affreux terroristes que pourchassent sans répit toutes les polices de cet Occident vérolé par le lucre et l’appât du gain.
    Si terroriste il y avait réellement, sachez bonnes gens, que ça péterait de partout, car il n’y a rien de plus simple que de foutre une bombe dans un métro, un grand magasin, la gare Saint Lazare aux heures de pointe ? Rappelez-vous quand l’OAS passait aux actes, ce pétochard de De Gaulle n’en menait pas large et ses ministres encore moins. Ils rigolaient pas les mecs de l’OAS.  Je ne parle même pas de ce monôme de mai 68, pure rigolade pour potaches impubères ayant soudain décidé de sauter la bonne. Mais l’Etat, lui, a pris la chose très au sérieux. Il faut dire qu’il régnait un joli bordel et que les politiques d’alors étaient paniqués. Ce n’est pas difficile de foutre le bordel quand on y est décidé. Mais tel n’est pas le cas. A mon avis les mecs d’El Qaida sont fatigués ou on prit leur retraite.
    Ce qui m’amène à vous dire deux mots du fichier Edvige. Là encore, vaste rigolade. Vous connaissez un Etat qui ne fout pas en fiches ses concitoyens ? Des flics en passant par les journalistes, tout le monde fait des fiches sur tout le monde. Allez faire un tour dans les boîte pompeusement dénommées Intelligence économique et vous allez voir les fichiers dont elles disposent au nez et à la barbe de la CNIL. Un Etat a besoin d’une police et la police ne travaille qu’en fichant les individus, délinquants de tous ordres, opposants de tous bords, truands, anarchistes, politiques, PD, lesbiennes, que sais-je encore.
    Non, la crainte de certains est que ces fichiers étant désormais informatisés, il suffit de posséder le code d’accès pour aussitôt aller se balader dans les consciences et faire chanter les mecs : Alors, comme ça, monsieur est pédé et aime les petits garçons ! Vous voyez le genre, en plein conseil d’administration. Ca fait désordre. Mais les fichiers sont bel et bien là et on vous enfumera pour vous dire le contraire, ce que la mère Alliot-Marie a commencé à faire. Bon, c’est bien de gueuler pour le principe mais ça ne changera pas grand chose.
    Comme ça, quand Poutine sera à Paris, le tri sera vite fait.

     

    PS/ je reviendrai sur cette histoire du respect de l'autorité à l'école et de l'autorité tout court. Un sujet intéressant et dont toutes les mesures prises ne sont que cautères sur une jambe de bois. Je vous dirai pourquoi.

  • Vive la sociale !

    La Tour d’Argent, le fameux restaurant haut perché de Paris avec vue sur Notre-Dame, a été occupé par une quarantaine de sans-papiers. Et parmi eux, cinq employés dudit restau qui se sont faits embauchés en présentant de faux papiers. Certes, les responsables du restaurant n’ont pas été très regardants, mais il y a tromperie de la part de ces cinq noirs qui travaillent ici en situation irrégulière. Cette action a été menée par la CGT, une fois de plus, elle est spectaculaire et parfaitement négative.
    D’une part, on a affaire à des immigrés clandestins dont le destin est le retour au pays. Ca, c’est pour le général. A ce titre d’ailleurs les syndicalistes devraient être pénalisés.
    Bienfait de ces opérations, cela va rendre totalement méfiantes les entreprises qui employaient – exploitaient – des travailleurs immigrés sans-papiers et donc clandestins. Il y a fort à souhaiter que ces gens-là ne trouvent plus de travail, au risque pour ces entreprises de se voir infliger de très lourdes amendes. Il faut espérer que les entreprises se montrent plus exigeantes, d’autant que ce n’est pas la main d’œuvre étrangère qui fait défaut avec près de dix millions de maghrébins et autres subsahariens.
    Reste que cela pose tout de même un problème dans notre société que la crise financière, boursière, que sais-je encore, va rendre de plus en plus cruciale : les petits boulots. Et donc, l’encadrement trop rigoureux des entreprises où les patrons de petites et moyennes entreprises ne peuvent plus sortir dix euros de leur poche sans le déclarer au fisc. Notre société crève d’étouffement ou plutôt elle crève de ce que l’Etat et le ministère des finances sont les ennemis du citoyen et de l’entrepreneur. Et faut arrêter de voir les grands patrons – énarques en général – se barrer avec la caisse.
    J’avoue que je pense beaucoup de mal de l’économie anglo-saxonne, mais pour ce qui est de laisser la société respirer et les individus vivre ou survivre à leur guise, elle est nettement plus en avance que nous.
    La faillite des banques fait rage. Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer l’essentiel de l’édito de Libération du 17/09 oeuvre du dénommé Fabrice Rousselot. Vous en tirerez les conclusions que vous voulez.

    « Au royaume de la finance folle, il faut accorder la palme de l’hypocrisie à Alan Greenspan. Depuis quarante-huit heures, il pousse des cris d’orfraie pour s’alarmer d’une catastrophe économique qui serait « la plus grave depuis 1929 ». C’est bien lui pourtant, à la barre de la Réserve fédérale américaine entre 1987 et 2006, qui est le principal responsable du séisme du moment. Lui, l’ex-gourou de Wall Street qui n’a cessé de rendre le crédit moins cher, a refusé toute régulation et a laissé le marché se perdre dans ses pires excès. Le résultat aujourd’hui, est celui d’une planète financière livrée à elle-même. Après la disparition de Lehman Brothers, personne ne peut dire de quoi les lendemains économiques seront faits. Comment faire confiance aux politiciens ou aux banquiers, alors que ces derniers n’ont aucune idée de la spirale de faillites que peut provoquer la crise des subprimes ? Des mois durant, on nous a assuré qu’elle serait restreinte aux Etats-Unis et ne toucherait que le secteur immobilier. Désormais, on pressent avec inquiétude la chute d’un géant de l’assurance et une pénurie du crédit. A n’avoir rien fait pendant longtemps, les grands argentiers de ce monde sont impuissants face à une catastrophe qui les dépasse et qui pourrait avoir des conséquences très concrètes pour tous. »

  • Petite leçon d'économie de la part d'un béotien

    Je suppose que nous sommes nombreux à ne rien connaître et donc comprendre à l’économie avec un grand E. J’entends par là, celle-là même aux mains des inspecteurs des finances, des boursiers, analystes et Cie dont le business consiste à manipuler au niveau national et mondial ce qui n’est jamais que l’argent des travailleurs et des plus-values réalisées sur leur dos. Pour ne nous en tenir qu’à la France, on devrait fusiller tous les inspecteurs des finances et les remplacer par des garagistes, modèle Monory. Car ces soi-disant inspecteurs de mes deux nous sinistrent allégrement depuis 50 ans et plus.
    Tenez, une bien bonne. On a beaucoup critiqué la IVème République, mais elle a rempli les caisses de l’Etat malgré l’instabilité politique. Et pourquoi à votre avis ? Parce que nous sortions de la guerre, qu’il fallait reconstruire et que tous les Français étaient au boulot. Ceci pour vous dire que seul le travail crée de la richesse. Pas les chômeurs.
    Autre bien bonne, je ne veux pas retourner le couteau dans la plaie des démocraties, mais il me semble bien qu’on m’a appris à l’école que le camarade Hitler avait relevé l’Allemagne à partir de 1933, alors que le pays avait sombré dans la plus extrême misère … en remettant tout le monde au boulot et en initiant une politique de grands travaux.
    Or, depuis, disons 1958 – date à laquelle un certain De Gaulle et ses sbires ont tapé dans la caisse – l’économie capitaliste, car il faut bien l’appeler ainsi, n’a cessé de spéculer avec notre pognon, au motif que nous étions enfin dans une économie de paix. On a tellement spéculé que les caisses sont aujourd’hui vides et que de surcroît on laisse filer les emplois à l’étranger au motif que la main d’œuvre est moins chère ! Tout ça parce que nous avons souscrit au modèle économique anglo-saxons. Or le modèle anglo-saxon s’est affolé – on l’a affolé – pour la bonne raison que les financiers ont voulu s’en mettre toujours plus dans les poches. On se demande bien pourquoi d’ailleurs, car on voit mal à quoi sert de gagner autant d’argent quand ce n’est pas pour l’investir dans les arts, par exemple, comme ce fut le cas à la Renaissance. Il faut dire que quand on voit la gueule du marché de l’art, on a plutôt envie de prendre la fuite.
    Donc, disais-je, nos « amis américains » ont tellement poussé loin le bouchon, et nous en sommes ravis, que leur système est en train d’imploser, leurs banques tombent en faillite (Lehman Brothers), ce qui est tout de même un comble. Et tout ça pourquoi ? Parce que ces banquiers, non contents d’arnaquer tout ce qui bouge n’ont rien trouvé de plus original que de rançonner les pauvres. Oui, les pauvres, c’est-à-dire en fait le bas de la classe moyenne américaine. Tout le système est entré en vibration et est en train d’exploser en vol.
    Voici qui n’est pas fait pour me déplaire.
    Car, les enseignements que l’on peut en tirer n’ont rien à voir avec ce que l’on enseigne à l’Ena ou Polytechnique qui forment peut-être des grosses têtes mais pas des mecs avec une grosse paire de couilles, excusez l’expression, des mecs avec du caractère et surtout de réelles convictions.
    Ce qui crée de la richesse, ce n’est pas la spéculation mais le travail des hommes. L’argent doit d’abord servir à créer de l’activité, donc des emplois, donc des entreprises. D’où la nécessité de donner la priorité à la recherche, favoriser le travail de nos ingénieurs, déposer des brevets, créer des entreprises, protéger nos emplois.
    On pourrait dresser le catalogue des erreurs faites par nos soi-disant crânes d’œuf à la Juppé, Chirac, Fabius et consorts qui ont sinistré de belles entreprises françaises. On devrait d’ailleurs foutre en taule un mec comme Serge Tchuruk qui a sinistré Alcatel avec l’autre dingue d’Américaine.
    Il faut donc sortir de ce modèle anglo-saxon qui repose uniquement sur la spéculation et l’enrichissement de l’actionnaire au détriment du travailleur et donc de la société tout entière. Car des emplois détruits, ce sont des régions entières que l’on voue à la précarité et cela est inacceptable. L’Europe ne s’est pas construite sur ce modèle-là qui consacre au final une oligarchie (et non plus une démocratie), c’est-à-dire le pouvoir de ceux qui ont su éliminer leurs concurrents afin de renforcer leur pouvoir. Sauf que ce pouvoir en question n’a ni queue ni tête. Il manque de sens. Hein, Sarko qui se rêve en Bush !
    Car, se vérifie une fois de plus que ce n’est pas l’économie en tant que telle qui est en cause que le pouvoir politique lui-même quand celui-ci fait défaut. Les dirigeants européens actuels ne sont pas des politiques, ce sont des gestionnaires de mauvaise fortune. On vérifie trop souvent que les divers gouvernants européens s’opposent aux gouvernés comme on a pu le constater récemment encore avec les référendums sur Maastricht et la Constitution où les citoyens de chair et d’os ont clairement faits savoir qu’ils ne voulaient pas d’une Europe technocratique.
    La question qui se pose à nous est la suivante : comment créer les conditions du retour du politique ? Donc du retour du sens.
    Faudrait demander à Poutine, car Vladimir est un authentique politique en face duquel les Sarkozy,  McCain ou Obama ne pèseront pas lourds.

  • Mon sermon du dimanche

    athena-3.jpgVous êtes choqués par la venue de pape en France ? Moi, pas du tout.  J’ai jeté un œil sur un clip réalisé par Le Parisien sur le sujet et je suis resté consterné par la connerie des réponses. La vox populi n’est pas toujours au diapason. Il y a surtout le fait que les gens ne savent pas quoi, ni que penser d’un tel événement qui ne perturbe en rien leur quotidien. Et, il est vrai aussi que non seulement la France mais encore l’Europe en général se déchristianise. En Russie, en revanche, l’église orthodoxe fait le plein.
    Mais, sur le fond, là n’est pas le problème. Croyant ou pas, nous vivons dans un monde qui a été façonné par les valeurs chrétiennes (1000 ans au bas mot), valeurs issues elles-mêmes, ne l’oublions pas, de cette Grèce antique qui a vu naître la civilisation et plus encore la culture dont nous sommes redevables aujourd’hui. Ce sont ces stoïciens, ces épicuriens et tant d’autres qui ont ancré dans le social ces valeurs que le christianisme s’empressera de récupérer afin de les adapter à son credo. Et c’est ainsi que le christianisme, cette religion du désert, pauvre en concepts et parfaitement égalitariste, va se transformer au contact d’un occident européen qui, au travers du paganisme, a déjà tout un monde d’organisé autour de la notion même de citoyen. Et ce christianisme, au contact du paganisme va accoucher du catholicisme qui va devenir la religion de l’Europe aux alentours de l’an 4 à 500, voir plus tardivement encore. Le Moyen Age, à ce titre, est une période riche car elle est celle de l’incubation qui va permettre au paganisme de perdurer via le catholicisme. Et, le catholicisme va épouser tous les instincts guerriers des Européens à l’image de ces moines soldats espagnols (ou non) qui partirent baptiser les indigènes au Mexique et au Pérou avant que les soldats de Cortès et autres Cortazar ne leur coupent la tête.
    C’est cette religion-là qui est devenue religion officielle des rois et empereurs européens. Car la première vertu d’une religion est d’être d’abord une morale sociale permettant aux populations de vivre en bonne entente. On ne lui demande en général pas autre chose. On peut gloser ensuite sur la religion elle-même, mais c’est un autre sujet qu’on laisse aux trous du cul de métaphysiciens. Et, la survie du paganisme a été essentielle dans l’éclosion du génie européen pour la bonne raison que les « intellectuels » étaient en général de joyeux hérétiques. D’ailleurs, la Renaissance s’est bâtie sur cette hérésie et Rome a laissé faire car le mouvement était trop puissant. En peinture, qu’il s’agisse du Caravage ou de Michel Ange, la représentation de la divinité et de dieu lui-même consiste d’abord à placer l’homme (de la Renaissance s’entend) au centre du monde. Dieu, ici, est une notion abstraite, mais s’il existe c’est afin de ne pas perturber les consciences et donc choquer la morale sociale.
    Donc, la venue du pape Benoît XVI ne me choque nullement. Elle nous rappelle qu’un jour le soleil a brillé à Athènes, puis à Rome avant d’irradier l’Europe entière.
    Et Poutine ne fait pas exception à la règle. Mais lui, il est du côté du sabre. Garez vos miches !

  • Ca se complique on dirait…

    Je ne vois vraiment pas ce que sont parties foutre en Afghanistan les familles des soldats qui y ont trouvé la mort. Faire son deuil ? A mon avis c’est retourner le couteau dans la plaie. Et je ne vois pas ce que gagne à ce petit jeu le gouvernement français en organisant un tel voyage. Notez bien qu’après la guerre de 14, les vivants ont dû éprouver le besoin d’aller reconnaître le terrain de cette boucherie sans nom, notamment Verdun, que l’on visite encore mais pour d’autres raisons. Si l’Etat français devait organiser des voyages sur tous les fronts où on a baladé l’armée française depuis cinquante ans, le gouvernement va se transformer en agent de voyages. Si quelqu’un a une réponse qu’il me la donne.

    J’ai prêté, jusque-là, une oreille très discrète à la campagne électorale américaine pour la bonne raison que la règle veut qu’un idiot remplace un imbécile. En général. Clinton n’était pas si bête, malgré sa femme, espèce de pétroleuse dévorée d’ambition, sans parler de Nixon qui avait bien compris les enjeux planétaires. Mais là, entre le métis Obama qui s’est déclaré ouvertement musulman et McCain, un ancien du Vietnam, on trouve Sarah Palin qui est monument de connerie ! Cette dame est toute disposée à déclarer la guerre aux Russes au titre d’une broutille Géorgienne dont elle ne connaît d’ailleurs ni les tenants et encore moins les aboutissants. Au royaume de l’ignorance… On imagine facilement Poutine dialoguant avec cette dame.

    Il n’en reste pas moins que les Européens, via le camarade Sarkozy, s’imaginent jouer les forts face aux Russes dans l’affaire Géorgienne que vient compliquer encore la situation Ukrainienne. Ces deux pays « satellites » appartiennent depuis toujours à la zone d’influence russe – et l’Ukraine peut-être plus encore que la Géorgie – et pour Moscou toute tentative de sécession de ces pays, en l’espèce une entrée dans l’Otan, est un casus belli. On n’ose croire que Monsieur Sarkozy ne soit pas conscient de ce fait, même si des pays comme la Pologne et les pays Baltes jouent aisément les va-t-en-guerre au nom d’un passé pas digéré du tout. Il est vrai que les pays baltes craignent pour leur indépendance dans la mesure où de grosses communautés russes structurent encore ces pays. Sous Staline, les Soviets avaient procédé à de lourds transferts de populations. On peut donc comprendre que les Baltes soient un tantinet susceptibles sur le sujet, si l’idée venait aux Russes de procéder comme les Allemands avant la guerre : revendiquer comme étant Allemand tout territoire où étaient implantés des communautés allemandes (les Sudètes notamment). Reste que nous ne sommes pas dans le même cas de figure et que ce sont les Européens dans leur totalité qui ont intérêt à pacifier leurs rapports avec les Russes pour plusieurs raisons mais dont la première est géographique, la seconde énergétique et la troisième culturelle. On est quand même plus proche d’un Russe que d’un bouffeur d’avoine américain. Quant aux Anglais, comme d’habitude, ils jouent les fouteurs de merde tant ils détestent cette Europe qui n’appartient pas à leur monde d’insulaires. Il est loin le bon temps où les cocos taguaient – avant tout le monde – sur les murs « US Go Home » !
    Le sujet n’est pas épuisé et nous aurons l’occasion d’y revenir. En attendant, Sarkozy joue les enfants de chœur avec le Pape qui nous rappelle que l’Europe est, bel et bien, une terre catholique, apostolique et romaine. Au cas où on l’aurait oublié.

  • Un patrimoine saccagé, des partis en miettes mais l’optimisme est de rigueur

    jeff-koons1.jpeg

    M. Aillagon, qui fut sous ministre d’une culture fantomatique comme Chirac lui-même, aujourd’hui nommé à la tête de l’Etablissement public de Versailles et donc responsable du château, est un laquais, un homme de basse culture mais de haut « bling bling ». Le fait qu’il soit homosexuel n’est pas en cause car nous en connaissons et de haute culture. Mais, ce n’est pas le cas de ce gastéropode qui confond le château de Versailles avec  un vulgaire musée d’art moderne.
    En effet, ce monsieur, n’a rien trouvé de mieux que d’exposer dans Versailles les chiures d’un « maître de l’art contemporain », cet art aux ordres du marché - donc du fric et du rien –, américain de surcroît et dénommé Jeff Koons. Il est impossible de décrire ce que représentent les « sculptures » de ce plaisantin, car cela relève du non-sens le plus absolu (voir image). Or, Aillagon a parsemé les salles du château des œuvres de ce débile, richissime au demeurant, et dont l’un des sponsors n’est autre que Pinault himself.
    Or, il se trouve qu’Aillagon a été l’un des employés de Pinault, au palais Grassi à Venise, où l’industriel a entassé sa collection d’art moderne, véritable bric à brac de l’art contemporain, sans queue ni tête, mais chèrement payé. En exposant à Versailles des œuvres de cet Américain issues directement de la collection Pinault, le gastéropode offre à l’industriel une vitrine inespérée qui laisse à penser que l’Etat français est complice d’un tel crime comme le bon goût. Voici comment on remercie un homme qui a rempli votre gamelle un temps. En faisant grimper la cote de ses collections !
    Il faut tout de même savoir que cette plaisanterie a coûté la modique somme de 1,9 million d’euros, financée en grande partie, nous dit-on, par des collectionneurs privés dont Pinault.
    Que le ministre de la Culture, la camarade Albanel, ne soit pas intervenue pour éviter cette infamie en dit long sur ce que l’on appelle culture dans ce pays. Mais, il est vrai que nous avons un président qui collectionne les stylos et les montres ! Chirac n’était pas mieux loti avec ses arts premiers sauf qu’à défaut d’être de l’art, les objets avaient une réelle valeur symbolique.

    Il ne sera guère question d’art aux rencontres de l’UMP à Royan. Cette charmante bourgade est aussi la ville qui accueille, en temps ordinaire, les malfrats interdits de séjour et placés en résidence surveillée. De là à dire que c’est une ville de brigands, nous n’irons pas jusque-là. Mais d’imposteurs et d’imposture, ça sûrement le temps d’un week-end UMP. Où il sera beaucoup question, en coulisses, du devenir de Patrick Devedjian. Car cette querelle d’égo, où l’on retrouve Xavier Bertrand qui lorgne secrètement la place (Bertrand lorgne tout d’ailleurs, c’est une spécialité), la mère Koscuisko-Morizet, porte-jarretelles écolo du prince, Christian Estrosi, voire Raffarin se règlera au couteau comme d’habitude dans les coulisses. Manque plus que Rachida ! Ah oui, elle est enceinte et le géniteur veille sur elle je suppose …
    Unité dites-vous ? Mais de façade mon cher Watson. L’affaire du RSA reste en travers de la gorge de certains députés moins bornés que les autres. Quant à l’électorat, il s’effrite cher monsieur, le parti perd ses eaux au fil des jour. Car, de fait, la vraie question est la suivante : où est la cohérence de l’action politique menée par le Leader Maximo ? Et quelle est la nature de ce régime quand un président se permet de faire muter un haut fonctionnaire, bon flic de son état, au motif qu’une bande de zozos corses ont envahi le jardin d’un de ses potes sans même pisser sur les bégonias?
    Vous avez dit bizarre, tiens, comme c’est bizarre !

  • Oui, la guerre tue !

    Mes potes et moi, forcément, on se marre. Pourquoi me direz-vous ? Parce que toutes ces tarlouzes intellectuelles de gôôche, démocrates (mais du mauvais côté) et droit de l’hommesques (mauvais dans tous les sens) découvrent avec horreur que la guerre existe et qu’elle tue des hommes. C’est marrant, la question ne s’est pas trop posée quand les Américains se sont faits hachés menus en Irak – et ailleurs – mais il a fallu, malheureusement, que dix paras français se fassent tuer en Afghanistan pour que soudain la réalité leur éclate à la figure. Oui, la guerre tue. Et c’est même la démocratie qui est la plus grande faucheuse avec sa guerre de 14-18. Oui, la démocratie tue nettement mieux que la monarchie. Et à plus grande échelle, ça c’est sûr.
    Alors mes potes et moi, on se marre forcément, pour plusieurs raisons. La première parce que nous avons lu les bons auteurs. Montesquieu, certes, mais avant lui Platon qui taille en pièces la démocratie, démontrant bien avant Maurras qu’elle est un attrape-couillons. La liste n’est pas limitée et nombreux sont les auteurs qui pourtant nous ont prévenu. Je vais pas étaler mes connaissances ici. Mais, des adages comme « si tu veux la paix, prépare la guerre » ou « la paix n’est jamais que la continuation de la guerre par d’autres moyens » - je crois que c’est de ce bon général von Clausewitz (mort en 1831) – se vérifient chaque jour.
    Nos démocraties qui sont totalitaires – dans la mesure où elles ne tolèrent aucun autre régime que soi-disant démocratique – sont vérolées de l’intérieur parce qu’elles ne défendent pas les peuples mais des principes. Or, la première des réalités, c’est bel et bien la génétique. Oui, oui, j’ai bien écrit génétique, mais race ferait l’affaire aussi. On défend d’abord l’univers auquel on appartient. La notion est large. Et, la première manifestation de cette reconnaissance, consiste à honorer ses morts ou  ses ancêtres. Toutes les civilisations obéissent à cette règle d’or. Nous, non ! Ou plutôt plus du tout, car on pratique l’amnésie. L’amnésie est une vertu démocratique selon laquelle on ne défend que la réalité que l’on veut bien voir. Pas celle qui est. Et surtout pas le passé quand il vous gêne. C’est ainsi que des universitaires – et ils sont légions – font commencer l’histoire de France en 1789. La monarchie ? Connais pas !
    Or, un peuple n’est fort que de ses certitudes. Et un peuple qui ne se projette plus dans l’avenir, ne croit plus en son destin. Cela est si vrai que nous ne faisons plus d’enfants. Nous ne sommes pas les seuls. Ca touche tous les Européens. La faible démographie… autre maladie infantile de la démocratie et de la société de consommation.