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samedi, 05 juillet 2008

Drôle de drame : la libération d’Ingrid Betancourt

clown.jpgBien évidemment, il ne s’agit pas de nier la réalité d’une captivité qui a duré cinq bonnes années. C’est long dans une vie, d’autant que les conditions d’hébergement ne devaient pas vraiment friser l’hôtel quatre étoiles. Sauf que cette dame s’est foutue toute seule et bien volontairement dans le pétrin. On lui avait bien dit de ne pas aller dans cette région où les FARC enlèvent les gens chaque matin au petit déjeuner. Non, têtue, la dame en sa qualité d’écolo se croyait au-dessus de cela. Elle connaissait donc les risques et elle a payé le prix fort. Sur cela rien à redire.
Et c’est là que les choses s’enveniment. Car la famille a des relations. Son père était ambassadeur de Colombie à l’UNESCO et elle a effectué toutes ses études à Paris (Sciences po) et s’est mariée, une première fois, avec un Français avant de retourner en Colombie où elle se fait élire député et sénateur, monte son propre parti écologiste et ambitionne même la présidence. Aussi, sa famille va-t-elle organiser sa défense pour exiger sa libération.
Autant dire que plus la famille monte la sauce, plus sa cote grimpe auprès des guerilleros. Elle devient un véritable enjeu de négociations. En France, ce sont ses propres enfants qui mènent la danse et, chose invraisemblable, c’est Chirac qui décide de monter au créneau le premier, emballant une machine d’Etat où la surenchère  va rapidement l’emporter sur la raison. Sarkozy ne sera pas en reste, car, en vrai clébard qu’il est, il a flairé le bon coup médiatique à faire.  D’autant que Villepin, l’Idéal du Galouzeau chiraquien, s’est pris les pieds dans le tapis avec son avion parti récupérer la détenue au bord de la libération… ce qui finira en crise de nerf, les FARC ayant tout remis dans leur culotte. Arrivé au pouvoir, Zorro Sarko continue d’enfourcher Tornado et colle Kouchner dans le coup qui s’ennuie depuis le temps qu’il n’a plus de sac de riz à transporter pour soulager la misère du monde. Pensez-donc, prendre la défense d’une gonzesse, ça le change de la sienne (enfin la sienne ?). Et c’est reparti pour un tour de Bouglione. Sauf que Betancourt est au final libéré et que les Français n’ont rien à voir là-dedans.
Là, autres interrogations. Quand on regarde les vidéos, on s’aperçoit que la dame pète la santé alors qu’on nous la donnait mourante il y a peu. Qu’elle s’exprime parfaitement – elle est bilingue – et qu’elle est au courant de la situation engendrée par sa détention. On la tenait décidément bien informé chez les FARC ! Vu l’investissement de ses mômes en France qui ont réussi à mouiller tout le gouvernement français, pas question de nous faire passer pour des cons. Alors, hop, un petit week-end à Paris, ça mange pas de pain, surtout avec un Sarko qui sort sa Carla, Delanoë qui casse la tirelire des Parisiens pour manifester sa joie en grande pompe et aller dire bonjour au Pape, parce qu’en Amérique du Sud, le premier patron c’est l’Eglise catholique.
Sauf que le journal officiel, Le Monde, parle de rançon, de magouilles entre le gouvernement colombien et les FARC, l’implication des Etats-Unis (évidemment, ils contrôlent le trafic de drogue) et même quelques barbouzes israéliennes qui traînaient dans le coin. Bref, un ragoût qui vous transforme un sac de riz en sac de coke !
Mais, au final, l’important c’est que tout le monde y soit beau, tout le monde y soit content. On est, nous Français, cocus mais contents ! Et on se demande toujours ce qu’on est venu foutre là-dedans.