jeudi, 25 juin 2009

Un quoi ? Un remaniement !

Ce remaniement n’est qu’un jeu de chaises musicales sans grand intérêt vu que le centre de décision demeure bien l’Elysée. C’est Sarko qui a dressé la liste. Pas Fillon. On est donc bien dans un régime présidentiel qui n’ose pas dire son nom. Adieu la Vème République. Mais, passons, c’est franchement secondaire. Un journaliste a eu le mot juste en disant que Fillon est un simple DRH (directeur des ressources humaines), gentil animateur d’une bande de joyeux drilles qui se tirent des bourres.
Non, l’unique information de ce remaniement, c’est la nomination de Pierre Lellouche comme secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. Il est depuis longtemps partisan de l’entrée de la Turquie en Europe – il y voit certainement là le ticket d’entrée d’Israël -, il est membre du club mondialiste la Trilatérale depuis 1993, proisraélien et donc sioniste furieux évidemment. Ses interlocuteurs sont Sarko lui-même et David Lévitte au château et certainement pas Bernard Kouchner qui inaugure les chrysanthèmes.Reste que Sarkozy est contre l’entrée de la Turquie pour une raison simple : les Français en font un casus belli. Il n’a aucune chance d’être réélu s’il campe sur cette position. Et il le sait. Donc, quel est le sens de cette nomination qui n’augure rien de bon, la vision de Lellouche étant par essence anti-européenne. L’avenir nous le dira.
Un petit sujet secondaire mais qui amuse beaucoup le Landerneau : l’énergie déployée par Villepin pour exister. Il ne sait plus, le bougre, par quel bout prendre le problème pour se faire enfin une place. Il a tout essayé : louer Sarko, le dézinguer, chercher une investiture qu’il n’a évidemment pas trouvée. La dernière en date : il monte un club où il va réunir trois pelés et un tondu. Villepin n’a pas compris qu’il n’avait aucun avenir en politique. Pour plusieurs raisons. Avec Chirac, ils ont œuvré de concert pour nuire à Sarko avec une rare constance. Il y a les coups tordus qu’on connaît et surtout tous ceux qu’on connaît pas. Mais, on peut faire confiance à Villepin pour avoir pousser le bouchon un peu loin.
Ensuite, il n’a jamais affronté aucun suffrage, n’a donc été élu nulle part. Un homme, dans ce pays, qui n’est pas passé sous les fourches caudines des électeurs n’existe pas. Raymond Barre – qui a fini par s’y résoudre – en a fait les frais. Villepin entame un chemin de croix qui va le mener tout droit au néant. Sarko a un fusil à lunette pointé sur lui. Il peut s’agiter dans tous les sens Ideal du Galouzeau fromVillepin, il fera du sur-place et marrer tout le monde. Ce qui est pathétique chez lui, c’est qu’il ne l’a pas compris. Il s’imagine un destin que Chirac lui a plombé d’entrée de jeu ?

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