lundi, 01 juin 2009

Allo la terre ? Ici Bayrou

bayrou.jpgLe sieur François Bayrou commence à poser un problème à la classe politique française dont le phénomène n’est pas inintéressant à observer depuis la planète Sirius.  Bayrou qui s’était retrouvé fort marginalisé au lendemain de la présidentielle de 2007, rongeait son frein et adoptait la stratégie de rupture avec la droite, ou plutôt vis-à-vis de Sarko, personnage qu’il déteste entre tous.
On oublie toujours que Bayrou vient du CDS, les chrétiens de gauche (autrement dit « comment devenir socialiste »), une race qui vient après celle du crapaud, et qu’il penche plus naturellement à gauche qu’à droite. Sauf que, comme son MoDem l’indique, Bayrou ne chasse qu’au centre – à l’extrême centre disent certains – c’est-à-dire dans les marges de la droite et de la gauche.  La définition de Jospin selon laquelle le centre c’est le triangle des Bermudes, dès qu’on est au centre on disparaît, est vrai en général mais pas du tout en particulier (rappelez-vous Giscard). Sauf que Sarrkozy a changé la donne politique française en allant chasser sur les terres de la gauche et bouffer l’oxygène d’un Hollande qui n’en peut mais, ou d’une Martine Aubry aux prises avec tout le monde et Ségolène en particulier. Sarko a obtenu l’effet qu’il recherchait : étouffer une gauche qui n’a plus aucun projet et qui est vautrée dans les querelles de personnes. Tout le monde veut exister au PS où les courants s’entrecroisent comme autant de courants d’air.
De L’Europe, personne n’a quasiment parlé, sauf de Rachida Dati pour dire qu’elle allait riper à Strasbourg et que ça la gonflait. Bref, Sarko a déblayé le terrain sur la gauche. Il ne reste plus à Bayrou que de nettoyer le terrain à droite. Pas le plus difficile avec un Sarkozy qui navigue à vue et qui commence à exaspérer tout le monde. Du coup, l’idole du Béarn remonte dans les sondages. C’est mathématique aurait dit le professeur Tournesol. Bayrou peut commencer à rêver. Reste que si l’on ne sait pas ce qu’est le sarkozysme, on en sait encore moins sur le bayrouïsme si ce n’est que ce sont deux facettes de l’opportunisme politique au service d’une ambition personnelle. Et la France dans tout ça ?

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