mercredi, 22 avril 2009
De l’Angleterre une bonne fois pour toutes
Saluons, une fois n’est pas coutume, nos meilleurs ennemis les Anglais. Leur reine vient d’engranger 83 balais au compteur et elle se porte comme un charme. Ce dont nous sommes ravis. Car cette grande dame est toujours égale à elle-même, incarnant ce tempérament anglais dans ce qu’il a de meilleur – tellement le reste est pire – le flegme.
Cette femme, qui a traversé bien des épreuves, reste de marbre, est toujours à sa place, n’a jamais le mot de trop et surtout, elle est là en toutes circonstances. Avec ses petits chapeaux, son sourire hiératique, elle est l’Angleterre éternelle à elle seule à l’heure même où les banques s’effondrent, où l’autre zozo de Gordon Brown a déjà un pied dans le néant. La reine est là, debout, contre vents et marées, revigorant sans cesse un peuple d’alcooliques et de teigneux.
Dans cette famille, les Windsor, où la modernité a fait une entrée fracassante avec le divorce de ses fils, les frasques des belles-filles, et la mort de l’une d’entre elle – qui n’avait rien compris au film royal – et les déconnantes du prince consort (qu’on sort ?), le grand Philip qui bouffe les chrysanthèmes depuis 57 ans, la Queen a eu largement le temps de s’adapter. Ce qu’elle a fait d’ailleurs au contact de ses petits enfants, ce qui veut bien dire qu’elle n’est pas aussi intemporelle qu’il y paraît. Ainsi, William et Harry lui ont un jour trafiqué sont répondeur automatique sur l’air: « Salut mon pote ! C’est Liz. Désolé d’avoir dû m’absenter du trône. Pour joindre Philip appuyez sur le 1, Charles le 2, les corgis (les clébards de la reine) le 3 ». Elle s’est marrée.
On peut la critiquer dans son principe, reste qu’elle incarne aux yeux des Anglais la pérennité d’une institution. Elle est l’Angleterre à elle toute seule. Avouez que ça a tout de même plus de gueule que tous ce ramassis d’empaffés qui se succèdent à la tête de nos gouvernements aussi éphémères les uns que les autres depuis que la Gueuse existe.
Nous accorderons une mention spéciale au prince Charles qui nous enchante également. Il est écolo au vrai sens du terme – rien à voir avec la bande d’abrutis qui écument le paysage européen -, il dénonce les dérives de la modernité architecturale sans vergogne, a monté sa propre entreprise de produits bio qui marche très fort et surtout, c’est l’homme le plus élégant de la planète. Vous ne le prendrez jamais en défaut de mauvais goût vestimentaire. Il mériterait amplement de succéder à sa mère, sauf que nul n’est pressé de remplacer la Queen. N’oubliez pas que sa mère est morte centenaire. Bref, si le Royaume-Uni est aujourd’hui petit – et les Anglais toujours aussi casse bonbons – la reine est grande. L’humour et la reine sont bien les deux seules qualités qui sauvent les rosbeef ! Vive la reine.
10:02 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, geopolitique, monarchie




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