dimanche, 22 février 2009
Allez chez les bouquinistes … Sauvez votre culture
Il y a le tumulte du monde, la crise systémique du capitalisme financier, la Guadeloupe qui, rendue à l’indépendance, nous coûterait moins cher – accompagné du retour au pays de ses ressortissants métropolitains – ou le largage pur et simple de ces DOM-TOM qui sont le dernier fardeau de l’homme blanc. Rayons d’un trait ce qui constitue donc la survivance de ce colonialisme honteux et libérons définitivement ces populations et surtout Madame Taubira qui porte sur elle les stigmates de l’exploitation négrière.
Et puis, il y a Pécresse, Jego, Kouchner, Darcos que les syndicats ont vidé de sa substance et tous les autres qui rament en silence sous l’œil de Zébulon.
Et, comme dans ce pays, il y aura toujours un con pour brandir une pancarte et gueuler à tort et à travers, on s’imaginera toujours que l’on est au pays des droits de l’homme. Ca gueule de partout d’ailleurs, au bistrot, au boulot, quant aux plumards je ne jurerai de rien. A l’école c’est la révolution permanente, dans les hôpitaux la régression programmée et la grande muette comme on l’appelle toujours aussi muette. Pas l’ombre d’un putsch à l’horizon. Quelle misère !
Je reçois le catalogue d’un ami libraire d’occasion. Oui, oui, il y a encore des gens courageux à l’heure où la seule sous-culture des jeunes, c’est la Star’Ac. Ce qui me stupéfie dans cette époque, c’est le surinvestissement musical par rapport au livre désormais quasi absent du paysage idiotvisuel. D’ailleurs, je serai bien en peine de vous citer le moindre chanteur faisant vibrer ces jeunes générations. Et pourtant, n’ayant reçu aucune éducation musicale, j’écoute de tout, mais j’ai surtout tendance à n’écouter rien. Je préfère le calme et le silence de mon ordinateur. En revanche, j’ai toujours un livre ou un journal à portée de main.
Donc, disais-je, je feuilletais le catalogue de mon copain libraire qui publie son fonds. Il y a là une belle brochette d’auteurs dont tout môme d’aujourd’hui, ignorera à jamais le nom. Ce catalogue est le cimetière de nos amours passés, présents et futurs mais aussi celui des gloires disparues. Je suis sûr que Gide ne dit plus grand chose à personne. Il fut immense. Que dire alors de Henri Béraud (décédé en 1958), immense prosateur, injustement condamné à la Libération. Voici un auteur qui devrait figurer dans tous les manuels scolaires, c’est Marcel Aymé, l’immense Marcel, copain de Céline (dont je n’ose même pas parler, il n’y a pas un quart de la population seulement capable de le lire), dont l’œuvre entière est d’un classicisme parfait. Et Hervé Bazin, qui n’est pas ma tasse de thé, auteur très populaire hier est rayé des cadres aujourd’hui. Évidemment, si je vous parle de René Béhaine (mort en 1966), vous allez décrocher. Et pourtant, c’est un bel écrivain qui a rédigé en 16 volumes une Histoire de la société. Béhaine qui détestait les bourgeois. Rassurez-vous, même d’occase, vous ne trouverez pas grand-chose de cet auteur. Il n’est pas le seul, je vous rassure. Mais, tout ça pour dire que nous disposons d’un fonds littéraire magnifique, aux talents variés et dans lequel il suffirait de puiser. Pour ce faire, il faut aussi un peu de curiosité. On a le sentiment, désagréable, disons-le, qu’un continent – celui de notre culture – est en train de disparaître. D’autant que les pseudo-dictionnaires oublient plus de la moitié d’entre eux notamment ceux que l’on appelle les « petits maîtres » dont certains furent immenses, à l’image d’un Rémy de Gourmont qui clôt à lui seul le XIXème siècle. Hier, il y avait un milieu littéraire formé aux humanités gréco-latines. On faisait quelques fautes d’orthographe, ne nous le cachons pas, mais nous n’avions besoin de personne pour rédiger une lettre de motivation. On savait que Molière et La Fontaine avaient illuminé le siècle de Louis XIV, Voltaire celui de Louis XV.
Pour toutes ces raisons, je me pose la question du devenir de nos libraires d’occasion, de nos bouquinistes comme on les appelle également, car, s’ils disparaissent, nul ne connaîtra plus le plaisir d’aller chiner et trouver ces perles qui font la joie de nos bibliothèques. Et, là, ce sera la fin d’un monde.
11:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, droite, gauche, enseignement, ministère, culture, assemblée nationale




Commentaires
Ces derniers flambeaux de la culture accessible directement sur voirie seront tués par La Taxe et Le Loyer. Celui-ci est ajusté au prix de la pierre qui grimpe. Celle-là punit tout "entrepreneur" incapable d'offrir au Fisc une "valeur ajoutée" dont Il prend légalement le premier cinquième !
L'Etat failli associé aux propriétaires fonciers entraîneront tous les petits métiers au précipice.
Ecrit par : Catoneo | mercredi, 25 février 2009
Moi aussi j'adore les bouquinistes. Je me suis constitué une bibliothèque grâce à eux. On peut y découvrir des merveilles. J'aime les vieux papiers, les vieux bouquins
Ecrit par : Fabrice | dimanche, 29 mars 2009
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