vendredi, 21 novembre 2008

Une société confuse

manif.jpgOn ne peut pas prendre à la légère les manifestations à répétition du corps enseignant. Le malaise s’accentue d’année en année et j’avoue, qu’au final, on finit par ne plus rien comprendre à des revendications parfois purement corporatives. La place de l’enseignant dans la société s’est « floutée » au fil des ans. Il faut dire que les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, sont largement responsables de cette situation. La droite a complètement laissé filer l’éducation nationale au motif qu’elle était la propriété intellectuelle de la gauche. Et la gauche a fini par se mordre la queue à force d’en faire un enjeu qui était de moins en moins intellectuel – ou idéologique – d’ailleurs qu’ une sorte de rente de situation. Au point qu’aujourd’hui, elle tourne en rond dans un pré-carré dont les contours restent à définir.
Mais, ce sont bien les politiques les grands responsables. Ils n’ont rien anticipé. Cela remonte à De Gaulle d’ailleurs et c’est bel et bien depuis cette date que c’est le foutoir intégral. D’abord, on n’a pas su organiser l’enseignement professionnel. Plutôt que de divaguer comme l’a fait Chevènement sur un slogan – 80 % d’une classe d’âge ayant le baccalauréat – il eut mieux valu organiser, très tôt, l’orientation des jeunes vers l’enseignement soit général pour les uns, soit professionnel pour la majorité des autres. C’est par refus idéologique de la sélection que l’enseignement est devenu ce bordel qu’il est aujourd’hui. La sélection, de toute manière, elle a lieu et à tous les échelons de la société. Tenez, prenez cette conne d’Aubry, elle méprise Delanoë au motif qu’il n’est pas énarque… A gauche, en matière de hiérarchie, ils sont pires qu’à droite.
Aujourd’hui, entre un gamin qui possède un diplôme universitaire quelconque et celui qui exerce un métier manuel, c’est ce dernier qui a du boulot. Mon boulanger, à côté de chez moi, bosse beaucoup et gagne très bien sa vie. Et, de plus, il a l’air heureux à en juger par la tête que sa femme et lui font.
Donc, au lieu de verser dans la revendication permanente, les enseignants feraient mieux de réclamer de la part des politiques des réformes conséquentes. Je suis persuadé, par ailleurs, que des gamins mieux orientés permettraient aux profs de mieux travailler. Il faudrait que les élèves, nos enfants par ailleurs, aient le sentiment qu’ils ont toujours une porte de sortie. Que si cela ne marche pas d’un côté, cela marchera de l’autre  mais surtout que le système ne les laissera jamais tomber.
Et puis, il y a ce problème de l’immigration. C’est à l’Etat républicain d’imposer sa loi. Il y a une seule et même loi pour tous, on s’y plie ou non. L’enseignement n’est pas un dû, il est une chance à saisir quel que soit la race ou la religion. Si l’on ne rentre pas dans le cadre fixé par la République, alors on en sort. L’école obligatoire est une connerie, libre à chacun d’évaluer le prix de sa liberté. Et les analphabètes feront de toute manière des ouvriers exploités par des patrons négriers. 
Mais, cessons de pleurnicher sur l’enseignement et les enseignants et donnons-nous les moyens d’avoir une école de qualité. Tout le monde sera gagnant. Mais là encore, il faudrait que nos politiques en aient une paire…

Commentaires

Bravo pour le commentaire. Il résume parfaitement la situation du moment. Mais qui va nous sortir de là??

Ecrit par : gpomi | dimanche, 21 décembre 2008

Ecrire un commentaire