mercredi, 05 novembre 2008

Une Amérique en noir et blanc

obama.jpgCa y est. Ils l’ont fait. Les Américains viennent d’élire un Président Noir. Faut-il s’en offusquer ? Pas vraiment, car c’est plutôt une bonne nouvelle pour nous autres Européens. Mais commençons par le commencement. Obama appartient à cette bourgeoisie noire qui se sent plus proche des Blancs que des Noirs. Vous aurez remarqué que tout son staff est Blanc et il ne faut pas confondre l’Amérique du Nord avec l’Afrique du Sud.
Disons que cette élection, ça fait bien ans le paysage des droits de l’homme en permettant à nos intellectuels des cavernes ou des broussailles de gloser sur la beauté du métis.  A ce petit jeu, on retrouve d’ailleurs toujours les mêmes imbéciles.
Si l’on passe rapidement sur les images, quelle réalité s’impose à nous ? Obama marque incontestablement la fin d’une Amérique à la Bush foutant le monde entier à feu et à sang (ça dure depuis 1945). Obama s’est fait le chantre des classes moyennes que le capitalisme financier a ruiné, notamment en faisant joujou avec ces fameux fonds de pension. Et, cette classe moyenne ne veut plus jouer les gendarmes en Irak, en Afghanistan et ailleurs. D’une part, cela coûte très cher et d’autre part, les bénéfices sont quasi nuls. Obama a promis de baisser les impôts de cette « middle class » qui n’a qu’une seule envie : retrouver son mode de vie. Ce qui va être difficile. 
Enfin, pour arriver à se faire élire, je pense qu’il lui a fallu amadouer tout le lobby juif, très puissant outre-Atlantique puisqu’il repose sur une population de 6 millions et plus d‘individus qui votent et qui occupent des postes clés dans le système. Il a donc dû donner des garanties. Quelles sont-elles ? On le saura à l’usage. Mais, il semble bien qu’une nouvelle aventure du côté de l’Iran ne soit plus à l’ordre du jour. Même si le soutien à Israël reste intact. Sera-t-il pour autant inconditionnel ?
Sa politique va consister dans un premier temps à sauver les meubles d’un certain capitalisme et tenter de le remettre sur les rails. Je pense que lui et ses équipes vont avoir fort à faire. Car l’Asie, le Moyen-Orient ou l’Europe ne sont plus du tout disposés à financer le déficit américain qui est abyssal.
Quel va être sa ligne de conduite en politique étrangère ? Mystère.  L’Europe, l’Amérique ne la comprend pas et les Américains nous considèrent plutôt comme des concurrents que des alliés. Il y a le retour de la Russie sur la scène internationale, ce qui limite désormais les initiatives dans la riche Asie centrale. Là, les Américains vont avoir un vrai problème.
Enfin, la grande question qui se pose à tous, c’est celle de l’accès aux matières premières dans un monde où les demandeurs se multiplient quand les ressources s’amenuisent. Voici qui va amener, à terme, une révision déchirante de notre modèle économique.
En soi, cette élection est donc plutôt intéressante, car elle ouvre plus de portes qu’un MacCain, piètre sosie de Bush, flanqué une mégère apprivoisée.

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