lundi, 15 septembre 2008

Petite leçon d'économie de la part d'un béotien

Je suppose que nous sommes nombreux à ne rien connaître et donc comprendre à l’économie avec un grand E. J’entends par là, celle-là même aux mains des inspecteurs des finances, des boursiers, analystes et Cie dont le business consiste à manipuler au niveau national et mondial ce qui n’est jamais que l’argent des travailleurs et des plus-values réalisées sur leur dos. Pour ne nous en tenir qu’à la France, on devrait fusiller tous les inspecteurs des finances et les remplacer par des garagistes, modèle Monory. Car ces soi-disant inspecteurs de mes deux nous sinistrent allégrement depuis 50 ans et plus.
Tenez, une bien bonne. On a beaucoup critiqué la IVème République, mais elle a rempli les caisses de l’Etat malgré l’instabilité politique. Et pourquoi à votre avis ? Parce que nous sortions de la guerre, qu’il fallait reconstruire et que tous les Français étaient au boulot. Ceci pour vous dire que seul le travail crée de la richesse. Pas les chômeurs.
Autre bien bonne, je ne veux pas retourner le couteau dans la plaie des démocraties, mais il me semble bien qu’on m’a appris à l’école que le camarade Hitler avait relevé l’Allemagne à partir de 1933, alors que le pays avait sombré dans la plus extrême misère … en remettant tout le monde au boulot et en initiant une politique de grands travaux.
Or, depuis, disons 1958 – date à laquelle un certain De Gaulle et ses sbires ont tapé dans la caisse – l’économie capitaliste, car il faut bien l’appeler ainsi, n’a cessé de spéculer avec notre pognon, au motif que nous étions enfin dans une économie de paix. On a tellement spéculé que les caisses sont aujourd’hui vides et que de surcroît on laisse filer les emplois à l’étranger au motif que la main d’œuvre est moins chère ! Tout ça parce que nous avons souscrit au modèle économique anglo-saxons. Or le modèle anglo-saxon s’est affolé – on l’a affolé – pour la bonne raison que les financiers ont voulu s’en mettre toujours plus dans les poches. On se demande bien pourquoi d’ailleurs, car on voit mal à quoi sert de gagner autant d’argent quand ce n’est pas pour l’investir dans les arts, par exemple, comme ce fut le cas à la Renaissance. Il faut dire que quand on voit la gueule du marché de l’art, on a plutôt envie de prendre la fuite.
Donc, disais-je, nos « amis américains » ont tellement poussé loin le bouchon, et nous en sommes ravis, que leur système est en train d’imploser, leurs banques tombent en faillite (Lehman Brothers), ce qui est tout de même un comble. Et tout ça pourquoi ? Parce que ces banquiers, non contents d’arnaquer tout ce qui bouge n’ont rien trouvé de plus original que de rançonner les pauvres. Oui, les pauvres, c’est-à-dire en fait le bas de la classe moyenne américaine. Tout le système est entré en vibration et est en train d’exploser en vol.
Voici qui n’est pas fait pour me déplaire.
Car, les enseignements que l’on peut en tirer n’ont rien à voir avec ce que l’on enseigne à l’Ena ou Polytechnique qui forment peut-être des grosses têtes mais pas des mecs avec une grosse paire de couilles, excusez l’expression, des mecs avec du caractère et surtout de réelles convictions.
Ce qui crée de la richesse, ce n’est pas la spéculation mais le travail des hommes. L’argent doit d’abord servir à créer de l’activité, donc des emplois, donc des entreprises. D’où la nécessité de donner la priorité à la recherche, favoriser le travail de nos ingénieurs, déposer des brevets, créer des entreprises, protéger nos emplois.
On pourrait dresser le catalogue des erreurs faites par nos soi-disant crânes d’œuf à la Juppé, Chirac, Fabius et consorts qui ont sinistré de belles entreprises françaises. On devrait d’ailleurs foutre en taule un mec comme Serge Tchuruk qui a sinistré Alcatel avec l’autre dingue d’Américaine.
Il faut donc sortir de ce modèle anglo-saxon qui repose uniquement sur la spéculation et l’enrichissement de l’actionnaire au détriment du travailleur et donc de la société tout entière. Car des emplois détruits, ce sont des régions entières que l’on voue à la précarité et cela est inacceptable. L’Europe ne s’est pas construite sur ce modèle-là qui consacre au final une oligarchie (et non plus une démocratie), c’est-à-dire le pouvoir de ceux qui ont su éliminer leurs concurrents afin de renforcer leur pouvoir. Sauf que ce pouvoir en question n’a ni queue ni tête. Il manque de sens. Hein, Sarko qui se rêve en Bush !
Car, se vérifie une fois de plus que ce n’est pas l’économie en tant que telle qui est en cause que le pouvoir politique lui-même quand celui-ci fait défaut. Les dirigeants européens actuels ne sont pas des politiques, ce sont des gestionnaires de mauvaise fortune. On vérifie trop souvent que les divers gouvernants européens s’opposent aux gouvernés comme on a pu le constater récemment encore avec les référendums sur Maastricht et la Constitution où les citoyens de chair et d’os ont clairement faits savoir qu’ils ne voulaient pas d’une Europe technocratique.
La question qui se pose à nous est la suivante : comment créer les conditions du retour du politique ? Donc du retour du sens.
Faudrait demander à Poutine, car Vladimir est un authentique politique en face duquel les Sarkozy,  McCain ou Obama ne pèseront pas lourds.

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